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27ème dimanche
ordinaire- Année
C
Luc 17, 7-10
Père Jean-Paul
Mensior, jésuite
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dimanche 3 octobre 2010 |
Cette parabole nous
dit que devant Dieu nous sommes de simples serviteurs. Selon les
traductions ce serviteur est dit inutile ou quelconque ou
ordinaire….disons « un simple serviteur » dont, en tous cas, le
service le plus fidèle ne donne aucun titre à la reconnaissance de
Dieu. En somme, il nous est dit ici que nous ne méritons rien.
Nous ne méritons
rien, parce que nous ne pouvons donner que ce que nous avons d’abord
reçu ; or nous recevons tout de Dieu, et d’abord la vie, et avec la
vie le pouvoir de la donner, c’est-à-dire de servir.
Nous ne méritons
rien, c’est vrai, mais Dieu aime que par notre service nous
manifestions que c’est lui la source de tout don. Une chose est
certaine : puisque notre service est fondamentalement réponse à un don
sans limite, puisqu’il nous est donné de pouvoir donner, alors notre
service doit être aussi illimité que le don qui nous est fait. Jamais
nous ne pouvons dire : « J’en ai assez fait ». En servant ainsi,
généreusement et gratuitement, nous copions en quelque sorte la
générosité et la gratuité de Dieu et nous révélons ce que nous sommes
en vérité : des fils et des filles à l’image et à la ressemblance de
Dieu.
Il y a un lieu
privilégié dans l’évangile, où nous est montré clairement que c’est
Dieu, ce maître de la parabole, qui, selon le texte « passe de l’un à
l’autre et sert ses serviteurs » : c’est la scène du lavement des
pieds. En Jésus lavant les pieds de ses disciples, c’est vraiment Dieu
qui est à nos genoux.
A dire vrai, dans ce
geste, le Christ se révèle à la fois Dieu au service de l’homme, et
l’homme au service de Dieu, par le service de ses frères. Tel est le
réalisme de la charité. En effet, ce que nous appelons service de Dieu
peut être le lieu de bien des illusions. C’est pourquoi nous pouvons
sans nous tromper paraphraser le phrase connue de St Jean sur l’amour,
et dire : « Celui qui dit qu’il sert Dieu et qui ne sert pas ses
frères est un menteur. » Ce que confirme pleinement ce que dit Jésus à
ses disciples après leur avoir lavé les pieds : « Si votre Seigneur,
votre Maître, vous lave les pieds, c’est que vous aussi vous devez
vous laver les pieds les uns les autres ».
Ainsi, ce qui nous
est révélé ici, c’est que c’est par nous que l’amour de Dieu pour tout
homme se concrétise et prend corps. C’est à travers nos gestes d’amour
et de service, les plus modestes soient-ils, que nos frères peuvent
découvrir qu’ils sont aimés de Dieu.
Oui nous devons et
nous pouvons être, les uns pour les autres les chemins de l’amour de
Dieu. Car s’il est vrai que nous sommes de simples serviteurs, il
reste que nous sommes des serviteurs créés à la ressemblance de Dieu,
irrigués par son amour sans limite, et par conséquent capables de le
communiquer.
© Compagnie de Jésus
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