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13°
dimanche C
1 juillet 2007
Père
Marc Rastoin, jésuite
Luc 9, 51-62
Lors de la nuit pascale,
quatre enfants interrogent le père de famille : Il y a le sage,
l’impie, le simple et « celui qui ne sait pas poser de questions. »
Aujourd’hui nous entendons quatre réponses, celles de quatre types
d’hommes : le colérique, le présomptueux, le timide et l’hésitant.
* En traversant la Samarie,
des disciples, Jacques et Jean, sont vexés du refus d’hospitalité
des Samaritains. Ne sont-ils pas avec le prophète de Galilée, Jésus
le Nazaréen, le Messie de Dieu !? Comment se fait-il que tous ne le
reconnaissent pas ? Certes ils suivent Jésus mais ont-ils bien
compris où il va ? Pourquoi il a pris « avec courage » la
route de Jérusalem ? Plus tard l’Evangile nous le dira : chemin
faisant, ils se demandaient qui siégeraient à sa droite et à sa
gauche. Ils suivent mais c’est pour mieux siéger ; ils marchent mais
c’est pour s’arrêter ; ils écoutent mais ils ne comprennent pas le
chemin de la Croix... Ne nous ressemblent-ils pas beaucoup ? Ces
disciples qui ne suivent pas vraiment Jésus mais sont prompts à
juger leur prochain… Ils disent « Seigneur » mais ils ne font
pas ce qu’il fait. Lui il dit : « Ne rendez pas le mal pour le
mal mais soyez vainqueurs du mal par le bien » (cf. Rm 12,21) et
eux sont encore à vouloir se venger ; en plus pour la bonne cause !
Il ne saurait y avoir de trahison plus grave : ce n’est pas l’Esprit
de Dieu qui parle en eux mais celui du démon… Jésus s’adresse alors
à eux comme il le fait pour les démons : il les « interpelle
vivement » (cf. Lc 4,35, 9,42). Suivre Jésus implique de rompre
avec la logique de la violence.
* Ensuite il y a l’homme
qui dit avec enthousiasme « je te suivrai partout ». Comme le
dira Pierre plus tard (cf. Jn 13,37) : « Je donnerai ma vie pour
toi ! ». Il se laisse emporter par l’enthousiasme et l’émotion.
Il y a une place pour les sentiments et les émotions religieuses
mais prenons garde de ne pas mesurer notre foi à l’intensité de nos
émotions. C’est sur nos actes que nous serons jugés. « Ce ne sont
pas ceux qui disent ‘Seigneur Seigneur’ qui entrerons dans le
Royaume mais ceux qui font la volonté de mon Père°» (Mt 7,21).
Jésus ne fait pas de reproches à cet homme. C’est avec délicatesse,
avec douceur, que Jésus reconnaît son désir mais il lui montre la
vérité du chemin, de son chemin. Il dit implicitement que le suivre,
c’est vraiment prendre le même chemin et avoir la même vie que lui :
Car « le serviteur n’est pas plus grand que le maître » (Jn
13,16).
* Vient ensuite l’homme qui
ne sait pas poser de questions, le silencieux. Jésus pressent,
devine, en lui le désir de le suivre et il prend les devants. Comme
avec le jeune homme riche, Jésus se risque à l’appeler : « viens
et suis-moi » (Lc 18,22). Serait-ce que l’ayant vu, il s’était
mis à l’aimer ? Jésus a bien vu : l’homme y pensait mais il
appartient à un peuple nombreux : le peuple des silencieux, des
mutiques, de ceux qui ne savent pas se risquer, qui réfléchissent
tellement que finalement ils ne se lancent pas. Là encore Jésus
procède avec douceur et vient à son aide en lui parlant : « Toi
va annoncer le Royaume ». Ce « toi » c’est chacun de
nous, c’est tout homme que le Seigneur appelle librement. Et
l’histoire ne dit pas la réponse… Que fit cet homme ? Mystère de
notre liberté que Jésus ne forcera pas « SI quelqu’un veut
venir à ma suite… Si quelqu’un veut…. Qu’il
prenne sa croix et qu’il me suive » (Lc 9,23). Les impératifs de
Jésus ne suppriment pas notre liberté : ils la mettent en valeur au
contraire ; ils la stimulent.
* Enfin il y a celui qui
dit « Je te suivrai Seigneur, mais… » C’est un ‘oui’ certes’,
un ‘oui mais’, un ‘oui plus tard’… Lui aussi appartient à un peuple
nombreux, celui de ceux qui disent vouloir mais remettent les
décisions au lendemain, toujours pour d’excellents motifs. Lui aussi
nous ressemble beaucoup ! Voulons vraiment vouloir ? Finalement que
découvrons-nous ? Que nous sommes chacun de ces quatre hommes. Nous
sommes tour à tour vindicatifs, enthousiastes, mutiques et
velléitaires. Que le Seigneur nous aide nous aussi à prendre
résolument la route de la Jérusalem céleste dont nous sommes les
citoyens et qui nous attend, à devenir vraiment les fils du Royaume.
Prions pour être à l’image de Jésus
- Jésus qui est tout le contraire de ces quatre hommes - lui qui est
un être non pas violent mais doux, non pas prétentieux mais humble,
non pas un être mutique mais quelqu’un qui parle, qui parle
vraiment, non pas un velléitaire mais quelqu’un qui sait décider,
qui prends courageusement, résolument, la route de Jérusalem. Amen.
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