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22ème
dimanche B
dimanche 3 septembre 2006
Père
Jean-Paul Mensior, jésuite
Marc 7,
1...23
Jésus nous dit ici ce qu’il pense des pratiques rituelles : il nous
invite à dépasser tout ce qui est religion , et à mettre la religion
là où elle doit être, non dans la tradition des hommes mais dans les
commandements de Dieu. Et nous savons que ces commandements se
récapitulent dans celui de l ’amour C’est pourquoi la conclusion de
l’intervention de Jésus, nous venons de l’entendre en deuxième lecture
sous la plume de Jacques. Je vous la rappelle : « La manière pure et
irréprochable de pratiquer la religion est de venir en aide aux
orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au
milieu du monde. » A dire vrai, tout au long de l’Évangile, Jésus nous
oriente sans cesse vers un culte « en esprit et en vérité. » Or la
vérité, comme le dira un jour Jésus à une femme de Samarie, n’est pas
plus dans le mont Garizim des Samaritains, que dans la Jérusalem des
Juifs. L’alliance avec Dieu se noue dans le cœur et se vit dans la
qualité de notre relation aux autres.
Aujourd’hui, ce qui déclenche cette intervention virulente de Jésus,
c’est une démarche de pharisiens et de scribes, scandalisés par la
liberté avec laquelle certains de ses disciples se dispensent des
observances légales. Plus précisément, ils ne se lavent pas les mains
avant les repas. Il s’agit pas d’hygiène, mais d’ablutions rituelles,
destinées à se préserver de tout contact avec une personne déclarée
impure : un lépreux, un pécheur public, ou, ce qui est plus grave,
avec un non-juif, c’est à dire un païen. Il s’agit donc de rites de
purification qui, insidieusement, sont devenus des rites d’exclusion.
Pour la première fois, Jésus traite ses interlocuteurs d’hypocrites.
C’est ce que faisait déjà Isaïe quand il proclamait : « Ce peuple
m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Et puis, Jésus
va déclarer que la source véritable de l’impureté est dans le cœur de
l’homme et non dans les gestes qu’il pose. L’enjeu de cette
déclaration est considérable, car si la pureté ne réside pas dans des
rites, mais dans la droiture du cœur, alors un païen fidèle à sa
conscience peut être aussi pur , et même plus pur qu’un juif, et bien
qu’il ne fasse pas partie du peuple élu il pourrait trouver place dans
le Royaume qu’annonce Jésus ! Et ceci est une pensée insupportable
pour celui qui pense l’élection en termes d’exclusion.
Jésus leur dit alors cette parole terrible qu’il nous faut entendre :
« Vous annulez la Parole de Dieu par la tradition que vous
transmettez. » Ce qui explique la violence de Jésus, c’est que,
lorsque des rites sont ainsi utilisés pour consolider des exclusions,
ils manifestent qu’ils sont pervertis et que leur sens est
diamétralement opposé à la mission de Jésus.
Car, qu’est venu faire Jésus, sinon abattre toutes les barrières pour
abolir toute opposition entre juifs et païens, hommes et femmes, et
pour faire advenir un Royaume dont la loi soit la communion dans le
respect des différences, l’échange, l’amour mutuel. Un royaume où tous
ne forment qu’un seul peuple, un peuple de frères et de sœurs sans
aucune exclusive, puisque tous enfants d’un seul et même Père.
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