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5ème dimanche
de Carême C
Isaïe 43, 16-21
Psaume 125
Philippiens 3, 814
Jean 8, 1-11
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Cinquième
dimanche de Carême C
Père Jean-Jacques Guillemot, jésuite
II y a un
thème qui traverse les 3 lectures de ce 5ème dimanche de carême, c'est
celui de la nouveauté : « désormais » ! « Va, dit Jésus à la femme
adultère, et désormais ne pèche plus » ; « Ne vous souvenez plus
d'autrefois, dit le Seigneur en Isaïe, ne songez plus au passé. Voici
que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? »
Et nous lisons dans la lettre de St Paul Apôtre aux Philippiens : «
Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers
l'avant je cours vers le but »...
Nous ne
devons pas conclure pour autant que le passé n'a aucun poids (tels que
nous sommes nous sommes le fruit d'une histoire) mais retenons, en
accueillant ces phrases de l'Ecriture, que si le passé nous marque, il
ne nous enchaîne pas. La femme adultère voit s'ouvrir devant elle un
nouvel avenir, alors que son passé la conduisait devant sa fin, par
lapidation.
Au moment de
méditer l'évangile de ce jour (rapporté par saint Jean) nous pouvons
nous rappeler cette phrase tirée de la première épître de Jean : « si
notre cœur nous accuse Dieu est plus grand que notre cœur et il
discerne tout »... Dieu est plus grand que notre cœur...
« Jésus
resta seul et la femme en face de lui ». Debout l'un et l'autre, se
regardant en face, après que tous les autres furent partis. Personne
ne peut se trouver en présence du péché sans être troublé, sans doute
parce que le péché de l'autre lui rappelle les siens propres. Il n'y a
que Dieu qui puisse regarder paisiblement le pécheur; et en présence
de Dieu le pécheur peut se tenir debout et garder toute sa dignité,
malgré son péché. Jésus marque de l'intérêt pour le pécheur, et non
pour le péché. Sa miséricorde envers les pécheurs, la compassion
manifestée lorsqu'il se trouvait en leur présence surprenait et même
scandalisait les pharisiens. Ils ne comprenaient pas l'attitude de
Jésus tant ils étaient préoccupés par le péché. .En effet ils
enfermaient les personnes dans des catégories. Voici ce qu'ils disent
à Jésus:: « dans la Loi Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là.
Et toi, qu'en dis-tu ? »
La femme
qu'ils ont amenée à Jésus n'est pas pour eux une personne avec un nom
et une histoire. Elle est simplement « une de ces femmes-là ». Ne
faisons-nous pas souvent la même chose, sur un plan personnel ou de
manière plus générale : Tel homme ou telle femme est ce genre de
personne avec qui il n'est pas possible de dialoguer ? Tel pays
appartient à une espèce de pays qu'il faut sanctionner, de toute
façon... Pour Jésus, personne n'appartient à une catégorie. Chacun est
unique et doit être reçu, accepté et aimé comme une personne unique.
Les
pharisiens invitent Jésus à agir comme un juge... et nous voyons Jésus
se mettre à tracer des signes sur le sol, sans doute pour indiquer
qu'il ne prend aucun intérêt à ce qui est « leur » tribunal. Et quand
ils persistent à l'interroger il leur cite simplement un passage de la
Loi, mais en le modifiant (une modification en fait lourde de
sens...), selon la Loi, le témoin d'un crime devait lancer la première
pierre lors de la lapidation d'un criminel... En indiquant « celui qui
est sans péché » Jésus ramène les accusateurs à leur propre
conscience. Ils partent tous, l'un après l'autre, reconnaissant ainsi
qu'ils sont, eux aussi, pécheurs. Et notons que Jésus ne cherche pas à
triompher à leurs dépens, manifestant ainsi de la bonté à leur égard.
Nous le voyons se pencher de nouveau vers le sol, pour leur laisser la
possibilité de partir sans être humiliés...
Et
lorsqu'ils sont tous partis, voici que Jésus s'adresse à la femme, ce
qui la restaure dans sa dignité d'être humain : jusqu'ici personne ne
lui avait parlé, ce qui faisait d'elle une simple pièce du piège tendu
à Jésus; maintenant elle entend la parole de Vie : « va », mot de la
liberté retrouvée, de la route qui s'ouvre alors qu'elle butait contre
le mur de la mort. « Ne pèche plus » : pour cela il y faudra l'Esprit
Saint, fruit de l'abaissement et du relèvement du Christ emportant le
péché du monde.
Que
pouvons-nous retenir de ce récit ? De cette méditation de l'Ecriture
nous devons recueillir ce qu'est l'attitude de Dieu envers les
pécheurs que nous sommes. Le péché n'intéresse aucunement Jésus, au
sens où il ne pardonne pas explicitement le péché de la femme. Il ne
le mentionne même pas. Il ne s'intéresse qu'à son avenir « va, et
désormais ne pèche plus » Jésus ne donne pas à cette femme une liste
de recommandations et de mises en garde. Il lui laisse toute la
possibilité d'organiser sa propre vie. Il ne la met pas en garde
contre un péché en particulier; il est plus exigeant : il lui rappelle
l'importance de ne pas pécher du tout : Désormais la route est
ouverte. .Dans l'Evangile de Jean le verset suivant est la parole de
Jésus : « Je suis la lumière du monde ». ...
En ce temps
de Carême Dieu veut que nos regards soient tournés vers la joie de La
Résurrection : qu'au lieu de ruminer nos péchés passés nous nous
acheminions d'un pas ferme vers une vie nouvelle où le péché n'aura
jamais le dernier mot.
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