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Deutéronome 18, 15-20 ;
1 Corinthiens 7, 32-35 ;
Marc 1, 21-28
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Quatrième
dimanche
29 janvier 2006
Père Jean-Paul Mensior, jésuite
Nous sommes au début de l’évangile de Marc : Jésus a été baptisé par
Jean-Baptiste, il a passé quarante jours au désert, où il a été tenté.
Après quoi il est retourné en Galilée, où il a choisi ses disciples.
Et c’est avec eux, qu’un jour de Sabbat, il entre dans la synagogue de
Capharnaüm. C’est là que, pour la première fois il prend la parole en
public, et qu’il accomplit son premier miracle.
Marc ne dit rien du contenu de son enseignement. Il n’en retient qu’une chose
: c’est que Jésus n’enseigne pas comme les scribes. C’est ce que dit son
entourage : « Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! » La
vérité, c’est que son autorité, c’est celle de Dieu lui-même. Il faudra du
temps à ses disciples pour comprendre que Jésus est lui-même Parole de Dieu,
devenue Parole humaine vivante. Cette Parole qui éclairait les Israélites,
mais qui les effrayait, s’exprime dans les mots, les actes, la personne de cet
homme :Jésus. Devant l’autorité de sa parole mais aussi de son action – car
c’est avec la même autorité qu’il chasse les esprits mauvais-on s’interroge
sur son identité véritable : « Qui est donc cet homme ? »
Le premier à répondre à cette question est un esprit mauvais - mauvais, mais
lucide ; il ne se trompe pas quand il dit : « Je sais fort bien qui tu es : le
Saint de Dieu ! » Et il a parfaitement compris la mission de Jésus, puisqu’il
lui crie : « Es-tu venu pour nous perdre ? » Autrement dit, le mal qu’il y a
dans l’homme comprend immédiatement quand il est visité par celui qui va le
déloger et le réduire à rien. Car ce possédé représente toute l’humanité et ce
qu’il y a de pécheur en chacun de nous : ce que Paul appelle « les puissances
et dominations » qui gouvernent le monde. Nous les connaissons bien : elles
s’appellent amour de l’argent, culte de notre propre image, jalousie
meurtrière, recherche du pouvoir et du succès… Nous n’en finirions pas de
dresser la liste des démons qui nous habitent : ils sont « légion ». Mais ce
possédé représente aussi notre résistance à la guérison que Jésus nous
apporte… car nous tenons à nos démons. D’où, chez certains hommes, une
véritable haine pour le Christ. Pour certains contemporains de Jésus, cette
résistance prendra le visage, d’abord de la peur, puis du rejet, jusqu’à la
mise à mort. On trouvera de bons motifs, de préférence religieux, mais ils ne
serviront qu’à masquer le refus fondamental dont Dieu est l’objet, le refus de
son amour qui nous fait peur.
A peine commencée, la mission de Jésus prend donc la forme d’un combat. Dès le
début, c’est le combat pascal qui est engagé. Et ce récit prophétise la
victoire finale du Christ. C’est lors de la Pâque que « le Prince de ce monde
sera jeté dehors » ; c’est lors de la Pâque que Jésus fera mourir en lui
toutes les convoitises qui empoisonnent nos relations au monde et aux hommes..
Mais pour cela, il faudra que Jésus prenne la figure de notre mal, porte notre
péché et soit lui-même expulsé, jeté dehors, et crucifié à la vue de tous
comme un malfaiteur, « hors des portes de la ville ».
Tout au long de la vie du monde, c’est le même combat qui continue. Mais ne
nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’une croisade ; le lieu de ce combat
c’est notre cœur C’est pourquoi une seule chose nous est demandée pour ce
combat: choisir chaque jour le Christ, et nous laisser attirer par lui. Car
c’est notre foi aimante en lui, et elle seule, qui fera de nous, comme l’écrit
saint Jean, « de grands vainqueurs. »
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