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Premier
dimanche de l'Avent (A)
2
décembre 2007
Père
Pierre Faure, jésuite
Isaïe 2, 1-5 - Psaume 121 - Romains 13, 11-14 - Matthieu
24, 37-44
La liturgie, comme l’année, a ses saisons. Nous entrons aujourd’hui
dans une nouvelle saison liturgique. Le temps de l’Avent. Avent non
pas avec un a comme si c’était le temps avant Noël, mais avec
un e. Car le mot vient du latin adventus, qui veut
dire venue, avènement, arrivée. Un temps pour attendre l’arrivée de
Jésus, la venue de Dieu dans notre chair.
Les plus anciens d’entre nous, qui connaissent encore la prière du
Notre Père en latin, se souviennent de l’expression adveniat
regnum tuum, que ton règne arrive, que ton règne vienne. C’est
la même racine. La venue de Dieu. Mais en grec le mot se dit
parousia, qui donne parousie en français. Et pour nous la
Parousie indique la fin des temps, la venue finale du Christ. Voilà
donc deux venues du Christ devant nous : à Noël, puis à la fin du
temps. Et les textes de la liturgie du temps de l’Avent vont nous
parler de ces deux avènements.
La Préface qui ouvre la Prière eucharistique, que nous entendrons
tout à l’heure, s’adresse à Dieu en disant : « Le Christ est déjà
venu, en prenant la condition des hommes, pour accomplir l’éternel
dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut ; il viendra
de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la
pleine lumière les biens que tu nous as promis et que nous attendons
en veillant dans la foi. »
« En prenant la condition des hommes » désigne bien la naissance de
Dieu comme homme. Sa première venue. Et « il viendra de nouveau dans
sa gloire » nous parle de la venue définitive du Christ pour nous
faire entrer dans la plénitude de sa vie.
Mémoire de la venue du Christ, avant nous, et attente de la venue du
Christ, devant nous. Mais, il faut le reconnaître, cette mémoire et
cette attente peuvent être difficiles à loger dans notre foi. Il
s’agit bien du commencement et de la fin de toute chose dans le
Christ, mais ces deux termes peuvent nous paraître lointains et
finalement hors de notre portée.
Mais justement la liturgie de ce premier dimanche de l’Avent vient
nous aider à reconnaître déjà en nous la présence du Christ qui
nous porte depuis le commencement jusqu’à la fin.
Car si le Christ est à l’origine, aussi bien qu’au terme, c’est
qu’il est à l’œuvre dans toute notre histoire personnelle,
familiale, sociale. S’il est entré dans l’existence humaine au point
d’être l’un de nous, c’est pour permettre à chacun de nous d’entrer
réellement dans son existence divine. Notre histoire personnelle,
notre vie personnelle, mais aussi toute l’histoire, toute la vie
sont traversées par la présence divine du Christ qui les conduit
jusqu’à leur terme jusqu’à leur accomplissement en Dieu. Si, en
Jésus, tout a commencé, c’est que tout s’accomplira en Lui et par
Lui. Cet accomplissement est à l’œuvre sous nos yeux, il est en
cours. Il n’évite pas les soubresauts de l’histoire. Paul parle d’un
enfantement.
Voilà pourquoi l’évangile que nous avons entendu, et qui peut nous
dérouter, parle seulement de la venue du Fils de l’Homme à la fin du
temps. Mais, nous l’avons compris, le commencement et la fin sont
inséparables. Pour nous préparer à accueillir le commencement de
Dieu dans la crèche de Noël, il faut élargir le regard de notre foi
jusqu’à son avènement définitif. Et pour espérer et attendre
vraiment la venue définitive de Dieu, il nous faut croire aussi
qu’il vient à nous dans un fils d’homme.
Croire, pendant le temps de l’Avent, c’est donc surtout attendre.
Prendre le temps d’attendre dans la foi. Etre vigilant. Veiller,
comme cette lumière modeste que nous avons installée dans l’ombre.
Etre attentif. Etre prêts à la rencontre. Comme nous l’avons entendu
dans la prière d’ouverture de notre célébration :
« Donne à tes fidèles, Dieu notre Père, d’aller avec courage sur les
chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient
appelés, lors du jugement, à entrer en possession du Royaume des
cieux. »
Pierre Faure |