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5ème dimanche
de Pâques
Père
Jean-Marc Furnon, jésuite
Jean 14,
1-12
« Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi ».
Prendre le chemin
Pour aller vers le Père qui est la vérité et la vie, il faut passer
par Jésus son Fils, c'est-à-dire marcher derrière lui, marcher sans
voir le terme, marcher en faisant confiance en sa parole. Croire
qu’on est autant sur le chemin au début du chemin qu’à la fin ou au
milieu.
Prendre le chemin qu’est Jésus c’est vivre une obéissance. Souvent,
nous voulons savoir, connaître et comprendre avant de faire
confiance à la parole d’un autre. Saint Paul pour parler de
l’obéissance de la foi prend pour modèle Abraham : il a entendu «
Quitte ton pays » il a fait confiance, il s’est mis en marche.
Pour discerner le chemin à prendre, Jésus nous révèle une chose
étonnante : Jésus dit aux disciples « Pour aller où je m’en vais,
vous savez le chemin » et Thomas lui répond : « Seigneur,
nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le
chemin ? ». Thomas ne voit pas et pourtant Jésus lui dit qu’il
connaît le chemin. Jésus lui révèle qu’au fond de lui il y a un côté
de lui-même, radicalement tourné vers Dieu, qui sait discerner le
chemin vers la vérité et la vie.
La route qui nous change
Thomas, Philippe et les autres disciples ont marché derrière Jésus
et tout a commencé lorsqu’un jour Jésus s’est adressé à chacun d’eux
en lui disant « Suis moi ».
Pour nous, prendre le chemin c’est croire à la Parole de Jésus que
nous recevons à travers l’évangile porté par l’Eglise qui nous le
transmet dans l’histoire et c’est croire au don de l’Esprit Saint
qui nous ouvre l’intelligence comme il l’a fait pour les disciples
d’Emmaüs.
Prendre le chemin ce n’est pas utiliser un moyen mais c’est
s’engager dans une expérience profonde. Un théologien disait de
l’Evangile : « L’Evangile, la route qui nous change ». Rencontrer
Jésus, recevoir sa parole et oser la mettre en pratique nous
transforme, nous guérit, libère en nous la vie, nous unit à lui et à
son Père.
Une place entre le Père et Jésus
Il y a Jésus, il y a le Père et il y a nous. Nous sommes appelés à
connaître Jésus et, à travers lui, à connaître le Père et à demeurer
dans la maison du Père dès aujourd’hui et pour l’éternité. La
relation entre Jésus et son Père n’est pas un privilège exclusif de
Jésus, leur relation « nous » est ouverte. Dans la relation qui unit
Jésus au Père il y a une absence totale de jalousie. La lumière de
la vie se réjouit de la vie et de la joie de l’autre : la joie du
Père et du Fils et de l’Esprit de Vérité et de tous les hommes.
Entre le Père et le Fils, nous avons une place que Jésus nous a
préparée.
« Ne soyez donc pas bouleversés ». Ils sont troublés et il y
a de quoi car aller vers le Père c’est mourir, c’est prendre le
chemin pascal que Jésus a choisi de prendre librement en répondant à
sa mission. Parmi les premiers diacres plusieurs sont morts martyrs
à commencer par le diacre Etienne et puis il y a eu le diacre
Laurent et bien d’autres.
A un moment de l’itinéraire des exercices spirituels, saint Ignace
invite celui qui contemple la vie de Jésus à demander une
connaissance intérieure de Jésus. Pour mieux l’aimer et le suivre.
Demandons cette grâce de tout cœur !
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