Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

17ème dimanche A

 

1 Rois 30, 5...12 Psaume 118

Romains 8, 28-30 Matthieu 13, 44-52
 

 

 

Dix-septième dimanche A

 Père Jean-Paul Mensior,  jésuite

 

« Explique nous clairement... la zizanie » demandent les disciples puisque 'ivraie' traduit 'zizanie' en grec. Et cette question demeure aussi la nôtre... Pourquoi certains êtres humains choisissent de faire le mal ? Répondent au bien par le mal ? Le mal étant ici défini surtout par la jalousie et la division : les auteurs de 'scandales', ceux qui font tomber les autres... Cet Evangile peut nous choquer : il y a un ennemi et il est actif ; il y a une fournaise et on y pleure. Pourtant, face aux attentats de Londres ou aux cas de pédophilie, comment ne pas reconnaître ce mal ? Cette ivraie peut effectivement faire que le bon grain pousse mal ou même ne pousse pas du tout, brûlé de l'extérieur ou de l'intérieur... Jésus n'impose pas une réponse, il propose une parabole, et même trois paraboles...

Que pouvons-nous entendre dans ces paraboles ? Tout d'abord qu'il y a une échéance, il y a une direction, un ordre. Il n'en sera pas toujours ainsi. Il y a une fin, un objectif, appelé le « temps de la moisson » ou « la fin du monde ». C'est une chose certaine tant au plan individuel qu'au plan collectif. C'est une chose qui ne fait pas peur au Christ ni ne le désole. Au contraire elle le réjouit... Et cette nouvelle a réjoui aussi les premiers chrétiens affrontés à la persécution et à la petite taille des communautés. L'auteur de l'Apocalypse peut écrire en parlant de ce temps de la patience : « C'est l'heure de la persévérance des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus... Sur la nuée siégeait comme un fils d'homme. Il avait... dans la main une faucille tranchante. Puis un autre ange... [lui] cria d'une voix forte... 'Lance ta faucille et moissonne. L'heure est venue de moissonner, car la moisson de la terre est mûre' » (Apocalypse 14,12-14). Ils attendaient et espéraient le jugement de Dieu... Ils attendaient d'entendre le Christ leur dire : « 'C'est bien, serviteur bon et fidèle... entre dans la joie de ton Seigneur' » (Matthieu 25,21).

Relevons aussi que l'issue est positive car le grain est récolté dans le grenier ; la graine grandira jusqu'à devenir un grand arbre où les oiseaux du ciel feront leur nid ; la pâte lèvera et les justes resplendiront comme le soleil. Oui il y a un juge et il y aura un jugement ; il y a une échéance et il y aura une récompense. De cela Jésus ne doute pas. Ce juste juge, Jésus donne à la fin son nom, c'est un Père, le Père qu'il connaît et qu'il prie et dont il est sûr qu'il veut sauver les multitudes... Il veut que toute la pâte lève. Que tous les oiseaux du ciel viennent faire leur nid dans cet arbre, que tous soient sauvés. C'est l'espérance de Jésus. C'était déjà celle du prophète Ezékiel : « Ainsi parle le Seigneur... Moi... je cueillerai une jeune pousse et je la planterai moi-même... Elle poussera des branchages, elle produira du fruit et deviendra un cèdre magnifique. Toutes sortes d'oiseaux habiteront sous lui, toutes sortes de volatiles reposeront à l'ombre de ses branches. Et tous les arbres de la campagne sauront que c'est moi, le Seigneur, qui abaisse l'arbre élevé et qui élève l'arbre abaissé, qui fais sécher l'arbre vert et fleurir l'arbre sec. Moi, le Seigneur, j'ai dit et je fais » (Ezékiel 17,22-24). C'est notre espérance.

Jésus propose une parabole ; il ne l'impose pas et, à la fin, il redit ce qui est une de ses expressions préférées, « celui qui a des oreilles qu'il entende ». Ces paroles sont dures mais elles sont aussi Esprit et vie. A celui qui les écoute dans l'Esprit, elles signifient conversion et persévérance. Elles font grandir la graine de moutarde de la foi jusqu'à ce qu'elle devienne un grand arbre. Que la Parole du Seigneur deviennent vraiment pour nous Evangile, bonne nouvelle, « afin d'être vraiment les fils de » notre « Père qui est au cieux » (Matthieu 5,45a).