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2° Pâques B
Jean 20,19-31

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Deuxième
dimanche de Pâques
Père Pierre Faure, jésuite
De tous temps, l’exemple de Thomas a frappé les esprits au point qu’on parle
de Thomas dans le langage courant. Il est la figure de celui qui veut des
preuves, celui à qui on ne fait pas croire ce qu’il n’a pas vérifié par
lui-même.
Le parcours de Thomas peut nous aider à comprendre un peu comment la foi
travaille. Car il y a un travail de la foi. Comme on dit d’un bâtiment, du
bois ou du vin qu’ils travaillent, se transforment, se déplacent ; et, pour le
vin au moins, qu’il se bonifie.
D’abord, à son premier degré la foi n’est pas la crédulité. Thomas ne veut pas
croire sans appuis, sans expérience personnelle, sans y avoir mis du sien,
sans avoir trouvé de quoi se décider par lui-même. Jésus, en parlant de la fin
des temps dans l’Evangile dira d’ailleurs : « Si on vous dit que le Christ est
ici ou là-bas, n’y allez pas, ne le croyez pas. » C’est-à-dire : « Ne vous
laissez pas faire par la crédulité. » On sait aussi que la plupart des récits
de rencontre du Christ ressuscité dans les quatre évangiles mentionnent les
doutes de ceux qui sont là, présents.
Pour ce qui est de Thomas, sa difficulté à croire, son incrédulité, sa demande
de vérification physique, sont rapportées par Jean dans leur précision quasi
policière, et sans critique, sans jugement. Et Jésus fait de même. Il
accueille sans réserve la requête de Thomas de toucher ses plaies. Et il va
même au devant de la demande de Thomas, en lui montrant lui-même ses plaies.
Mais que cherche Thomas ? Comment travaille sa foi ?
Je crois que Thomas veut s’assurer que la vision du ressuscité n’est pas une
hallucination ou une compensation imaginaire qui aurait pu monter dans
l’esprit des disciples déçus et déprimés et probablement assez honteux de ce
qui s’est passé. Thomas veut être sûr qu’il rencontre bien vivant celui-là
même qui revient de la mort. Le même, vraiment le même qui a été crucifié et
que tous les disciples ont abandonné.
Et puis Thomas dit à Jésus « Mon Seigneur et mon Dieu ». Quel écart entre
cette acclamation émerveillée et la vérification que demandait Thomas ! La foi
lui fait franchir cet écart et l’a amené devant Dieu lui-même. La foi n’est
jamais en continuité linéaire avec les preuves et les assurances que nous
demandons. La foi nous fait aller au-delà , bien en avant de ce que nous
demandions. Elle nous amène en présence du Dieu vivant, elle nous ouvre à la
joie.
C’est pourquoi Jésus dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Non pas
heureux les crédules à qui on fait croire ce qu’on veut. Mais heureux ceux
chez qui la confiance et le consentement ont creusé profond, ont travaillé le
cœur et l’intelligence et ont traversé pour déboucher dans la confession de
foi : « Mon Seigneur et mon Dieu. »
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