Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

6° dimanche de Pâques C

 

Actes 15, 1...29

Psaume 66

Apocalypse 21, 10...23

Jean 14, 23-29
 

 

 

 

6ème Dimanche de Pâques C

Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

 Le temps liturgique nous met avec Marie et les disciples de Jésus, après la cène, la passion, la résurrection et avant l’Ascension, la Pentecôte. C’est dans ce temps pascal que nous entendons avec eux la promesse faite par Jésus d’envoyer l’Esprit Saint à ses disciples.

L’Esprit Saint est envoyé par le Père

            « Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». L’Esprit Saint n’apporte pas d’autres enseignements que Jésus n’aurait pas donné lui-même. Non, l’Esprit saint rappelle et éveille en nos cœurs les propres paroles de Jésus. Le Père a tout dit en son Fils Jésus, en son Verbe fait chair, l’Esprit nous en fait souvenir.

            « Il vous enseignera tout ». L’Esprit Saint révèle qui est Jésus, le Fils unique du Père, le Messie annoncé par les Prophètes. Il ouvre nos intelligences au sens des paroles de Jésus. Il nous donne de comprendre comment ce qui est arrivé avec Jésus, en particulier sa résurrection, est l’accomplissement des promesses faites par Dieu dans l’Ancien Testament. C’est le don qui a été fait aux pèlerins d’Emmaüs. L’homme qu’ils ne reconnaissent pas et qui les accompagne sur la route de leur tristesse leur dit : « Esprits sans intelligence, lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait ».

            Jésus était visible sur les routes de Palestine, les apôtres nous ont transmis les évangiles qui nous parlent de sa vie. L’Esprit de Jésus n’est pas visible. Il nous parle au cœur, en nous révélant le mystère de Dieu en Jésus, et il nous pousse. Ce qui a été révélé aux disciples d’Emmaüs les laisse « le cœur tout brûlant », ils sont touchés dans leur cœur. Et au lieu de continuer leur chemin, ils font demi-tour et retournent à Jérusalem pour annoncer aux autres disciples la bonne nouvelle : Jésus est ressuscité, il est le Christ ! Ils sont poussés à faire demi-tour et à annoncer cette nouvelle. Ainsi se manifeste à nous l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint est le « Défenseur »

            L’Esprit Saint est le défenseur, le « paraclet », l’avocat : celui qui vient à la rescousse, celui qui prend soin de nous, celui qui nous conseille sur ce que nous avons à dire devant des gens qui nous accusent, qui prend notre défense. Celui qui nous conforte, qui nous console.

            Si les disciples ont besoin d’un défenseur c’est qu’il y a matière. Jésus leur dit en effet « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ». C’est ce qu’a dit Jésus à ses disciples avant d’entrer lui-même dans le combat de la passion. Les récits de la résurrection nous rappellent que les disciples se tenaient avec Marie dans le Cénacle « toutes portes fermées ». Ils avaient peur que leur arrive ce qui était arrivé à Jésus et les persécutions que Saul mènera contre les chrétiens témoignent que la vie pour les premiers disciples de Jésus en Palestine et au Proche Orient et puis à Rome n’était pas un long fleuve tranquille ! C’est à ceux qui sont effrayés et bouleversés que Jésus promet un Défenseur.

            Jésus les invite à s’appuyer sur Dieu en s’appuyant sur la personne de l’Esprit. Croire que Dieu veille sur eux, que Dieu les tirera de la mort comme il a fait pour Jésus. Voilà le fondement de cette paix. Pensons à Blandine devant les lions dans le cirque de la Croix rousse à Lyon : tranquille face aux animaux prêts à manifester la violence des hommes. Blandine est en paix, elle est appuyée sur la promesse de Jésus. Voilà pourquoi l’Eglise nous la donne en exemple faisant d’elle une sainte. Cette paix n’est pas la paix à la manière du monde : ‘tranquillité-compte en banque’ ou bien la paix des vainqueurs lorsqu’ils ont détruit une ville et que plus personne ne bouge ! Non, la paix de Jésus est une paix d’intimité avec Dieu, une paix qui dialogue avec la justice, une paix qui rayonne de l’amour miséricordieux.

            Rendons grâce pour ce peuple des croyants qui a accueilli cette paix ; pour Jésus lui-même, pour ceux qui l’ont précédé. C’est ce que dit le Livre de la sagesse en parlant de ceux qui ont témoigné jusqu’à la mort de leur foi au Dieu de l’Alliance : « Les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés ils ont paru mourir mais ils sont dans la paix » (Sagesse 3,1-3). Cette paix nous sommes invités à l’accueillir, à la recevoir et à la partager. C’est ainsi que nous sommes appelés à devenir des artisans de paix. « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5, 9).

            « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers mon Père ». Jésus jubile parce qu’il approche du but visé depuis ses 12 ans : être aux affaires de son Père. Réjouissons nous de la joie de Jésus. Acceptons avec les disciples d’être séparés de Jésus de Nazareth pour accueillir Dieu en la personne de l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, l’Esprit de vérité.