Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

7° dimanche de Pâques C

 

Actes 7, 55-60

Psaume 96

Apocalypse 22, 12...20

Jean 17, 20-26
 

 

 

 

7ème Dimanche de Pâques C

Père Jean-Yves Calvez,  jésuite

 

Frères et Soeurs. Nous voici à la fin du temps de Pâques. Nos lectures ont aussi, de ce fait, un certain ton de conclusion. D’abord, après le long récit sur Etienne dans les Actes, ses dernières paroles avant sa mort: “Je vois le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu”. Ensuite, les derniers mots de l’Apocalypse: le puissant appel, le cri du chrétien: “Viens, Seigneur Jésus, viens”. L’Evangile, de son côté,  est celui de la prière de Jésus pour les siens à la Cène juste avant la Passion. C’est à ce dernier que je vais m’arrêter davantage, pour en montrer quelques significations qui ne sont peut-être pas les premières comprises. Nous y voyons bien sûr la prière par excellence de Jésus pour nous, plus spécialement pour notre unité entre nous, et nous pensons à tout le scandale de la division des chrétiens. Non sans grande raison. “Que tous ils soient un”. “Qu’ils soient un”. “Que leur unité soit parfaite, ainsi le monde saura que tu m’as envoyé” (comment peut-il le croire s’ils sont divisés?). Mais il y a lieu de creuser aussi un peu plus le sens de l’unité dont il s’agit. Le texte dit bien: qu’ils soient un entre eux, mais il dit aussi: qu’ils soient un “en nous”. “Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi”. “Un en nous”: c’est-à-dire qu’ils soient vraiment en Dieu, et en son Fils Jésus Christ, de même. “Qu’ils soient avec moi”, dit également Jésus. Ici. Et ils le seront aussi, demain, auprès du Père: me voyant, dit Jésus, comme je suis, “aimé du Père dès avant la création du monde”, son Fils éternel donc, pas seulement intronisé après la mission sur  terre.

    Nous pouvons ainsi lire, dans la prière de Jésus, en cascade en somme, tous les aspects de notre foi: Dieu tout entier amour, Père ( et du coup la création est bonne, merveilleuse même). Puis, Dieu aime, d’abord, sans limite, son Fils même. Le Fils fait connaître ce Dieu qui aime. Ceux qui l’ont reconnu, ensuite, il les aime comme il aime son Fils (“tu les as aimés comme tu m’as aimé”). Le Fils leur fait connaître sans cesse davantage le Père: par l’Evangile, par la vie de la communauté chrétienne, par les exemples de saints... (“je leur ai fait connaître ton nom, et le ferai connaître encore”). Ainsi, ils auront eux-mêmes en eux l’amour “dont tu m’as aimé”, dit Jésus: ils partageront l’amour de Dieu même, pas moins. Et, dit Jésus, je suis alors moi-même en eux. Formidable présentation, dirai-je, de l’amour de Dieu répandu, recouvrant tout, multiplié, échangé, passé dans les hommes mêmes, à travers Jésus son Fils, notre frère. L’Eglise nous renvoie donc au monde en cette fin du temps de Pâques avec toute cette richesse de l’amour de Dieu, qui nous est venu, que nous devons faire bien nôtre ( nous devons “être en lui”, en lui et dans le Fils), et que vous devons répandre à notre tour, dès notre vie la plus quotidienne. Dieu est en nous, mêmes, en définitive: Jésus prie, et pas seulement à l’heure de la dernière Cène mais constamment, pour que nous soyons en lui et dans le Père. Ce n’est pas mesquin assurément, cette religion que le Christ nous a laissée, cette religion à laquelle il veut nous associer: car il veut nous associer à la vie, la vitalité dirai-je, à l’amour même de Dieu. Il parait incroyable à beaucoup (à tous, au premier abord) que l’homme soit appelé à cela. Pourtant, Frères et Soeurs, c’est arrivé. Et c’est là que nous avons à répondre. Viens, en effet, Seigneur Jésus. Qu’il nous y aide lui-même tous, relisons pour notre part ces jours-ci sa grande prière.