Eglise Saint-Ignace

église des jésuites à Paris                 


Homélie             

                                                                                               

Seizième dimanche B                                                                          dimanche 19 juillet 2009

Père Dominique Cupillard, jésuite           

    Marc 6, 30-34

Frères et sœurs, deux thèmes au moins traversent ce passage de l’Ecriture, le thème de Jésus berger, auquel fait écho le livre de Jérémie, et le thème du repos, présent dans cet évangile de Marc, ces deux thèmes, s’unissant dans l’image du psaume 22, celle du Seigneur, berger, qui nous fait reposer sur des prés d’herbe fraîche, et nous fait revivre. Pour les disciples, comme pour les foules, pour elles, au terme d’une errance épuisante, le repos, c’est d’être avec le Christ berger.

Il y a plusieurs façons d’être avec le Christ et l’évangile n’en écarte aucune, puisque Jésus n’a pas gardé ses disciples auprès de lui mais au contraire, sans cesser d’être avec eux, les a dispersés, envoyés en mission, a voulu qu’ils soient des apôtres. Etre avec Lui, ne nous immobilise pas dans un lieu, un pays, une culture, mais nous appelle, à Le rejoindre partout où Il nous précède et nous attend, en tout homme. Le royaume est partout.

Jésus a voulu que ses disciples soient avec Lui dans sa mission. Il a voulu aussi qu’ils soient avec Lui dans son repos. Mission et repos ne s’opposent pas. Le repos pour les disciples comme pour Jésus n’interrompt pas la mission. Il la ressource et la relance. Il est à son service. Pour accomplir sa mission, Jésus a eu besoin de se retirer, de retrouver son Père à l’écart, dans le secret.

Nous aussi, nous avons besoin au cœur de l’action, de nous retrouver avec le Christ, à l’écart de l’action, besoin de nous poser et reposer en Lui pour puiser l’énergie de poursuivre cette action, la discerner, continuer à la recevoir du Christ, nous assurer que c’est bien pour Lui que nous œuvrons et travaillons. Jésus, au cœur de cet évangile, nous y invite, à travers l’appel qu’il adresse à ses apôtres, revenant de mission : Venez à l’écart et reposez-vous un peu.

Cette invitation, frères et sœurs, ne vaut pas que pour le temps des vacances même si c’est en plein été que nous la recevons. C’est sans cesse que nous sommes appelés à faire sabbat dans nos vies, à sortir de l’engrenage du faire et de l’action, à retrouver le sens et la portée de ce que l’on vit, à le recueillir et l’unifier devant le Seigneur, à en rendre grâce, à retrouver en Dieu la force d’agir et d’aimer. Celle aussi de porter des fardeaux trop lourds à porter seuls. Venez à moi vous tous qui ployez sous le poids du fardeau et moi je vous procurerai le repos. Mt 11, 28.

Car il y a deux fatigues, celle des apôtres (ce fut celle du Christ aussi) qui se fatiguent sur les chemins de la mission, et la fatigue de ces foules, qui bouleverse le Christ, le remue jusqu’aux entrailles, la fatigue de ces foules, qui errent seules, sans chemin et sans guide, exténuées. La fatigue de ceux qui errent sans savoir où aller, à qui se fier, qui errent sans savoir. Car ce qui va les apaiser et les pacifier enfin, c’est de se laisser instruire longuement par le Christ, de demeurer dans sa parole. Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Jn 8, 51.

Comme les apôtres et comme ces foules, nous aspirons au repos. Un repos qu’on s’épuise souvent à chercher dans ce qui ne donne pas de repos. Car ce repos que nous cherchons, est en Dieu seul. Tu nous as fait pour toi Seigneur, dit Saint Augustin et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi.

C’est notre prière aujourd’hui, frères et sœurs, qui ne vaut pas que pour le temps des vacances, mais pour toute notre vie, que nous sachions être avec le Christ dans sa mission comme dans son repos, trouver à l’écoute de sa parole, le pain nécessaire pour travailler à son service et au service de nos frères.


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