Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 Pour prier avec l'évangile de saint Matthieu 20, 1-16                                           7

 

Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable aux maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur un salaire d’une pièce d’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne.’

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui n’avaient commencé qu’à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?’ Ainsi, les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
 

1. Le travail de la vigne :
Contempler l’apport de toute la création à la vigne : le soleil, la terre, la pluie et le vent… Examiner aussi la succession des générations, jusqu’au maître de la vigne, qui ont planté la vigne et l’ont entretenue. Regarder les hommes qui rejoignent cette vigne et qui y travaillent, relever tout ce qui se rend visible dans le travail physique, à travers leurs gestes : celui qui veut faire étalage de sa force ; celui qui fait mécaniquement et s’attache à penser à autre chose ; le régulier et l’intermittent… Ensuite, peut-être regarder le lieu de mon travail et ma propre présence au travail : ce que je veux y démontrer, ce qui s’y manifeste de moi…

2. La parole des hommes :
Ecouter le dialogue entre le maître de la vigne, son intendant et les ouvriers. Comment résonne-t-il : est-ce un contrat, une promesse ? Comment ils s’appellent, comment ils se reconnaissent… Ne pas écarter trop vite la légitimité de la colère des premiers appelés, ni glisser trop facilement sur la fermeté, voire l’injustice de la réponse du maître. Reconnaître le poids de ces paroles comme celles qui dans ma vie disent les relations autour du travail.

3. La parabole de Jésus :
Revenir à Jésus : il nous parle du Royaume des cieux, le don que Dieu nous fait et une manière de le recevoir. Jésus n’est pas notre patron, « il ne nous appelle plus serviteur mais ami ». Lui parler de ce qui a résonné du texte, l’écouter. Dans le travail, suis-je dans la récrimination ou l’action de grâce ? Peut-être je souffre que mon désir de reconnaissance, d’être distingué ne soit pas entendu ? Sur quoi repose la jalousie possible, comment tord elle le sens de la parole initiale ? Que puis-je demander à Jésus pour ordonner davantage et concrètement mon travail à la venue du Royaume de Dieu ?