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Osée 2, 16b.17b.21-22
Psaume 102
2 Corinthiens 3, 1b-6
Marc 2, 18-22
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Huitième
dimanche
26 février 2006
Père Philippe Lécrivain, jésuite
Comme dimanche dernier, le texte de l’évangile nous fait assister à
une controverse entre Jésus et ses adversaires. Il s’agit du jeûne. Ce
débat qui peut nous sembler lointain, était alors important. Mais
reprenons les faits et tentons de voir leur portée.
C’est un jour de jeûne. Les pharisiens, voyant que les disciples de
Jésus ne jeûnent pas, sont choqués. Se tournant vers Jésus, ils
veulent le mettre en défaut. Comment se fait-il que tes disciples ne
fassent pas comme ceux de Jean le Baptiste ? Mais, par delà ce piège,
il y a une autre question. Comment peut-on ne pas respecter les trois
attitudes prescrites par la loi juive pour se préparer à rencontrer
Dieu ? L’aumône, la prière et le jeûne.
Cette seconde question est claire et c’est à celle-ci que Jésus
répond. Loin de donner tort à ses disciples, il les excuse. Mais il va
beaucoup plus loin. Il invite les pharisiens à changer de registre, à
quitter les rives de la loi et à le reconnaître. Il n’est pas
seulement un rabbi, un maître, il est l’Époux. Ne nous y trompons pas.
Pour un juif, ce titre a beaucoup de sens. C’est un titre divin. Dans
l’Ancien Testament, l’alliance conclue entre Dieu et son peuple est
comparée à des épousailles.
Mais voici qu’une nouvelle alliance s’esquisse. Jésus n’est-il pas
venu pour inviter tous les hommes au banquet des noces ? Dans le récit
évangélique de ce jour, Jésus prend ses contemporains à témoins et, ce
faisant, il nous interpelle aussi. Si ces disciples ne jeûnent pas,
c’est qu’ils sont les premiers invités à la noce, c’est qu’est
commencée la grande fête du salut qu’il faut accueillir joyeusement.
Dans la suite du texte, Marc prolonge cette réflexion en nous livrant
deux paraboles. Il veut souligner l’importance des temps nouveaux
inaugurés par la venue de Jésus. Les vieux vêtements, les vieilles
outres ! Tout cela, qui représente les usages de l’ordre ancien, ne
peut que craquer au contact de la nouveauté. L’évangéliste et sa
communauté ont bien conscience d’être entrés avec le Christ dans une
ère nouvelle. Mais, nous, où en sommes-nous ?
C’est à nous qu’il revient d’annoncer, par nos manières de vivre, que
l’Époux est parmi nous. C’est à nous désormais de susciter la fête et
d’inviter nos contemporains au repas des épousailles. Nous sommes à la
veille du Carême durant lequel nous allons être invités, de bien des
manières, à nous préparer, à nous dépasser, pour aller à la rencontre
de Celui qui vient. Un chemin de conver¬sion s'ouvre devant nous.
L’aumône, la prière et le jeûne ! Cette triple invitation de l’Ancien
Testament, nous avons à la retrouver à la lumière de l’Évangile et
dans le souffle de l’Esprit. L’aumône, la prière et le jeûne ne
peuvent plus être seulement des prescriptions rituelles, elles doivent
être aussi considérées comme des chemins de libération, de liberté et
d’amour : Aimer Dieu et son prochain, comme soi-même !
Qu'est-ce à dire, en ces temps de mutation sociale, culturelle et
religieuse ? Non pas s'éver¬tuer à inventer un nouveau pro¬gramme aux
alinéas multiples, mais centrer son regard sur la nouveauté qui est en
Christ, Non point désespérer de soi ou d'autrui, mais s’efforcer de
devenir des hommes et des femmes debout et responsables.
Et pourquoi ne pas se préparer à la rencontre du Seigneur en
s’adonnant à la prière et à l’aumône, vécues en adultes, dans
l'abstinence de ce dont nous sommes les plus accrocs. Tant de choses,
tant d’habitudes, légères ou importantes, obscurcissent nos relations
et nous empêchent d’être heureux et joyeux, comme il convient aux
invités de la noce.
Le jeûne qui plaît au Seigneur, disait déjà le psalmiste, est un cœur
qui se brise d'aimer. Discernons donc de quel jeûne nous avons besoin
pour être ajustés à Celui qui est amour pour toujours.
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