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2ème
dimanche de Carême - Année
C
Luc 8,
28-36
Père
Pierre Faure, jésuite
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dimanche 28 février 2010 |
Quelle confiance !
Quelle délicatesse ! Quel témoignage d’amitié de la part de Jésus,
pour aller jusqu’à introduire Pierre, Jacques et Jean au centre
divin, au centre lumineux de sa propre vie. Et quel encouragement
pour ces trois apôtres ! Quelle aide et quel appui dans leur amitié
et leur foi en Jésus ! Pour traverser ensuite la défaite, la
déroute, la condamnation à mort de leur maître et ami, et leur
propre reniement.
Aide, appui, et
force lumineuse aussi pour chacun d’entre nous, qui avons pris la
route pour quarante jours de conversion à la suite du Christ.
Je suis vraiment
reconnaissant envers l’Eglise qui nous fait entendre ce récit de la
Transfiguration chaque 2ème dimanche de Carême. Nous
savons même par une très belle homélie du Pape Saint Léon, que ce
récit était déjà lu le deuxième dimanche de Carême à Rome, au moins
depuis le 5ème siècle.
Le récit de la
Transfiguration que nous avons entendu est celui de Saint Luc. Il
est plus long et plus riche que ceux de Matthieu et de Marc. Luc est
le seul à parler de la gloire. Il dit en effet : « Moïse et Elie
apparus dans la gloire », et surtout : « Pierre et ses compagnons
étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la
gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. » Ils virent la
gloire de Jésus ! Les biblistes nous disent qu’en hébreu le mot qui
signifie gloire implique l’idée de poids. Non pas tant la renommée,
que la valeur, le poids et l’importance réelles. Ainsi, la Bible de
Bayard traduit plusieurs fois gloire par importance. Et pour la
Transfiguration elle traduit : « Ils le virent dans l’éclat divin ».
En effet dans la Bible le mot gloire implique le rayonnement,
l’éclat de la beauté. Dans son tableau « Le Christ à Emmaüs », que
l’on peut voir à Paris, Rembrandt donne à voir quelque chose du
mystère de cette lumière. Une lumière qui vient déjà de la
Résurrection du Christ, et qui éclaire notre marche de carême, au
creux de la grisaille de l’hiver. Une lumière intérieure qui éclaire
notre foi, qui nourrit notre espérance, et qui nous portera jusqu’à
notre propre résurrection.
Nous qui sommes déjà
illuminés par le baptême, et qui célébrons chaque année la lumière
du Christ à la veillée pascale, nous n’avons pas à regretter de
n’avoir pas étés sur la montagne avec Pierre, Jacques et Jean.
Car ce récit de la
Transfiguration nourrit notre foi et notre connaissance du Christ.
En mettant en résonance la figure du Christ avec celle de Moïse et
celle d’Elie, ce récit nous fait comprendre comment le Christ
accomplit les Ecritures. Il accomplit la Loi, représentée par
Moïse ; et les Prophètes, représentés par Elie. Aux disciples
d’Emmaüs, Jésus dira, en les rudoyant quelque peu : « ‘Vous n’avez
donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont
dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout
cela pour entrer dans sa gloire ?’ Et, en partant de Moïse et de
tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Ecriture ce qui
le concernait. (Luc 24, 25-27) »
Comme Moïse sur la
montagne, et Elie au désert, Jésus a jeûné quarante jours. Comme
Moïse a vécu l’exode, à travers le désert jusqu’en terre promise, et
comme Elie a du s’exiler de Jérusalem persécuté par la reine
Jézabel, Jésus va accomplir son exode en plein Jérusalem : il va
être condamné et mis à mort comme un bandit, pour ressusciter le
troisième jour. Comme Moïse et Elie sur la montagne, Jésus entend la
voix du Père. Mais lui n’est plus seulement le libérateur du peuple,
ni le prophète qui doit venir, il est le Fils. Le Fils unique. « De
la nuée une voix se fit entendre : ‘Celui-ci est mon Fils, celui que
j’ai choisi, écoutez-le’. »
Que cette parole du
Père ne cesse de retentir à nos oreilles durant tout le carême, pour
fortifier la confiance que nous mettons dans le Fils unique.
Comme le dit Saint
Léon : « Que la foi de tous s’affermisse avec la prédication de
l’Evangile, et que personne n’ait honte de la croix du Christ, par
laquelle le monde a été racheté. »
© Compagnie de Jésus
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