
26° dimanche B
Marc 9, 38-48
Nombres 11,25-29 Jacques 5,1-6
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26ème
dimanche B
Père Marc Rastoin
« Avant d’être une consolation, l’Evangile est un fardeau » disait le
cardinal Newman. Nous l’éprouvons aujourd’hui tant Jésus semble nous offrir
aujourd’hui deux visages : L’un apparaît ouvert et sympathique ; l’autre
excessif et presque intolérant.
Lorsqu’il dit « Celui qui n’est pas contre nous, est pour nous », on
pourrait tirer une conclusion bien dans l’air du temps sur la ‘tolérance’ de
Jésus… Oui, mais n’oublions pas que Jésus n’a pas hésité à dire : « Qui
n'est pas avec moi est contre moi, et, qui ne rassemble pas avec moi,
disperse» (Matthieu 12,30)… Le problème n’est-il pas ce « nous » arrogant
des disciples ? Cet homme qui guérit, qui fait le bien au nom de Jésus,
n’est pas de « ceux qui nous suivent » dit Jean ! Or le seul qu’il s’agit de
suivre, c’est le Christ. Celui qui fait le bien, qui guérit les autres, agit
dans l’Esprit du Christ. Ce qui est sûr, c’est que nul ne peut se rapprocher
du Dieu vivant, nul ne peut guérir au nom du Christ, sans être, qu’il le
sache ou pas, du Christ. A ce niveau là, il n’y a pas de demi-mesure. Pour
ce qui est de la relation au Christ : Qui n’avance pas recule. Jésus le dit
ailleurs en termes plus rudes encore : « A celui qui a, on donnera encore,
mais, à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a » (Luc 19,26). Celui
qui a l’Esprit du Christ, nul ne pourra le lui enlever, pas même les
disciples. D’un autre côté, note Paul : « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du
Christ, il n’appartient pas au Christ » (Cf. Romains 8,9). La 1ère partie de
l’Evangile nous invite donc à nous enraciner dans « l’appartenance au Christ
» et nous serons alors débarrassés de la jalousie. L’Esprit du Christ est
plus grand que ‘nous’…
Dans la suite de l’Evangile, lorsque Jésus parle du « feu qui ne s’éteint
pas » et de ces membres qu’il s’agit de couper, il nous paraît exagérément
sévère. Je crois qu’ici tout tourne autour du feu. Il y a le feu du buisson
ardent et le feu de la géhenne : un feu qui brûle sans détruire et l’autre
qui brûle en détruisant. Jésus nous demande : ‘Par quel feu voulons-nous
être brûlés ??’ Telle est la question ! … Cet été, il y a eu beaucoup
d’incendies en France, et particulièrement en Provence, et nous en avons
appris un peu plus sur le métier de pompier. Les pompiers nous ont expliqué
que, parfois, pour sauver une forêt ou un village, il faut sacrifier une
colline et quelques hectares de bois. On ne peut pas tout sauver. Il faut
faire un choix… Il faut couper une main pour sauver le corps… C’est aussi ce
que fait le chirurgien quand une infection a emporté un organe du corps.
Mais de quelle infection s’agit-il ? La 1ère lecture comme le début de
l’Evangile nous invite à voir dans la jalousie l’infection la plus
dangereuse… tant elle se maquille bien sous l’apparence du bien.
Prenons Saruman, l’ancien compagnon de Gandalf, il a laissé peu à peu le feu
de l’ambition le dévorer au point de ne plus devenir que l’ombre de
lui-même… Il est devenu un zombie au service de Sauron, le maître d’Isengard…
Face à ce feu qui ne nous laisse plus nous-même, qu’il s’appelle ambition,
jalousie ou… désespoir, etc., il y a un autre feu : celui que Jésus est venu
allumer: « je suis venu allumer un feu sur la terre et comme il me tarde
qu’il soit allumé ! » (Luc 12,49). Quel est ce feu ? C’est Dieu lui-même !!
Le Seigneur aussi est un feu ! nous disent Moïse (Cf. Deutéronome 4,24) et
Isaïe (Cf. Isaïe 29,6). Mais ce feu-là ne nous détruit pas, il nous recrée,
il nous aide à devenir nous-mêmes, « le prodige, l’être étonnant » que nous
sommes (Psaume 138,14). C’est le feu qui vivifie, qui personnalise, anime,
transforme, fait parler, guérir et aimer… C’est le feu de l’amour « fort
comme la mort » (Cantique 8,6).
Jésus dans notre Evangile ne se montre pas ‘dur’. Il n’est pas masochiste ou
sectaire ! Il nous dit simplement la vérité : « Nul ne peut servir deux
maîtres »(Matthieu 6,24a). Il faut choisir. Choisir entre deux Esprits,
entre deux feux. A la Pentecôte, nous avons reçu l’Esprit, celui que Moïse
espérait : « Ah ! si seulement tout le peuple du Seigneur devenait un peuple
de prophètes sur qui le Seigneur aurait mis son Esprit ! », un Esprit
descendu comme « des langues de feu »(Actes 2,3)… Accueillons-le !
Que le Seigneur nous aide à le choisir, Lui, et à nous séparer de tout ce
qui nous éloigne de lui, et surtout de la jalousie qui nous éloigne d’un
amour vrai de notre prochain. Amen
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