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Dimanche des Rameaux et
de la Passion A
Matthieu 21, 1-11
Isaïe 50, 4-7
Psaume 21
Philippiens 2, 6-11
Matthieu 26,14-27,66
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Dimanche des
Rameaux et de la Passion (A)
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
Hosanna au fils de David
Le roi c’est la tête du peuple,
il représente le peuple devant les autres nations, il prend soin du
plus pauvre dans le peuple c’est son devoir, il gouverne selon la loi
reçue de Moïse, il parle avec Dieu pour le bien du peuple comme un
fils parle à son père.
La foule acclame en Jésus le fils de
David, ils le reconnaissent comme quelqu’un qui a déjà pris soin d’eux et ils
attendent davantage de lui. En cela ils ne se trompent pas. C’est lui qui a
multiplié les pains, c’est lui qui a guéri les malades. La foule lui fait un
accueil royal et messianique en étalant manteaux et feuillages sur le chemin.
« Hosanna au fils de David ». « Hosanna » : « Donne le salut ».
Jésus a préparé son entrée à
Jérusalem en choisissant de monter sur un âne. Etre porté par un âne est un
signe de dignité, on est plus haut et donc plus visible des autres. Mais un
âne est un animal modeste et humble. Salomon au jour de son intronisation
était monté sur un âne. Un âne n’a ni la fierté ni l’orgueil du cheval. Jésus
choisit d’entrer humblement dans Jérusalem. Jésus accepte la reconnaissance de
la foule et néanmoins un malentendu demeure et demeurera entre eux. La foule,
elle, attend un libérateur qui va rétablir le royaume terrestre du roi David
et libérer Israël de l’occupant romain. Jésus, lui, travaille avec son Père à
la réconciliation de tous les hommes et en particulier à la réconciliation du
juif et du païen pour que tombe le mur de haine qui est entre eux et que
puisse être réuni le nouveau peuple de Dieu.
Jésus est désigné comme roi
par l’autorité romaine. Pilate l’interroge : « Es-tu le roi des juifs ? »,
Jésus répond « C’est toi qui le dis » et puis il ne dit plus rien.
Au dessus de sa tête sur la croix, Pilate
fera inscrire : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ». Roi humilié, roi
rejeté, roi crucifié.
Après la mort de Jésus et dans la lumière
de la résurrection, l’apôtre Paul écrira aux Philippiens en confessant sa foi
au sujet de Jésus : « Il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à
mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de
tout afin que toute langue proclame : Jésus Christ est Seigneur pour la gloire
de Dieu le Père ».
Voilà le mystère que nous
célébrons dans l’eucharistie : il s’est abaissé pour nous et le Père l’a élevé
dans la gloire. Ce mystère, nous le portons en nous et entre nous en ce monde
comme un trésor dans des vases d’argile, comme un petit âne porte sur son dos
le corps du Christ. |