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Vingt-septième dimanche C
7 octobre 2007
Père
Jean-Paul Mensior, jésuite
Habacuc 1,2...2,4 ; Ps 94 ; 2 Timothée 1,6...14 ; Luc 17,
5-10
Cette parabole nous dit que devant
Dieu nous sommes de simples serviteurs. Selon les traductions ce
serviteur est dit inutile ou quelconque ou ordinaire…. disons « un
simple serviteur » qui, en tous cas, n’a rien à exiger, et dont le
service le plus fidèle ne donne aucun titre à la reconnaissance de
Dieu. En somme, nous ne méritons rien.
Nous ne méritons rien, parce que
nous ne pouvons donner que ce que nous avons d’abord reçu ; or nous
recevons tout de Dieu, et d’abord la vie, et avec la vie le pouvoir
de la donner, c’est à dire de servir.
Nous ne méritons rien, c’est vrai,
mais Dieu aime que par notre service nous manifestions que c’est lui
la source de tout don. Une chose est certaine : puisque notre
service est fondamentalement réponse à un don sans limite, puisqu’il
nous est donné de pouvoir donner, alors notre service doit être
aussi illimité que le don qui nous est fait. Jamais nous ne pouvons
dire : « J’en ai assez fait. » En servant ainsi, généreusement et
gratuitement, nous copions en quelque sorte la générosité et la
gratuité de Dieu et nous révélons ce que nous sommes en vérité : des
fils et des filles à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Il y a un lieu privilégié dans
l’évangile, où nous est montré clairement que c’est Dieu, ce maître
de la parabole, qui, selon le texte « passe de l’un à l’autre et
sert ses serviteurs » : c’est la scène du lavement des pieds. En
Jésus lavant les pieds de ses disciples, c’est vraiment Dieu qui est
à nos genoux.
A dire vrai, dans ce geste, le
Christ se révèle à la fois Dieu au service de l’homme, et homme au
service de Dieu, par le service de ses frères. Tel est le réalisme
de la charité. En effet, ce que nous appelons service de Dieu peut
être le lieu de bien des illusions. C’est pourquoi nous pouvons sans
nous tromper paraphraser la phrase connue de St Jean et dire : «
Celui qui dit qu’il sert Dieu et qui ne sert pas ses frères est un
menteur. » Ce que confirme pleinement la parole de Jésus à ses
disciples après leur avoir lavé les pieds :
« Si votre Seigneur, votre Maître,
vous lave les pieds, c’est que vous aussi vous devez vous laver les
pieds les uns aux autres. »
Ainsi, c’est par nous que l’amour de Dieu pour tout homme se
concrétise et prend corps. C’est à travers nos gestes d’amour et de
service, les plus modestes soient-ils, que nos frères peuvent
découvrir qu’ils sont aimés de Dieu.
Oui, nous devons et nous pouvons
être, les uns pour les autres les chemins de l’amour de Dieu. Car
s’il est vrai que nous sommes de simples serviteurs, il reste que
nous sommes des serviteurs créés à la ressemblance de Dieu, irrigués
par son amour sans limite, et par conséquent capables de le
communiquer.
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