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Actuellement dans l'église exposition
sur Saint François Xavier
Saint François Xavier
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1506 naissance de François,
au château de Xavier, en Navarre |
Après une adolescence pauvre, dans un château en ruine, mûri par l’épreuve, à 18 ans François songe à l’avenir. C’est déjà un homme, qui entend bien se tailler sa part d’honneur et
de gloire dans la vie.
Pour ce jeune hidalgo ambitieux, fougueux, sensible, curieux, Paris a bien des attraits. On y respire à pleins
poumons l’air de la Renaissance. Il décide d’y partir, pour y préparer une carrière ecclésiastique, en devenant Docteur en Théologie.
Un matin de septembre 1525, il dit adieu à sa mère, à ses frères, au château démantelé : un
avenir brillant lui est ouvert ! En fait, il n’y reviendra jamais et ne sera jamais docteur… |
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A
Paris, il lui faut, à partir de 1529, partager sa chambre d’étudiant avec quelqu’un qu’il a d’emblée du mal à supporter. Il s’appelle Iñigo de Loyola, il a 38 ans, on sait qu’il a eu maille à partir avec l’Inquisition,
qu’il s’est battu à Pampelune contre les Navarrais –peut-être contre les frères de François ! -, il néglige sa tenue, il claudique. Misérable et dévot, il est, contrairement à François, dénué de toute ambition mondaine. Bref,
tout est fait pour séparer ces deux hommes.
Pourtant, avec d’autres, il se laissera gagner par cet Ignace qui confiera un jour que François avait été
« la plus rude pâte qu’il ait oncques maniée ».
Le 15 août 1534, six amis qui ont entendu l’appel à suivre le Christ, à travers les conversations et
l’exemple d’Ignace, montent avec lui à Montmartre, banlieue encore campagnarde de Paris. Dans la chapelle des Martyrs chacun s’engage à vivre selon la pauvreté évangélique et dans le célibat, puis prononce le vœu de
pèlerinage à Jérusalem, sur les pas du Seigneur dont ils sont épris.
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En 1436, Montmartre
Au sommet de la colline, une puissante abbaye royale.
A flanc de coteau la Chapelle des Martyrs.
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En mars 1535, Ignace part pour l’Espagne, car sa santé exige une « cure d’air natal ».Avant de quitter ses
compagnons, il leur a donné rendez-vous à Venise, d’où partent les navires de pèlerins pour la Terre Sainte.
Le 15 novembre 1536, François et ses huit compagnons -car le groupe s’est agrandi- partent pour Venise. A
pied évidemment. A Venise, Ignace est là qui les attend. Ils se mettent au service des pauvres et des malades des deux hôpitaux où ils logent . Puis ils se préparent à leur Ordination.
Comme le passage en Terre Sainte s’avère impossible, et selon ce qu’ils avaient prévu à Paris, ils partent pour Rome, pour se
mettre à la disposition « inconditionnelle » du Pape, pour toute mission.
En mars 1539, longue délibération. Ils savent qu’ils vont être dispersés partout dans le monde. Comment alors garder
l’unité de leur groupe, de toute évidence voulu par Dieu ? Ils décident que leur amitié se scellera par le vœu d’obéissance « à l’un d’entre eux ». La Compagnie de Jésus est née.
C’est
sans doute à Venise que François eut un rêve prémonitoire. Une nuit, il s’éveille en sursaut et crie à Laynez, un des premiers Compagnons : « Jésus, que je suis fatigué ! Savez-vous ce que je rêvais ? – J’essayais de porter
un Indien sur mes épaules ; il était si lourd que je ne parvenais pas à le soulever. »
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7 avril 1541 - 6 mai 1542 : De Lisbonne à Goa
Octobre 1542 - Décembre 1544 : Au pays des pêcheurs de perles
1545 - 1547 : A travers les Moluques
Décembre 1547 - Avril 1549 : Retour à Goa et aux Indes
Avril 1549 - Novembre 1551 : L'énigmatique Japon
17 Avril - Août 1552 : Cap sur la Chine
Septembre - Décembre 1552 : Sancian
3 décembre 1552 : Quand l'aube point sur la Chine |
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 Il quitte le port de Lisbonne
pour les Indes
13 mois après
il aborde à Goa… l’Inde du
Sud… puis les Moluques.
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Je ne sais si nous nous
retrouverons jamais en la vie présente : il y a si loin de Rome aux Indes ; puis la maison des Indes est assez abondante pour qu’on n’aille point en chercher d’autre ailleurs.
Que le premier d’entre nous qui entrera dans
l’autre vie et n’y trouvera pas le frère qu’il aime dans le Seigneur, prie le Christ Jésus de nous réunir tous dans sa gloire.
Francisco de Xavier |
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Halte auprès de Thomas l’Apôtre
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C’est sur la tombe présumée de saint Thomas, près de Madras, que François, dans une longue retraite de prière, décide, dans la lumière de Dieu, de quitter
l’Inde pour le Japon et la Chine.
Dans la trajectoire fulgurante de sa vie si courte, c’est ici un des hauts lieux où souffla l’Esprit et où la course de François s’infléchit vers des terres
encore plus lointaines, terres inconnues, à conquérir pour une plus grande gloire de Dieu.
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Dans la sainte maison de saint Thomas, je me suis employé à prier sans interruption pour que Dieu notre Seigneur m’accorde de sentir en mon âme sa très sainte volonté,
avec la ferme résolution de l’accomplir…
J’ai senti avec grande consolation intérieure que c’était la volonté de Dieu que j’aille dans ces lieux de Malacca, où l’on a récemment fait quelques chrétiens.
8 mai 1545
aux Pères de Goa
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 à travers les Moluques…
peur et confiance en Dieu
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Commence pour François une croisière de 3.000 kilomètres, à travers des eaux qui portent bien leur nom : la Mer des pirates. Il voudrait visiter toutes les îles de cette constellation marine. Ses amis l’avaient dissuadé de
se lancer dans ce voyage, tant les gens de ces îles sont cruels. En vain ; il n’accepte même pas les antidotes dont on le conseille de se servir. Pourtant il se rend vite compte que la réalité dépasse la fiction.
Il passe trois mois à l’île du More. C’est là sans doute qu’il fait les rencontres les plus périlleuses de son existence aventureuse. Ignorant le premier mot de leur idiome, François, lorsqu’il croise l’un des indigènes sur
son chemin n’a qu’un langage : il lui sourit et il l’embrasse.
Et pourtant, voici ce qu’il écrit à ses compagnons de Rome : |
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Ces îles sont très périlleuses. Il y a là une race barbare qui ne possède pas d’écriture et ne sait ni lire ni écrire. Cette race empoisonne ceux qu’elle n’aime
pas, et de cette manière tue beaucoup de gens. La terre est toute en chaînes de montagnes très pénibles pour voyager. Les aliments font défaut…
Au bout du compte, vous ne sauriez croire combien ces îles abondent en consolations spirituelles : tous ces périls, tous ces labeurs, si on les affronte pour le seul amour et service de Dieu notre Seigneur sont d’abondants
trésors de grandes consolations spirituelles, si bien qu’en peu d’années on y perdrait la vue sous l’abondance des « larmas consolativas ».
Je ne me rappelle pas avoir jamais connu des consolations aussi grandes et aussi continuelles qu’en ces îles ; je ne sentais pas les souffrances de mon corps ; et cependant j’allais sans cesse à travers ces îles entourées
d’ennemis, peuplées d’amis pas très sûrs, sans aucun remède contre les infirmités corporelles.
Ces îles, on ferait mieux de les appeler « îles de l’espoir en Dieu ».
20 janvier 1548
aux Compagnons de Rome
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 Deux ans et demi au Japon,
retour à Goa
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| En janvier 1549, François écrit à Ignace. Il lui confie son projet concernant le Japon. Confidence précieuse, où l’on mesure facilement la
faiblesse des renseignements que possède François sur ce pays inconnu et énigmatique, et qui suscitent en lui tant d’illusions, mais aussi un grand enthousiasme et un courage inconfusible : |
Grâce aux nombreux renseignements que je possède au sujet du Japon (qui est une île proche de la Chine), celui-ci notamment,
que le peuple japonais est entièrement païen, sans juifs ni maures, peuple curieux et avide de savoir des choses nouvelles, tant sur Dieu qu’en ce qui touche la nature – j’ai donc pris avec beaucoup de satisfaction
intérieure, la décision de me rendre dans ce pays ; car il me semble que, chez un tel peuple, les fruits que nous autres de la Compagnie aurons obtenu pendant notre vie, pourront se renouveler grâce à ce peuple lui-même
Je n’en aurai jamais fini de vous dire toute la consolation intérieure que j’éprouve à entreprendre ce voyage, car celui-ci n’ira pas sans de nombreux et grands périls de mort : fortes tempêtes, vents, écueils, brigands
partout. Étant donné tout ce que je ressens au fond de mon âme, je ne laisserai pas de me rendre au Japon quand même j’aurais la certitude de devoir me trouver en des périls plus graves que ceux où je me vis jamais ; car
j’ai grande espérance en Dieu notre Seigneur que notre sainte foi doit se propager beaucoup dans ces contrées de là-bas…
Cochin, 14 janvier 1549
à Ignace de Loyola
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Cap sur la
Chine |
François Xavier est par excellence « un homme des frontières » : c’est, selon le P. Kolvenbach, Supérieur général de la Compagnie de
Jésus, une définition du jésuite. Pour François, ce sont des frontières – celles du Japon, puis de la Chine – à traverser. Pour l’unique raison que ce sont les frontières d’un monde où le Christ n’a pas encore
été annoncé. C’est pourquoi sa détermination est absolue.
C’est ce qu’il explique d’abord à son Supérieur de Rome, Ignace, puis, neuf mois plus tard, au P. Pérez, qui est à Malacca. Il lui
écrit depuis Sancian, îlot presque inhabité, à l’embouchure du port de Canton où il a débarqué fin août.
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S’il
n’y a point d’empêchement pour m’interdire de partir cette année 1552, j’espère gagner la Chine, afin d’accomplir le plus grand service de Dieu…
Quand les Japonais sauront que les Chinois reçoivent la loi de Dieu, ils perdront vite la foi qu’ils ont dans leurs sectes. J’ai le grand espoir que les Chinois aussi bien que les Japonais, par le moyen de la Compagnie de
Jésus, vont sortir de leur idolâtrie, et adorer Dieu et Jésus-Christ, le sauveur de tous les peuples.
le 29 janvier 1552
à Ignace de Loyola |
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Le pire danger serait d’abandonner l’espérance et la confiance
en la miséricorde de Dieu : c’est pour son amour et service que nous sommes venus ici pour annoncer son Fils, notre Rédempteur et Seigneur, et Dieu le sait bien.
J’ai été malade une quinzaine de jours ; mais maintenant, par la miséricorde de Dieu, je me porte bien. Il y a ici beaucoup d’occupations spirituelles comme de confesser, visiter les malades, et réconcilier des ennemis.
Je ne sais ce que je vous ferais encore savoir d’ici, sinon que nous sommes bien déterminés à aller en Chine. Tous, honorables marchands, se montrent heureux et désireux que nous y allions, car il leur semble que nous
apportons, écrite dans nos livres, une loi meilleure que celle qu’ils possèdent, ou tout simplement parce qu’ils sont épris de nouveautés Ils ont tous l’air fort satisfait, bien que nul ne consente à nous emmener, à cause des
dangers à courir.
au P.François Perez
Sancian, le 22 octobre 1552 |
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On est à la mi-novembre, l’île de Sancian est à peu près déserte. La solitude de François n’a cessé de grandir. Avec lui un domestique malabar, Christophe, prêt à déserter au premier signe de danger et que François, agonisant,
congédiera, et un jeune Chinois qui a été baptisé à Goa, Antoine, fidèle jusqu’au bout.
C’est de cet unique témoin que nous recueillons le récit des derniers jours de François. Après avoir célébré sa dernière Messe, il s’est senti défaillir. Un marchand portugais qui s’apprêtait à partir lui a fait une saignée.
Il s’est évanoui.
« La saignée fut suivie d’une si grands nausée, qu’il fut incapable d’avaler quelque chose. Il supportait le tout avec grande patience. Son esprit alors se mit à vagabonder, et, dans son délire, des mots, incohérents en
apparence, prouvaient qu’il pensait à ses frères de la Compagnie de Jésus.
Les yeux au ciel, le visage allègre et de bel aspect, il faisait certains colloques avec Notre Seigneur à haute voix, dans les diverses langues qu’il connaissait. Je l’entendis répéter à plusieurs reprises ces paroles : «
Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! Toi-même, prends en pitié mes péchés ! »
Il demeura ainsi jusqu’au lundi 28 novembre, qui fut le huitième jour de sa maladie. En ce jour, il perdit entièrement la parole… durant trois jours, jusqu’au jeudi à midi : alors il ne reconnaissait personne et ne mangeait
rien.
Puis il retrouva parole et connaissance, mais tout ce que je l’entendais dire était de nommer la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit : c’était là une de ses grandes dévotions. Il répétait ces paroles bien siennes : «
Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! Ô Vierge, Mère de Dieu, souvenez-vous de moi ! »Avec ces paroles et d’autres semblables à la bouche, il demeura jusqu’au vendredi à la nuit.
Peu avant l’aube, comme il s’en allait, je lui mis un cierge à la main. Avec le nom de Jésus à la bouche, il rendit son âme et esprit entre les mains de son Créateur et Seigneur dans un grand calme et paix ; son corps et son
visage gardant un aspect fort paisible et une couleur vermeille, son âme bénie alla jouir de son Créateur et Seigneur… Il mourut un samedi, avant l’aurore, le 3 décembre 1552, sur l’île de Sancian, dans une cabane de paille –
elle n’était même pas à lui – dix ans après son arrivée aux Indes. »
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