Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

1 Samuel 3, 3...19

Psaume 39

1Corinthiens 6,13-20

Jean 1, 35-42
 


 

 

Deuxième dimanche                                                                                15 janvier 2006                      

 Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

 

Les deux disciples entendirent cette parole et ils suivirent Jésus.

 

Ce que vivent les deux disciples est un événement spirituel qui va orienter toute leur vie. Dans la tradition spirituelle de l’Eglise on appelle un tel un tel événement une « consolation ». « Consolation », pour nous, évoque un sens affectif « consoler un enfant qui pleure », un sens peu dépréciatif « lot de consolation » quand on n’a pas gagné une compétition ou encore un sens biblique « le livre de la consolation d’Israël en exil ». Ce sens est déjà très fort : j’étais dans la tristesse et quelqu’un s’est approché de moi. Ainsi en va-t-il parfois de la visite de Dieu dans nos vies et c’est une grande joie. Ce fut l’expérience des disciples après la résurrection lorsque le Christ ressuscité s’est approché d’eux, lui qui leur avait promis l’esprit « consolateur » dans les derniers jours avant sa passion.
Ici la « consolation » est reçue dans un autre contexte que celui de la tristesse : Dieu visite les deux disciples à travers la parole de Jean-Baptiste « Voici l’Agneau de Dieu ». La consolation est ici comme une lumière intérieure, une lumière comme celle que les mages ont pu éprouver, comme celle que Marie a pu recevoir à l’Annonciation.

Qu’est-ce qu’une consolation ?

- il y a un événement extérieur : ils ont vu Jésus et ils ont entendu la parole de Jean Baptiste à son sujet : « Voici l’agneau de Dieu ». L’agneau en Israël évoque la sortie d’Egypte ; les hébreux ont mis de son sang sur le linteau extérieur de la porte de leurs maisons et l’ange est « passé outre » ces maisons et les fils aînés de ces familles ont eu la vie sauve.
- il y a aussi quelque chose qui n’est pas dit dans ce récit et qui reste caché, c’est le retentissement intérieur de cet événement dans leur cœur.
- Une consolation c’est la conjonction d’un événement extérieur entendu, vu, perçu à travers nos sens ou dont on se souvient et d’un sentiment intérieur d’allégresse, de joie, de paix, de compassion ou de contrition qui nous est donné par l’Esprit Saint ; cette conjonction est une consolation, une visite de Dieu, une épiphanie de Dieu dans une vie d’homme. Dieu se communique à l’homme au plus profond de son être.
- De cette consolation naît une décision : ils suivent Jésus. Les deux disciples entendirent cette parole et ils suivirent Jésus, nous dit l’Ecriture. Ils ont été touchés, « consolés » au point qu’ils se sont séparés de Jean Baptiste leur maître pour mettre leurs pas dans ceux de Jésus.

 

Dieu parle à l’homme.
Dieu se communique à l’homme. Dieu frappe à la porte de notre cœur. Dieu répète tant que l’homme ne comprend pas. Il nous arrive en effet de dire « Dieu ne me dit rien », « Dieu ne parle pas ».

L’homme peut ne pas avoir été éveillé à la manière dont Dieu parle ; c’était le cas de Samuel. L’homme expérimenté peut ne pas comprendre que Dieu parle, c’était le cas du vieux prêtre Eli. Finalement Eli a aidé Samuel à comprendre et à trouver le chemin de l’écoute de Dieu dans sa vie. Les deux disciples ont été orientés par Jean Baptiste leur maître spirituel.

Qui a été pour moi comme Jean Baptiste pour m’indiquer Jésus ?
Ai-je été comme les deux disciples ? comme Samuel ?
Qui a été pour moi comme le vieux Eli pour m’aider à comprendre ?
Tout cela est-il pour moi comme un pays que je ne connais pas ?

Je vous invite à y réfléchir et à en parler au Seigneur. Dieu donne généreusement à qui lui demande. Demandez et vous recevrez, frappez et on vous ouvrira !