Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                


Consécration de l'autel  le 28 octobre 2007          

. Album photos

. Reliques des saints et martyrs jésuites

. Accueil par le Père François-Xavier Dumortier, Provincial des jésuites de France

. Homélie de Mgr André Vingt-Trois

 

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Reliques des saints et martyrs de la Compagnie
Depuis longtemps l’église Saint-Ignace garde les reliques de nombreux saints et martyrs de la Compagnie de Jésus. La consécration du nouvel autel nous donne l’occasion de les mettre à l’honneur, leurs reliques y seront désormais conservées. Ces « Serviteurs de Dieu » soutiendront ainsi notre prière et notre foi.
St Ignace de Loyola, 1491-1556 (fête le 31 juillet)
né à Loyola en Espagne, fondateur de la Compagnie de Jésus.
St François Xavier, 1506-1552 (fête le 3 décembre)
né en Espagne, premier compagnon de saint Ignace, patron de toutes les Missions.
St Robert Cal Bellarmin, 1542-1621 (fête le 17 septembre)
né en Italie, docteur de l’Eglise.
St Pierre Canisius, 1521-1597 (fête le 27 avril)
hollandais, docteur de l’Eglise.
St François de Borgia, 1510-1572 (fête le 3 octobre)
espagnol, 3ème Supérieur Général de la Compagnie.
St François Régis, 1597-1640 (fête de 16 juin)
grand apôtre des missions rurales du Velay et du Vivarais.
St François de Geronimo, 1642-1716 (fête le 2 juillet)
apôtre de Naples.
St Pierre Claver, 1586-1654 (fête le 9 septembre)
espagnol, apôtre des esclaves noirs en Amérique.
St Louis de Gonzague, 1558-1591 (fête le 21 juin)
italien, patron de la jeunesse, spécialement des étudiants.
St Jean Berchmans, 1599-1621 (fête le 26 novembre)
né en Belgique, il meurt à Rome à l’âge de 22 ans.
St Stanislas Kostka, 1550-1568 (fête le 13 novembre)
jeune prince polonais, il meurt à Rome à 18 ans.
Les saints martyrs japonais : Paul Miki, Jean de Goto, Jacques Kisai, crucifiés à Nagasaki en 1597 (fête le 6 février).
St Bernardin Realino, 1530-1616 (fête le 2 juillet)
né en Italie, juriste et magistrat, canonisé en 1947.
St Jean de Britto, 1647-1693 (fête le 4 février)
portugais, il fut martyrisé au Maduré en Inde.
St Alphonse Rodriguez, 1531-1617 (fête le 31 octobre)
espagnol, il entra dans la Compagnie comme frère coadjuteur.
Les saints martyrs du Canada : Jean de Brébeuf, Gabriel Lallemant et Charles Garnier, tous trois français, morts en 1649 (fête le 19 octobre).
St Roch Gonzalez, 1576-1628 (fête le 16 novembre)
né au Paraguay, il fut tué par trahison à cause de sa foi.
Les jésuites martyrs de la Commune de Paris : les Pères Pierre Olivaint, Anatole de Bengy, Jean Caubert, Léon Ducoudray et Alexis Clerc, fusillés en 1871 ils sont inhumés dans l’église St-Ignace (1ère chapelle à droite).
St Alberto Hurtado, 1901-1952 (fête le 18 août)
né au Chili, son amour pour le Christ et pour les pauvres était à la source de son activité sacerdotale, apostolique, éducative, caritative et sociale. Il a été canonisé le 23 octobre 2005 par le Pape Benoît XVI.

 

Mot d'accueil du Père François-Xavier Dumortier

Père,

Au nom de la Province de France de la Compagnie de Jésus et au nom de toute notre assemblée, je suis heureux de vous accueillir comme notre archevêque et de le faire, une nouvelle fois, dans cette église Saint Ignace que vous connaissez bien dans ses murs et – si je puis dire – « hors les murs ». Je me rappelle le temps que vous avez consacré, il y a dix-huit mois, à Lourdes avec le groupe de Saint-Ignace qui était venu pour le rassemblement de la famille ignatienne ; je me souviens aussi qu’il y a un peu plus de 2 ans, le 23 avril 2005, vous étiez venu ici ordonner diacres six de nos compagnons jésuites avant d’aller à Rome participer à la messe d’ouverture du Pontificat de Benoît XVI. Il y a quelques jours le Saint Père vous a exprimé toute la confiance qu’il vous faisait en annonçant qu’il vous créerait cardinal lors du consistoire du 24 novembre : permettez-moi, au nom de tous, de vous exprimer notre joie et notre fierté. Soyez sûr de notre prière pour que l’Esprit de Dieu vous soutienne et vous guide dans les responsabilités qui vous sont confiées, notamment de par votre collaboration plus étroite avec le Pape, car nous savons combien il vous importe de vivre pleinement la mission pastorale qui est la vôtre – particulièrement dans une société qui, comme vous le disiez récemment, « est comme égarée dans ses repères éthiques ».

Je voudrais aussi vous remercier profondément d’avoir accepté de venir aujourd’hui consacrer le nouvel autel de cette église qui a connu, sous la responsabilité du Père Furnon, le réaménagement de son espace liturgique. Merci, Père, de venir en cette occasion nous encourager à laisser le Christ prendre possession de nos vies et à en vivre toujours davantage – cela en ne cessant pas de Le chercher, de L’écouter et de Le prier, et en Le laissant nous appeler à devenir ce que nous recevons à la table eucharistique : Son Corps.
 

Homélie de Monseigneur André Vingt-Trois, archevêque de Paris 

 

Luc 18, 9-14

Frères et sœurs, nous allons d’abord essayer de ne pas devenir des « publicains pharisiens ». Nous le serions si nous nous félicitions de n’être pas comme ces pharisiens qui se pensent meilleurs que les autres et nous glorifions d’être comme ces publicains qui se reconnaissent pécheurs, tant il est vrai que ce qu’il y a de meilleur en nous peut être retourné comme un instrument de gloire et un moyen de nous élever devant Dieu.

Ce qui est visé par l’Évangile que nous venons d’entendre, ce n’est évidemment pas le bien que peut faire le pharisien, qui est incontestable, mais le fait qu’il veuille se prévaloir de son obéissance à la loi et de son observance très fidèle aux commandements pour être justifié par ce qu’il a fait lui-même. La figure du publicain que Jésus met en contrepoint n’est pas davantage placée ici pour exalter le mal que le publicain a pu faire : très souvent, le publicain est présenté dans l’Évangile comme un prototype de pécheur et il est évident que le Christ ne veut pas nous dire que plus on est pécheur plus on a de titre à se prévaloir de l’amour de Dieu. Au contraire, il veut nous indiquer comment celui qui prend conscience de son état et qui se reconnaît dans sa réalité, tel qu’il est, devant Dieu, celui-là trouve grâce aux yeux de Dieu, parce la miséricorde de Dieu est grâce et non pas rétribution. Si Dieu nous sauve, s’il vient au devant de l’humanité, ce n’est pas pour récompenser les œuvres bonnes que nous aurions pu faire, c’est pour nous aider à sortir des œuvres mauvaises qui peuvent accabler notre vie.

Si nous regardons ces deux personnages, ils éclairent aussi notre manière de participer ensemble à l’acte liturgique de l’Église. Dans le régime chrétien, le bâtiment de l’église n’a pas la même place ni le même rôle que le temple dans le régime juif. Mais il demeure que, la tradition aidant, le lieu de réunion des chrétiens a pris une valeur symbolique telle que, d’une certaine façon, les assemblées que nous constituons à l’intérieur de ces églises sont comme une représentation, une figure de l’Église réelle du Christ répandue à travers le monde.

Par conséquent, la manière dont nous agissons, dont nous nous tenons, dont nous nous comportons dans l’assemblée chrétienne devient aussi une évocation parabolique de la manière dont nous nous comportons dans l’Église, dans le corps ecclésial tout entier. Il n’est pas certain, il est même probablement sûr, que beaucoup de chrétiens aujourd’hui, n’ambitionnent pas de prendre la première place. Plus fréquemment peut-être la deuxième ou la troisième qui sont quand même moins exposée tout en présentant quelques avantages. La plupart des gens sont moins candidats pour la première qui n’a pas que des avantages. Ce n’est donc pas sous cet angle là que nous devons accueillir la lumière que l’Évangile porte sur notre vie, mais bien plutôt sur le sentiment, qui n’est pas vraiment absent ou rare, d’un certain nombre de chrétiens, peut-être même de religieux et peut-être même de prêtres, de considérer qu’ils savent. Ils savent ce que doit être la foi, ils savent ce que doit être l’Église, ils savent comment l’Église doit fonctionner, ils savent pourquoi elle fonctionne mal, et ils sont prêts à proposer leurs solutions, non seulement à l’intérieur de l’Église mais plus volontiers en son dehors. Ils savent de source sûre, ils ne sont pas comme ces pauvres chrétiens qui vivent encore dans l’idée que l’Église a été faite et s’est répandue à travers le monde pour les conduire avec amour, avec responsabilité, avec persévérance ; ils croient plutôt que l’Église a été conçue pour être conduite par des êtres d’exception.

Or, ce que nous voyons dans le fonctionnement de l’Église, ce n’est pas que des êtres d’exception la conduisent mais c’est que la vitalité, la force, le dynamisme de son existence repose sur la sainteté, c’est-à-dire sur la capacité de quantité d’hommes et de femmes, de venir devant Dieu, - quand je dis : « venir », ce peut être venir dans une église, mais ce peut être aussi venir dans sa chambre, venir dans sa vie quotidienne, à chaque moment de son existence, de venir devant Dieu, de se courber devant Lui, de se reconnaître pécheur et de crier : « Au secours, Seigneur, prend pitié du pécheur que je suis ! » Celui qui fait cette démarche avec sincérité, avec conviction, avec réalisme, celui qui se laisse ainsi envahir par l’Esprit miséricordieux du Père qui vient le pardonner, celui qui se laisse conduire par l’Esprit d’amour qui vient le visiter, celui-là devient un élément dynamique et fortifiant de la vie de l’Église. Il connaît le secret de la charité ecclésiale et il la fait grandir et prospérer. Il peut être inconnu de tous, il peut être méconnu de beaucoup, il peut être brocardé, rejeté, mais il sait que la vérité de sa vie ne vient pas du regard des autres mais du regard de Dieu.

Ainsi, quand nous sommes rassemblés chaque dimanche pour célébrer l’eucharistie autour de l’autel, deux démarches nous sont proposées pour nous mettre dans l’état d’esprit que je viens d’évoquer. La première est l’accueil dans la célébration eucharistique au cours duquel nous sommes invités à nous reconnaître pécheurs, non pas seulement formellement par une formule rituelle que nous connaissons bien, mais profondément, au fond de notre cœur. J’insiste un peu sur cette démarche, puisque dans beaucoup d’endroits, - mais je suis sûr que ce n’est pas le cas ici -, certains arrivent trop tard pour pouvoir faire cette démarche et se reconnaître pécheurs devant Dieu. Ils n’ont donc jamais la possibilité de se mettre dans l’état d’esprit que suppose la célébration eucharistique.

Et puis, il y a une deuxième démarche, celle qui nous est proposée comme rite propre de l’introduction dans la communion eucharistique : le geste de la paix. Ce geste de la paix rassemble en un même mouvement l’accueil de la réconciliation que Dieu nous offre, la paix qu’il met en nous par son pardon, et la paix qu’il nous propose de transmettre à nos frères comme un don qui vient de lui. Il ne s’agit donc pas simplement d’un geste de sociabilité bienveillante, et d’ailleurs peu compromettant envers quelques voisins que l’on ne connaît pas, mais d’un acte vraiment spirituel : nous reconnaissons que, tout pécheurs que nous sommes et quelles que soient les apparences, - mais Dieu ne juge pas aux apparences -, nous avons été accueillis dans la communion eucharistique et que, puisque nous sommes accueillis dans la communion eucharistique, nous sommes invités et rendus capables d’accueillir nos frères dans cette communion eucharistique. Nous nous donnons les uns aux autres la paix qui vient du Christ. Celui qui vient chaque dimanche, qui se reconnaît pécheur avant d’accueillir la parole de Dieu et qui reçoit la paix du Christ de par le geste du célébrant et de par le geste de partage fraternel qui se déroule entre les participants, celui-là acquiert peu à peu, semaine après semaine, la véritable humilité du cœur qui lui fait venir recevoir le pain de Vie comme un pauvre et non pas faire l’honneur à l’Église de la présence d’un juste supplémentaire.

Frères et sœurs, dans la joie où nous sommes de consacrer cet autel qui nous rassemble et qui vous rassemblera semaine après semaine, nous nous mettons devant Dieu et du fond de notre cœur nous lui disons : « Seigneur, prend pitié du pécheur que je suis ».
 

Extrait du rituel de la dédicace d'un autel

Monseigneur André Vingt-Trois, archevêque de Paris, consacre le nouvel autel de notre église Saint-Ignace. Pour comprendre le sens de cette célébration et la vivre dans la foi, voici quelques extraits du Rituel de la Dédicace d’un autel.

L’autel, table du repas pascal

[…] L’autel est […] la table […] où le prêtre, tenant la place du Christ Seigneur, accomplit ce que le Seigneur lui-même a fait et a transmis à ses disciples pour qu’ils le fassent en mémoire de lui ; ce que l’Apôtre a mis excellemment en lumière, en disant : « La coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons part à un seul pain. » (1 Corinthiens 10,16-17).

L’autel, symbole du Christ

[…] Dans toutes les églises, l’autel est donc « le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie » et autour duquel, en quelque sorte, s’organisent les autres rites de l’Eglise.

Du fait que c’est à l’autel que se célèbre le mémorial du Seigneur et que sont offert aux fidèles son corps et son sang, les écrivains ecclésiastiques ont vu l’autel comme un symbole du Christ lui-même, ce qui a justifié l’adage : « L’autel, c’est le Christ ».

L’autel honore les martyrs

Toute la dignité de l’autel consiste en ce que l’autel est la table du Seigneur. Ce ne sont pas les corps des martyrs qui honorent l’autel, c’est l’autel qui rehausse le sépulcre des martyrs.  […] Cette disposition semble reprendre en quelque sorte la vision de l’Apôtre Jean dans l’Apocalypse : « J’ai vu sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté » (Apocalypse 6,9).

Car, bien que tous les saints méritent d’être appelés témoins du Christ, cependant il y a une force spéciale dans le témoignage du sang que seules les reliques des martyrs déposées sous l’autel expriment complètement et intégralement […]

Après le chant des litanies, les reliques de martyrs ou d’autres saints sont déposées sous l’autel, pour symboliser que tous les hommes qui ont été baptisés dans la mort du Christ, mais surtout ceux qui ont versé leur sang pour le Seigneur, participent à la passion du Christ.

Prière de dédicace

La célébration de l’Eucharistie est le rite essentiel et même le seul nécessaire pour consacrer l’autel. Cependant, selon la tradition commune de l’Eglise, aussi bien d’Orient que d’Occident, on dit aussi une prière spéciale de dédicace, qui exprime la volonté de consacrer l’autel à Dieu pour toujours et où l’on demande sa bénédiction.

Par l’onction du chrême, l’autel devient symbole du Christ qui, plus que tout autre, est « Oint » et est appelé ainsi, car le Père l’a oint par le Saint-Esprit et a fait de lui le Souverain Prêtre, qui devait offrir sur l’autel de son corps le sacrifice de sa vie pour le salut de tous les hommes.

L’encens est brûlé sur l’autel pour signifier que le sacrifice du Christ, qui se perpétue sacramentellement en ce lieu, monte vers Dieu comme un parfum agréable ; mais aussi pour exprimer que les prières des fidèles parviennent jusqu’au trône de Dieu de façon à l’apaiser et à lui plaire (cf. Apocalypse 8, 3-4).

La parure de l’autel indique que l’autel chrétien est l’autel du sacrifice eucharistique et la table du Seigneur, que les prêtres et les fidèles entourent, pour célébrer, dans une seule et même action mais avec des rôles différents, le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ et pour manger le repas du Seigneur. C’est pourquoi l’autel se présente comme la table d’un banquet […] et reçoit une parure de fête. L’ornementation de l’autel signifie clairement qu’il est la table du Seigneur où tous les fidèles se rassemblent dans la joie, pour se restaurer avec la nourriture divine que constituent le corps et le sang du Christ […].

L’illumination de l’autel signale que le Christ est la « lumière pour éclairer les nations païennes » (Luc 2,32), dont la clarté fait resplendir l’Eglise et par elle toute la famille des hommes.

 


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