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Exode 20, 1-17
Psaume 18
1 Corinthiens 1, 22-25
Jean 2, 13-25
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Troisième
dimanche de Carême B
19 mars 2006
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
Pourquoi y a-t-il des bœufs, des brebis et des colombes sur le parvis
du temple ? Parce que les membres du peuple d’Israël viennent offrir
des sacrifices au Temple de Jérusalem. Sacrifices pour remercier,
sacrifices pour demander pardon, sacrifices pour louer Dieu d’être
Dieu. Il y a des marchands d’animaux pour que ceux qui arrivent de
loin en pèlerinage trouvent de quoi faire leur sacrifice. Il y a des
changeurs parce qu’au temple de Jérusalem, dans ce pays sous
occupation romaine, on n’accepte pas la monnaie romaine qui a cours
mais le shekel ; il faut donc changer le romain contre du shekel.
Et Jésus chasse tout le monde, jette par terre la monnaie, renverse
les comptoirs… et leur parle : « Ne faites pas de la maison de mon
Père une maison de trafic ». En voyant faire Jésus, les juifs dont
l’évangile nous dit que « beaucoup crurent en lui » et qui ont du
respect pour Jésus peuvent se demander à juste titre : mais alors les
sacrifices, c’est fini ? le temple, c’est fini ? les prêtres au
service du temple, c’est fini ? Oui. Avec Jésus, l’ancienne alliance
c’est fini. La nouvelle alliance annoncée par les prophètes est là,
radicalement nouvelle.
Mais qu’est-ce qui est fini ? Non seulement une obéissance ronronnante
à la Loi mais aussi le fait de vivre la relation à Dieu comme
accomplir des « obligations religieuses ». Ce qui est fini c’est
d’offrir à Dieu des sacrifices au lieu de lui parler. Des cadeaux qui
coûtent cher au lieu d’une vraie présence. En effet, nous pouvons
faire des choses pour lui ou pour le prochain sans l’aimer vraiment.
Un peu comme des parents qui combleraient leurs enfants de beaux
cadeaux mais n’auraient pas le temps de passer une demi journée avec
eux. Des cadeaux vides de présence. Des cadeaux sur lesquels on ne
peut pas s’appuyer. En fait des obligations religieuses, même
difficiles, c’est rassurant. On a fait ce qu’on doit et ça va, on est
en règle ; « dites-nous clairement ce qu’il faut faire pour être en
règle avec l’Eglise ». Une telle attitude, ce n’est déjà pas rien ; il
n’y a pas à critiquer cette position qui cherche à vivre les dix
commandements rappelés dans la première lecture. Jésus parle à des
personnes qui vivent déjà cela. Mais il les conduit plus loin. Jésus
les appelle à aimer. Aimer Dieu et son prochain, être largement ouvert
à l’imprévu de Dieu, du frère, de la vie.
A la manière des prophètes, Jésus pose un geste public, un geste qui
marque les esprits. Lorsqu’il prend le fouet, au tout début de sa vie
publique, Jésus prend un très gros risque. Il se brûle face aux
autorités d’Israël pour dire quelque chose aux hommes de son temps et
à nous aujourd’hui. En prenant ce risque Jésus s’engage pour nous.
C’est ainsi qu’il nous aime. Parce qu’il y va de la vie et de la mort,
de notre vie et de notre mort. En posant ce geste, c’est une onde de
choc qui se propage tout au long de sa vie, jusqu’au jour où le rideau
du temple se déchirera par le milieu à la mort de Jésus sur la croix.
Le nouveau temple dont il parlait c’était son corps. Le nouveau temple
c’est Jésus lui-même. Le temple c’est son corps, son corps offert
librement, son corps d’où monte une parole vers Dieu : « Tu ne voulais
ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais
ni holocauste ni victime alors j’ai dit : « voici je viens » Ps 39,7
».
Et le corps du Christ d’où monte la parole vers Dieu c’est nous, l’Eglise,
corps appelé à la sainteté. Corps rassemblé par la Parole autour du
Christ qui s’offre à son père dans l’eucharistie, corps qui écoute son
Seigneur et qui lui parle en s’adressant à lui dans la louange et la
supplication. En entendant nos voix le Père entend la voix de son fils
lui dire : « Abba, Père ».
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