Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


                                                                                             

Troisième dimanche de l'Avent  C                                                                              dimanche 17 décembre 2006

Père Jean-Yves Calvez,  jésuite

Sophonie 3, 14-18 ; Philippiens 4, 4-7; Luc 3, 10-18

 

Jésus, la joie, la paix

La phrase-clé, la phrase forte, dans nos lectures d’aujourd’hui, c’est sans doute celle-ci, dans le prophète Sophonie : Fille de Sion, le Seigneur lui-même est au milieu de toi. Commentons, frères et sœurs. Commentons doublement. D’abord, Fille de Sion, jeune fille Marie, le Seigneur est en ton sein, le Seigneur même en ton corps. Fille de Sion, d’autre part, peuple d’Israël, humanité entière bientôt –car l’élection est faite pour passer en toute l’humanité–, peuple de Dieu donc, le Seigneur est à jamais en toi désormais, il est parmi les hommes, il est de leur famille, et eux sont tous de sa famille, par la venue de Jésus. C’est l’événement des événements, la nouveauté des nouveautés, la source sans doute aussi de la plus grande différence dans la manière de vivre des hommes : croyant en ce Seigneur fils de Marie, ce Seigneur parmi nous, ou bien n’osant pas y croire, ou, peut-être, hésitant encore en tout cas. Le prophète Sophonie, l’apôtre Paul aussi, nous disent avec insistance que cette foi, c’est joie et paix. Ceux qui croient reçoivent la Bonne nouvelle, lit-on aussi dans saint Luc, c’est la première fois qu’on dit cela, et c’est Jean-Baptiste qui le dit avant même la manifestation de Jésus. Alors, les autres hommes n’expérimentent pas la joie et la paix ? Si, bien sûr, de bien des manières dans leur vie, en fonction de diverses circonstances heureuses. Mais au degré où peuvent les expérimenter ceux qui croient en Jésus incarné parmi les hommes ? sans doute pas, si en effet cette foi est un tel bouleversement de la vie, de la pensée, du cœur aussi. Prenons conscience, frères et sœurs, de ce qui nous est arrivé, de ce qui nous arrive ainsi.

Nous n’avons pas à nous enorgueillir de cette joie et de cette paix. Mais à les savourer, si. Et à les transmettre aussi, le plus possible, autour de nous. Voyez comme ils s’aiment, disaient ceux qui rencontraient les premiers chrétiens. Voyez comme ils sont heureux, pacifiés, joyeux, malgré les ennuis de la vie, doivent pouvoir dire toujours ceux qui nous rencontrent, de même. Il ne s’agit pas de se forcer, comment y arriverait-on d’ailleurs ? mais il s’agit de laisser s’épanouir, laisser fleurir, quelque chose qui est en nous, et qui traverse les épreuves, transcende la mort même : cela peut, et doit, se voir, comme se voit l’amour, transformateur des êtres, des mots et des visages. Le Seigneur est en nous, Jésus, cet homme extraordinaire, et on peut le voir si nous nous efforçons tous les jours de suivre sa vie, ses sentiments surtout, et si, jour après jour aussi, nous devenons ce que nous sommes faits par le sacrement. Devenons ce que nous recevons, dit plus d’un prêtre au moment de la communion.

Voilà ce qui commence, doit commencer en tout cas avec l’Avent. Si cela n’a pas commencé en nous d’autres fois pendant l’Avent, assurons-nous que cette fois-ci soit la bonne : que cela commence enfin vraiment cette fois, et que nous rayonnions enfin l’Avent, Jésus en nous, parmi nous. Prions pour cela, frères et sœurs, dans cette eucharistie. Amen.