Dimanche 2 octobre -
Dimanche 9 octobre 2005
BIENHEUREUX ALBERTO
HURTADO (1901-1923-1952)
Le Pape
Jean-Paul II a béatifié Alberto Hurtado, jésuite chilien, le 16 octobre
1994. Le miracle a eu lieu en 1996 quand une jeune fille, condamnée par
les médecins, a été guérie de manière inexpliquée. Le Pape Benoît XVI le
canonisera le dimanche 23 octobre à St Pierre de Rome.
Alberto a quatre ans quand son père, un fermier, meurt
subitement après une chevauchée digne d'un western à la poursuite de
voleurs de bétail. Désormais, il est pauvre. Sa mère, ruinée, part pour
Santiago et réussit à éduquer ses deux garçons qui feront même leurs
humanités au collège Saint-Ignace.
Alberto, très sensible au drame du quart-monde, voudrait
entrer tout de suite au noviciat des jésuites pour devenir prêtre des
pauvres. Mais sa mère et son petit frère ont besoin d'un salaire pour
survivre.
Après sa rhétorique, Alberto prend un travail à mi-temps
et consacre l'autre moitié de sa journée à étudier le droit à
l'université. Dans le quartier le plus misérable de Santiago, il fonde
un patronage puis un secrétariat social et une école du soir. Docteur en
droit, en 1922, passionné de problèmes sociaux, il n'oublie pas pourtant
sa vocation et aspire à rejoindre le noviciat des jésuites.
Grâce à Dieu, sa mère, après dix-huit ans de veuvage,
vient de gagner le procès intenté aux requins qui avaient abusés de son
inexpérience. Désormais, elle peut vivre à l'aise.
Alberto entre au noviciat le 14 Août 1923. Il fait des
études de Littérature en Argentine, puis de Philosophie en Espagne et
finalement de la Théologie et une licence en Pédagogie à l'université de
Louvain en Belgique. Il est ordonné prêtre en 1933.
Quand il revient à Santiago, en 1936, il n'a plus que
seize ans à vivre. Seize années qui vont marquer l'Eglise du Chili.
D'abord envoyé à la formation de l'Action catholique, il dépense toutes
ses forces à faire connaître la doctrine sociale des Papes, à
conscientiser les classes dirigeantes, à réveiller la foi et l'espérance
des classes populaires.
Il est à la fois l'homme des syndicats chrétiens,
l'aumônier des universitaires et l'apôtre du quart-monde. Son zèle
fougueux mais plein de respect pour les personnes, se déploie dans des
publications, dans des sermons, des retraites, une action multiforme
d'éveilleur des consciences et d'apôtre des petits.
Un matin, d'octobre 1944, au cours d'une retraite qu'il
dirige pour un groupe de dames, il leur fait part d'un événement qui l'a
bouleversé : "Cette nuit, je n’ai pas dormi, j’ai vu un homme sans
logis, grelottant de fièvre, à peine vêtu, il m’a demandé l'aumône pour
passer ne fusse qu'une nuit dans une pension et soigner son angine. Il y
a des centaines d’hommes dénués de tout à Santiago, et ce sont nos
frères, réellement nos frères, sans métaphore ! Chacun de ces hommes est
le Christ. Que faisons-nous pour eux ? Que fait l’Eglise catholique pour
ces fils de la rue qui dorment à la belle étoile et se réveillent
frigorifiés ?"
Touchées au coeur, les dames se concertent et agissent
immédiatement : argent, chèques, bijoux sont donnés au Père. Un
quotidien lance un appel à la générosité de ses lecteurs. La réponse du
public dépasse toutes les espérances. Le 21 décembre, la première pierre
du "Foyer du Christ" (Hogar de Cristo) est bénie par l'évêque. Le
miracle quotidien a commencé. Actuellement, cette oeuvre continue ; l'Etat
lui donne une subvention, le reste est fourni par la Providence,
moyennant la charité des chrétiens.
Le Père Hurtado devient une figure populaire dans tout le
pays. Il intervient à la radio, écrit des journaux, donne des
conférences. On parle partout de ses missions de "commando", au volant
de sa camionnette verte, pour recueillir en pleine nuit d'hiver les
va-nu-pieds, les clochards, et leur offrir un toit, un lit, un repas
chaud, une amitié surtout.
Pour mieux conscientiser son pays, il trouve encore le
temps de fonder une revue, "Message", qui diffuse la pensée sociale des
Papes et éveille les consciences. Il multiplie aussi ses visites aux
ouvriers des mines, des usines, des ports pour les aider à créer un
syndicalisme chrétien.
Un prêtre ouvrier français, invité à se ménager, disait
:"Je préfère mourir jeune, usé, que vieux, moisi.." Alberto Hurtado,
atteint d'un cancer au pancréas, meurt à l'hôpital, entouré de la
vénération et de l'amour de tout un peuple. Sa prière préférée était : "Contento,
senor, contento !" (Comme je suis heureux, Seigneur, comme je suis
heureux !). Son dernier mot à son Supérieur fut : "Croyez bien,
Père, que je suis heureux, profondément heureux."
Plus de renseignements :
http://www.jesuites.com/histoire/saints/hurtado.htm#vie
Bientôt une exposition dans l’église.