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2ème dimanche de l'Avent - Année C dimanche 6 décembre 2009 Père Jean-Yves Calvez, jésuite
Notre «retour » vers Dieu
L'avent, selon nos trois lectures, ce n'est pas l'avant de Noël seulement, la période qui précède Noël, ça s'écrirait avec un a pas avec un e, c'est la venue du Christ, venue: adventus en latin, l'approche du plus beau jour, le jour du Christ, selon la lettre aux Philippiens; c'est aussi le temps du retour des exilés, selon Baruch, à Jérusalem, la patrie merveilleuse, la ville de Dieu, tant aimée des anciens juifs. Et voici: tant d'hommes, tous les hommes en principe, qu'on aperçoit dans la plaine en dessous, en marche vers cette patrie, par des chemins merveilleux qui n'ont plus rien à voir avec la rocaille des montagnes et collines, tout a été aplani, tout est fleuri, tout sent bon.
Saint Luc, lui, nous dit par la bouche de Jean Baptiste, que nous avons à travailler pour notre part à cet aplanissement des chemins rocailleux, à ce redressement des passages tortueux. Même, il veut nous secouer, c'est la tâche du précurseur avant la venue de Jésus. L'homme en effet ne s'approche pas de Dieu sans se détourner de quelque chose d'imparfait, d'impur, de vieux, de corrompu. Alors... l'invitation pour ces jours-ci, ces semaines, c'est une invitation à s'examiner et à faire un pas quelque part dans nos vies. Vraiment. En pensant que nous avons entendu des invitations comme celle-là plusieurs fois dans l'année écoulée, bien des fois au cours des années, et même si nous avons été touchés, nous avons laissé passer, nous avons vite oublié. C'est quelquefois désespérant de se retourner en arrière et de voir combien nous sommes restés insensibles.
Pouvons-nous nous laisser toucher cette fois, aujourd'hui? c'est la question.
Nous laisser toucher par quoi? Je dirai tout simplement. Tel appel de la charité. Tel appel à la droiture dans nos relations. Tel appel à un pardon... que nous n'en finissons pas de donner. Tel appel à sortir d'un quotidien un peu vide pour aller au-devant de telle personne qui a besoin de moi. Tel appel à changer tout court: quand rien ne change jamais ce n'est pas bon signe. Nous ne sommes pas toujours appelés à de grandes et impossibles choses, mais nous le sommes à 'quelque chose.' Commençons par nous retourner en effet en arrière en cette fin de 2009 et par voir ce que nous avons omis, dont nous avions pourtant l'occasion. Pas pour nous morfondre mais pour le faire enfin.
Nous nous sentirons ainsi approcher du «Jour du Christ» (encore une fois l'expression de la lettre aux Philippiens). Car tous ces gestes de bonne volonté et de volonté ce n'est pas seulement le redressement de ce qui est tortueux et tordu dans nos vies, c'est aussi notre rapprochement de Dieu, car il y a, malgré toutes les fautes, les crimes mêmes, une magnifique marche de l'humanité vers Dieu... en réponse bien sûr au don qu'il nous a fait le premier, en nous faisant créatures si merveilleuses, si capables. Ce qui nous est ainsi proposé encore dans l'Avent, c'est d'entrer dans ce prodigieux mouvement. Nos vies sont faites de bien des petites choses, des gestes et des travaux de toute sorte mais elles sont en même temps grand retour vers Dieu. Reditus ad Deum, retour vers Dieu, c'est le mot clé qu'employait Thomas d'Aquin pour dire le mouvement de l'homme corrélatif de celui de sa création. Il y a la création, Dieu nous met au monde, nous voilà envoyés à une grande aventure. Tout le reste est, du coup, retour, reditus, marche de retour. Et nous sommes invités à reprendre cette marche en ce temps spécialement, de l'Avent. Quelque méditation là-dessus en ce jour amènera sans doute chacun d'entre nous à trouver un peu mieux comment. Amen. |