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Vingt-cinquième dimanche
C
Amos 8, 4-7
Psaume 112
1 Timothée 2, 1-8
Luc 16, 1-13
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Vingt-cinquième
dimanche
C
Père Marc Rastoin, jésuite
Amos 8, 4-7 - Psaume 112 - 1 Timothée 2, 1-8 -
Luc 16, 1-13
Servir Dieu ou être esclaves des idoles. L’Evangile d’aujourd’hui nous met
face au choix radical de nos vies, de toute vie : Le bien est «
véritable » comme Dieu est «véritable » (Jean 17,3) et l’argent, le
Mammon d’injustice – du nom du dieu syrien des richesses -, est trompeur comme
les idoles sont trompeuses car elles ne peuvent sauver. Dieu seul peut sauver.
Jésus retrouve ici les accents d’Elie : « Quand cesserez-vous de danser
d’un pied sur l’autre ? Qui voulez vous servir, le Seigneur ou Baal ? »
(Cf. 1 Rois 18,21).
Servir Dieu, c’est lui ressembler. Et lui ressembler, c’est prendre tous les
moyens au service d’une seule fin : entrer en communion avec d’autres. Dieu
n’a créé le monde et n’est entré en alliance avec Israël et avec l’Eglise que
pour nous faire entrer dans un dialogue d’ami à ami, « Le Seigneur parlait
à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami » (Exode 33,11). Pour
que nous mangions avec lui et lui avec nous : « Voici, je me tiens à la
porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai
chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » (Apocalypse
3,20). Servir Dieu, c’est se faire des amis, c’est ne pas être seul, c’est
accueillir et être accueilli, « trouver des gens pour m’accueillir… » «
Les biens » dont je dispose, est-ce qu’ils servent à la communion, «le
bien véritable » ? Ai-je des amis avec qui je peux avoir des conversations
de frère à frère, cœur à cœur ?
L’argent n’est ni ange ni démon ; il est un moyen. Mais Jésus le qualifie de
trompeur car il donne l’illusion que l’on peut s’appuyer sur lui… On se bâtit
ainsi de fausses protections et l’on court le risque de négliger l’essentiel.
C’est déjà ce que Jésus prêchait en Galilée: «Cherchez le royaume de
Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît»
(Matthieu 6,33). On ouvre des comptes bancaires pour ses enfants et l’on croit
ainsi faire ce qui est bien. Mais n’est-ce pas plutôt d’une relation riche et
vivante avec leurs parents dont ont besoin nos enfants ? On se dispute des
maisons, des héritages, on se brouille avec d’autres êtres humains qui
devraient pourtant être nos prochains par excellence et l’on passe à côté.
Ne nous laissons pas tromper nous dit le Christ ! Que toutes nos ressources
soient au service de la relation ! Ne gaspillons pas nos biens pour des
citernes vides qui ne retiennent pas l’eau ! Quel est ce « bien véritable
» dont parle le Christ sinon la relation vraie que nous avons pour Dieu et
pour notre prochain, pour ces relations qui seules donnent du sens et du goût
à notre vie. « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur »
(Luc 12,34).
En mourant, ce qui monte à nos lèvres, c’est un prénom aimé, c’est une
personne. « Jésus, Jésus » a dit Jeanne d’Arc sur le bûcher de Rouen
comme en écho au « Eli, Eli » de son Seigneur sur la Croix.
Montrons-nous habiles à l’image de Jésus lui-même. Lui « qui n’avait pas
d’endroit où reposer la tête » (Matthieu 8,20), il ne cessait de se faire
accueillir ou d’accueillir… « Zachée descendit et l’accueillit avec joie
» (Luc 19,6). Jésus était riche en amitié, il prenait le temps de la
rencontre… Que cela soit avec la Samaritaine au bord du puits ou avec Simon le
pharisien. Mammon et les idoles isolent, le vrai Dieu nous met en relation.
Montrons-nous fidèles dans les petites choses, celles que nous n’emporterons
pas avec nous, utilisons-les pour enrichir la communion que nous avons avec
nos frères, le « bien véritable » que le Seigneur nous confiera.
Puissions-nous entendre alors cette parole : « C'est bien, serviteur bon et
fidèle… en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre
dans la joie de ton Seigneur » (Matthieu 25,21).
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