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Vingt-neuvième
dimanche B
dimanche 18 octobre 2009
Père Dominique Cupillard, jésuite
Marc 10, 35-45
Cet épisode, frères et
sœurs, a lieu alors que les disciples, qui suivent Jésus, montent vers
Jérusalem. Une montée ponctuée chez Marc de trois annonces de la
passion. Pas des annonces allusives, non, Jésus dévoile clairement à
ses disciples, le sort qui l’attend : Le Fils de l’homme dit
Jésus sera condamné à mort, livré aux païens, humilié, flagellé et
tué (Marc10, 33-34). Mais note saint Marc, les disciples ne
comprenaient pas ces paroles (Marc, 9, 32).
Ils ne comprendront pas
mieux quand ces paroles s’accompliront, tellement il était
inconcevable pour eux que le Messie, connaisse la souffrance et la
mort. Jésus, en répétant jusqu’au moindre détail, l’annonce de sa
passion, veut forcer cette incrédulité des disciples tout comme Marc
en rapportant cette triple annonce dans son évangile, a voulu forcer
l’incrédulité des premiers chrétiens, les aider à lever ce scandale
d’un Messie crucifié, pierre d’achoppement de la foi au Christ,
jusqu’à nous aujourd’hui, qui n’en finissons pas d’entrer et de
reculer, devant le mystère de Dieu qui nous est ainsi révélé, à
travers la personne de Jésus.
Les disciples ne
comprennent pas ces annonces de la passion. Ils ne comprennent que
celles qui correspondent à leur image et à leur attente d’un Messie
triomphant qui viendrait restaurer le trône de David à Jérusalem. Ces
deux frères, qui réclament de siéger à la droite et à la gauche
de Jésus, veulent donc être les premiers, à partager le pouvoir de
leur maître. Mais Jésus ne les rabroue pas : il voit déjà les fruits
que produiront ce zèle et cette ambition, soumis à son exemple et à sa
parole, mis au service de la mission : le martyre pour Jacques, et
l’exil pour saint Jean. Ma coupe, vous y boirez, mon baptême vous
le recevrez.
Ce récit, frères et sœurs,
rejoint notre désir d’être avec le Christ, d’être ses disciples,
d’unir, comme ces deux frères, notre vie à la sienne : Nous
voudrions ! Là où ce désir suscite en nous un élan, mobilise des
forces, réveille une ambition, une générosité aussi, prête à s’offrir.
Mais là aussi, où cette volonté d’être avec le Christ, ignore la
volonté du Christ, la confond avec notre vouloir propre, met le Christ
au service de nos desseins et de nos intérêts, ne renonce à rien
jusque dans le service. Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Nous ne savons pas ce que nous demandons : Boire la coupe, être
plongé dans le baptême du Christ, servir, donner notre vie pour les
autres, être l’esclave de tous.
Nous pouvons !
disent les deux frères … et ils pourront. Ils pourront, à
mesure qu’ils s’affranchiront d’une fausse image du Messie et
découvriront le vrai visage de Dieu, en contemplant le Christ. Ils
pourront, dès lors que leur rêve d’exploits héroïques conjugués au
futur, consentira à s’incarner, au présent, dans un aujourd’hui réel
et concret, où le Christ les attend. Ils pourront, au fur et à
mesure qu’ils découvriront dans la Pâque de leur maître, le oui qui
s’y cache, et qui veut les associer à son oui Voici que nous
montons vers Jérusalem dit Jésus aux disciples (Marc 10, 33).
Ils pourront en découvrant à travers l’appel d’un amour qui les
invite à l’imiter et à le suivre, la vraie mesure de leurs capacités
et de leurs forces. Sans moi, nous dit Jésus, vous ne pouvez
rien faire (Jn 15, 5).
En ce jour frères et sœurs,
où l’église célèbre la journée mondiale des missions, nous célébrons à
la fois l’extraordinaire projet de Dieu, de voir tous les hommes
réunis sous son nom, et les ouvriers ordinaires qu’il appelle pour
servir ce dessein. Servir ce dessein aux limites du monde, mais aussi
et d’abord là où nous sommes, en témoignant du Christ, à travers une
manière d’être et de vivre, en rupture avec les modèles du monde, qui
interroge nos contemporains et les conduise à découvrir ce Christ dont
nous nous réclamons. Il dépend vraiment de nous, de chacun de nous,
que l’Eglise soit pour le monde, et dès maintenant, signe de ce
royaume, où le premier sera le serviteur et l’esclave de tous.
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