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Actes 4, 8-12
Psaume 117
1 Jean 3, 1-2
Jean 10, 11-18

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Quatrième
dimanche de Pâques B
7 mai 2006
Père Jean-Paul Mensior, jésuite
Les
hommes auxquels s’adresse Jésus, et qui, nous dit Jean, ne comprennent
pas ce qu’il veut dire, ont pourtant lu dans Jérémie ou dans Ezechiel
que les chefs d’Israël se sont souvent conduits non pas comme des
pasteurs, mais comme des prédateurs. Mieux que d’autres ils devraient
comprendre à quoi on reconnaît un vrai berger.
On le
reconnaît d’abord à ceci : alors qu’un berger ordinaire vit de son troupeau,
le berger christique vit pour ses brebis : loin de se nourrir d’elles, le jour
viendra où il se donnera lui-même en nourriture. Il ne prendra pas leur vie,
il leur donnera la sienne. Car il veut qu’elles vivent.
C’est
pourquoi, le vrai berger entre par la porte de la bergerie, il appelle chaque
brebis par son nom et – ce sont les termes de l’évangile – il les fait sortir.
Faire sortir, conduire dehors, ce sont les mots mêmes de l’Exode, qui est
l’histoire d’une libération. C’est pourquoi, si Jésus est comme un nouveau
Moïse qui va rassembler le peuple de Dieu, ce n’est pas pour le maintenir
calfeutré dans un enclos faussement sécurisant, mais pour le libérer de tous
ses enfermements et le faire sortir vers des terres de liberté, comme
autrefois Moïse avait fait sortir son peuple de la maison de servitude.
Le sens
de cette parabole est clair. Cet enclos fermé, sans issue, c’est l’image de
notre monde, tout entier enfermé dans l’enclos de ses servitudes, et
spécialement de la plus grande, à savoir la mort. Et qu’est venu faire le
Christ, sinon ouvrir une brèche dans ce monde fermé ? Lui-même est le premier
à être passé par la porte étroite de la mort, ouverte désormais sur des terres
de vie et de liberté, pour que nous y passions à sa suite.
Mais
Jésus nous dit autre chose. Cette pâque, ce passage de toutes les servitudes,
celles de nos faiblesses, de nos convoitises et de notre mort à la liberté
joyeuse des enfants de Dieu, ce n’est pas la transhumance d’un troupeau
anonyme. Non : pour ce passage ultime, chacun de nous est appelé par son nom.
Et comment ne pas être sensible à cette voix, puisqu’elle nous parle de notre
Père ?
Car
c’est le Père qui nous confie au Fils, et si Jésus nous demande de le suivre,
c’est pour nous conduire à ce Père qui est notre source. A cela aussi on
reconnaît que le Christ est le vrai berger : il ne nous garde pas pour lui, il
ne nous confisque pas. Ce Pasteur est aussi un Passeur. Il nous séduit mais
sans nous asservir. Il nous attire à lui, mais c’est pour nous tourner vers le
Père.
Nous
côtoyons chaque jour des hommes et des femmes désemparés, à la dérive et sans
berger. Alors rappelons-nous que la vie que Dieu nous donne par grâce ne nous
est pas donnée seulement pour apaiser notre désir de vivre. Mais pour que,
Jésus l’a dit un jour à une femme de Samarie, cette eau vive devienne en
chacun de nous une source à laquelle d’autres puissent venir à leur tour
s’abreuver.
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