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3° dimanche dePâques C
Actes 5, 27...41
Psaume 29
Apocalypse 5, 11-14
Jean 21, 1-19
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3ème
Dimanche de Pâques C
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
C’EST
LE SEIGNEUR
« C’est le Seigneur ». Le disciple que Jésus aimait a vu le filet
rempli alors qu’après toute une nuit de travail, le filet était resté
vide. Mais lui, il a reconnu le Seigneur. D’où cela lui vient-il ?
comment se fait-il que lui ait compris le premier et que Pierre et les
autres aient aussi compris ensuite ? Il y a trois aspects dans cette
reconnaissance.
Sa parole s’accomplit
Il y a d’abord la correspondance entre la parole et les actes, entre
la parole « Jetez le filet » du mystérieux personnage rencontré à la
lumière de l’aube et le fait que les filets se remplissent. Sa parole
s’accomplit. Cela rappelle à la mémoire du disciple un souvenir très
fort qu’il garde de Jésus : ce qu’il disait s’accomplissait. A Cana
Jésus dit aux serviteurs « Remplissez d’eau ces jarres et portez en au
maître du repas » ; c’était le meilleur vin.
Surabondance
Il y aussi que ce miracle de la pêche miraculeuse témoigne de la
surabondance et rejoint d’autres signes de surabondance reçus de Jésus
pendant sa vie publique : la transformation de l’eau en vin aux noces
de Cana, la multiplication des pains, la résurrection de Lazare, le
don de la vie au pied de la croix. Avec sa mémoire, Jean se met à
re-lier les événements d’hier et d’aujourd’hui et il entend dans son
coeur la même musique à travers ces différents événements : il entend
une gratuité et une générosité surabondante qui viennent de Dieu.
Elles ne sont pas un hasard.
Ce filet débordant de poissons c’est la joie de Cana, c’est
l’émerveillement de 5000 hommes mangeant à satiété du pain et du
poisson lors de la multiplication des pains. Que pouvaient-ils faire
les disciples pour nourrir cette foule avec cinq pains et deux
poissons ? « Alors Jésus prit les pains, nous dit l’évangile, il
rendit grâces et en distribua aux convives, et de même du poisson,
autant qu’ils en voulurent » (Jean 6,11). Que pouvaient faire les
disciples pour nourrir cette foule sans Jésus ? Jean était là avec les
autres disciples, il a vu de ses yeux ce miracle, il a mangé le pain
et le poisson, il en a été profondément touché. Cette gratuité
surabondante est attachée pour Jean au souvenir du visage de Jésus qui
est inscrit à tout jamais au plus profond de son coeur.
Cette pêche formidable fait ressurgir en lui ce visage tant aimé et il
dit à Pierre : «C’est le Seigneur ». Comme une exclamation spontanée,
immédiate, qui naît du fond du cœur ! « C’est le Seigneur », ce ne
peut être que lui !
Le disciple que Jésus aimait
L’évangile nous dit que, parmi les disciples, celui qui a reconnu le
Seigneur était le disciple que Jésus aimait. Cette relation est un
élément à prendre en compte dans la reconnaissance du Seigneur par ce
disciple. Ce disciple, nous dit l’évangile de Jean, était au pied de
la croix avec Marie. Il a été le plus loin possible avec Jésus et
Jésus lui a donné de constituer la première communauté avec Marie. Ils
ont vu resplendir sur le visage de Jésus en croix l’immense amour de
Dieu pour le monde. C’est l’amour qui ouvre les yeux de la
reconnaissance et cet amour est don de l’Esprit Saint.
Ce qui s’est passé dans le cœur de Jean décrit la confession de foi
fondamentale de l’Eglise : Jésus est le Seigneur, là réside
l’essentiel du dogme. Le discernement de Jean repose sur trois pôles :
la mémoire de l’histoire de Jésus de Nazareth portée par Jean,
l’événement inattendu qui s’est produit au lever du jour et le don de
l’Esprit Saint.
A un autre niveau de lecture, on peut reconnaître ici le labeur de «
pêcheurs d’hommes », le travail de la communauté des disciples
annonçant l’Evangile. L’initiative était de Pierre. Elle se révéla
stérile et ils ne prirent rien cette nuit-là. Le filet est vide.
L’épreuve de la stérilité religieuse, cet effort épuisant de tirer sur
le filet, et qui s’avère d’aucune utilité : gestes, paroles, sans
cesse repris, au moyen d’un appareil religieux incapable de nourrir.
La nuit de nos amertumes, de nos craintes, de nos réticences, de nos
raideurs qui nous apparaissent irréductibles.
L’écoute de la voix du promeneur de l’aube les amène à faire
l’expérience de la fécondité de leur labeur et de la surabondance du
don : « Jetez le filet à droite et vous trouverez ». Alors ils le
reconnurent. Pierre apporte le produit de la pêche. Tous reçoivent le
pain et le poisson des mains du Seigneur. L’eucharistie est ici
transparente. Ainsi ceux qui, dans nos assemblées, ont animé et vécu
le cours St Ignace ou la Journée du pardon peuvent se souvenir, rendre
grâces et raconter aux autres.
Seigneur Jésus donne à notre communauté la grâce d’être ouverte à la
reconnaissance de la présence du Christ ressuscité dans nos vies.
Seigneur donne nous de t’aimer.
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