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Septième dimanche C
dimanche
18 février 2007
Père
Antoine Lauras, jésuite
Luc 6, 27-38
"Aimez vos ennemis... Souhaitez du bien
à ceux qui vous maudissent..." Ces appels, et tous ceux qui suivent
ne nous semblent-ils pas irréalistes, impossibles à vivre dans la
concret de notre vie ? Pourquoi, Seigneur, nous inviter à
l'impossible ?
En réalité, avant de nous indigner ou
de nous désespérer face à un tel idéal, relisons plutôt toute cette page de l'Evangile. Et voyons bien
ce à quoi, comme chrétiens, nous sommes appelés.
Le Christ nous propose d'abord de
méditer une évidence. Aimer ceux qui vous aiment, faire du bien à
ceux qui vous en font, prêter à ceux dont n est sûrs qu'ils vous
rendront; n'est-ce pas là chose normale, spontanée, instinctive? Il
n'est pas besoin de se référer à un idéal religieux pour agir de
cette manière.
Et c'est bien là ce qu'il nous est
demandé de comprendre. Disciple du Christ, je ne peux pas me
contenter de vivre selon mes instincts. Il est indispensable de les
surpasser, d'aller bien plus loin.
Comprenons-le. Etre habité par la
haine, par l'esprit de vengeance, par le refus du pardon - toutes
ces choses instinctives - c'est incompatible avec notre profession
de chrétiens. Assurément, il est parfois difficile, sinon
impossible, de ne pas être habités par ces sentiments. Mais,
reconnaissons-le, c'est une faiblesse de notre part. Ne nous
enfermons pas dans la haine et le refus du pardon, mais, étant
conscients de ce qui nous est demandé, ouvrons-nous au désir de
réaliser ce qui est la marque du vrai disciple du Christ.
Ce qui est demandé, ce n'est pas de
nous conformer à un idéal. C'est bien là le cœur de cette page :
"Vous serez les fils du Dieu Très-Haut". Créés à l'image et à la
ressemblance de Dieu, ne soyons pas une caricature de celui dont nus
sommes les enfants et aspirons de tout notre cœur à lui être
fidèles.
Bien plus, à lui être semblables. En
définitive, c'est la contemplation de notre Père qui "est bon
pour les ingrats et les méchants", c'est la contemplation de
notre Père "qui est miséricordieux" qui nous fera comprendre
qu'il nous appelle à l'imiter en toutes choses. Quand je considère -
comme le dit le psaume que nous venons de chanter - que Dieu est
"tendresse et pitié", comme je dois laisser monter en moi le
désir d'être plus proche du Seigneur !
Non seulement le Psaume 102 nous parle
d'un Dieu de bonté et de miséricorde, mais bien des pages de
l'Ancien Testament le dise et le proclame. Comme il est capital de
saisir ainsi que l'appel du Christ est l'épanouissement de ce que
révélait déjà l'Ancien Testament.
C'est ce que va souligner saint Paul
qui, dans son épître aux Romains reprend les mots mêmes du Livre des
Proverbes. Méditant ceux-ci, écoutons aussi la conclusion de saint
Paul : "Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif,
donne-lui à boire; car, ce faisant, tu amasseras des charbons
ardents sur lui. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois
vainqueur du mal par le bien" (Rm 12, 20-21).
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