Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

Vingt-quatrième dimanche C

 

Exode 32, 16...14

Psaume 50

1 Timothée 1, 12-17

Luc 15, 1-10
 

 

 

 

Vingt-quatrième dimanche C

Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

 

Exode 32, 16...14 - Psaume 50 - 1 Timothée 1, 12-17 - Luc 15, 1-10

 

DIEU CHERCHE L’HOMME
 

Ces deux paraboles éclairent le mystère de la conversion de quelqu’un et Jésus conclut : : « Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit ». Dans une conversion il y a deux acteurs : le berger qui cherche sa brebis jusqu’à la retrouver et la brebis elle-même, qui nous représente. Ces deux paraboles mettent davantage l’accent sur le premier acteur : celui qui nous cherche. Ecoutons l’enseignement de Jésus : quelqu’un nous cherche, quelqu’un vient à notre rencontre, quelqu’un a quitté tout ce qu’il avait, les 99 brebis, pour une seule chose, nous retrouver. Nous sommes appelés à le croire.

Celui qui nous cherche c’est le berger. Celui qui dira à ses voisins et à ses amis : « Ré-jouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! » « Ma » brebis. Il y a un lien entre cette brebis et ce berger. Elle est « sa » brebis, elle appartient au berger, elle compte pour lui, elle a du prix à ses yeux. Comme les personnes que nous avons invitées à un repas, comme les fils et les filles d’une famille autour de la table. Chacun compte, chacun a sa place, chacun est unique. Ainsi pour Dieu qui nous cherche, chaque homme, chaque femme, chaque enfant en ce monde compte ; il est irremplaçable.

C’est cet esprit qui habite les amis de Jésus.

- Lorsque le futur Pape Jean XXIII fut nommé patriarche de Venise après une longue carrière de diplomate, il écrit dans son journal personnel : « A présent que je suis enfin pasteur, le pasteur de vos âmes, mon premier désir est de compter les brebis une à une ». Il avait gardé de son premier évêque la tradition de visiter toutes les paroisses. Chacune compte pour lui. Il le fera.

- Lorsqu’un journaliste demanda un jour à Mère Teresa de Calcutta comment elle avait fait pour aider des milliers de personnes à la rue, elle répondit : « C’est très simple, j’en ai aidé une, puis une, puis une ».

Pour Jésus, il ne s’agit pas de « faire du chiffre », comme on dit aujourd’hui, pour rendre compte à un conseil d’administration. Pour Jésus, ce qui compte, c’est la conversion de quelqu’un qui a nom et visage. La conversion de Marie-Madeleine, Zachée, Pierre, Jean, André, Philippe, Armelle, Chloé, Antoine, Sébastien, Félicité, Erwan, Priscille.

Dieu cherche l’homme. Celui qui manifeste dans l’histoire que Dieu nous cherche, c’est le Christ Jésus venu vers l’humanité tel un Samaritain, laissant son chemin pour prendre soin de l’homme blessé au bord de la route. Comme le rappelle saint Paul à Timothée : « Le Christ m’a pardonné, le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ». Celui qui nous cherche aujourd’hui, c’est l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, qui vient visiter nos cœurs et nos intelligences. Après la résurrection de Jésus, l’Esprit Saint est le visage de Dieu qui nous est proche. Il touche notre conscience et notre cœur. Il nous rappelle la vie et les paroles de Jésus, il nous les fait comprendre. Il entre en dialogue patiemment avec nous : avec notre conscience au sujet de la vérité, avec notre cœur quant à l’amour dans nos vies.

Aussi loin que nous soyons perdus, perdus comme la brebis perdue, et, souvent

perdus sans nous en rendre compte,

perdus dans le mensonge d’une vie double,

perdus dans le désespoir,

perdus dans la confusion affective,

perdus dans l’enfermement en nous-même,

perdus dans l’orgueil d’un « vieux moi » qui ne fait attention qu’à lui-même,

perdus dans la sécheresse du cœur,

l’évangile d’aujourd’hui nous révèle une bonne nouvelle : Dieu est en route vers nous, il nous cherche jusqu’à ce qu’il nous ait retrouvé. Et cela peut prendre des années, des siècles. Voilà une dimension fondamentale de la conversion de quelqu’un : Dieu cherche l’homme. L’autre dimension c’est nous. Nous sommes appelés à croire cette parole de Jésus, à nous engager dans cet acte de foi, car c’est un acte de notre liberté. Dieu nous cherche, attendons-le ; il vient là où nous ne l’attendrions pas : là où nous sommes perdus. Apprenons à reconnaître la visite de l’Esprit de Jésus dans nos vies : il parle à notre cœur et à notre conscience. Ouvrons nos radars intérieurs pour reconnaître ses visites. Il y va d’un discernement. Et s’il nous semble reconnaître cette visite, ne restons pas seul, allons trouver un ami, un frère, une sœur dans l’Eglise pour lui partager notre joie.

Un chrétien me disait : « Cette brebis perdue, ne serait-ce pas aussi l’humanité ? ». Sûrement.