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Noël - Année C
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vendredi 25
décembre 2009 |
Père Pierre Faure, diacre jésuite
Nous ne pouvons que rester
impressionnés, et peut-être un peu débordés, devant l’ampleur de ces paroles admirables.
Peut-on trouver dans le christianisme un texte plus grand et plus fort, que ce
Prologue de l’évangile de Jean ? Existe-t-il une annonce de la Bonne
Nouvelle qui unisse aussi bien le ciel et la terre, l’homme et Dieu, le passé
et l’avenir, l’origine et la fin, l’histoire et la foi, la création et le
salut, la parole humaine et l’amour de Dieu ?
D’ailleurs nous ne sommes pas les
premiers à être touchés par ce texte. Dès les premiers âges de l’Eglise il jouissait
d’un extraordinaire prestige. Les historiens rapportent qu’au Moyen Age les
fidèles attribuaient même à ce texte une vertu de protection et de bénédiction.
Certains portaient ce texte sur eux, en permanence. D’autres souhaitaient
l’entendre chaque jour. La liturgie médiévale prévoyait de le lire dans la
chambre des malades, avant de leur donner l’extrême onction. Et il était lu aussi
sur l’enfant que l’on venait de baptiser. Je me souviens, que, comme enfant de
chœur, j’entendais le prêtre lire ce texte en latin à voix basse à la fin de
chaque messe, comme s’en souviennent sans doute les plus anciens d’entre
vous ! Enfin, voila plus de 400 ans que la liturgie romaine nous fait
entendre ce texte à la messe du jour de Noël.
A vrai dire, l’ampleur et la
hauteur de vue de cette première page de l’évangile de Saint Jean est en bonne
compagnie, ce matin, avec les autres lectures qui l’accompagnent. Chacun de ces
textes, à sa manière, ouvre, élargit et agrandit le regard de notre foi.
Isaïe, le grand voyant, nous
montre « toutes les nations, d’un bout à l’autre de la terre, qui voient
le salut apporté par Dieu ». Puis, comme souvent, le psaume fait écho à
Isaïe : « la terre entière… la terre tout entière a vu la victoire de
notre Dieu. »
Enfin la lettre aux Hébreux,
écrite bien avant l’évangile de Jean, voit déjà le Christ à l’origine et au
terme du monde et de notre foi : « Dieu nous a parlé par ce Fils
qu’il a établi héritier de toutes choses, et par qui il a créé les mondes.
Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son être, ce
Fils porte toutes choses par sa parole puissante… il est le Premier-né dans le
monde à venir… »
Après avoir laissé notre regard
et notre foi prendre de la hauteur et de la largeur, je voudrais retenir deux
paroles de ce texte de Jean, que nous pourrions emporter avec nous comme une
sorte de cadeau, de trésor, de lumière.
- D’abord la Bonne nouvelle de
Noël : celui qui est en Dieu depuis l’origine, la vraie lumière qui
éclaire tout homme, entre dans notre humanité sous les traits d’un enfant. « Le
Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. » Et voilà qu’il n’est
plus possible d’aimer Dieu sans aimer l’homme. Et voilà qu’il est possible de
rencontrer Dieu sous les traits de tout homme, s’il devient mon prochain. Voilà
ce que fait Dieu en son Fils Jésus Christ. A la fin de sa vie Saint Jean
dira même : « Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils
connaissent Dieu. (1 Jean 4, 7) »
- Et c’est la deuxième parole que
je voudrais retenir : « Le Christ nous a donné de pouvoir devenir
enfants de Dieu. » Par le baptême, chacun de nous a reçu une filiation
adoptive, plus essentielle encore que notre filiation charnelle. Jean nous
dit : « Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté
charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Que
nous puissions nous-mêmes naître de Dieu, voilà finalement le véritable enjeu
de la fête de Noël. Si Dieu se fait homme, c’est bien pour que nous puissions
partager sa propre vie, et devenir réellement ses propres enfants. Et nous
savons bien que cette vie traverse la mort. Parce qu’elle est la vie même de
Dieu, elle est éternelle. La mort ne peut rien contre elle.
Alors peuvent monter en nous la
louange et la joie pour le bonheur de vivre d’une telle vie.
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