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Dimanche
des Rameaux et de la Passion - Année
C
Luc 22,
14-23, 56
Père
Jean-Paul Mensior, jésuite
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dimanche 28 mars 2010 |
En nous faisant entendre coup sur coup l’entrée triomphale de Jésus
à Jérusalem, puis le récit de sa Passion, la liturgie met en lumière
la nouveauté de l’Evangile et de l’évènement pascal.
Car l’entrée de Jésus à Jérusalem, ce n’est pas l’entrée de César dans
Rome après une victoire. La scène des rameaux appartient à l’illusion,
et la Passion de Jésus en est le démenti.
En effet que voyons-nous. Devant le paroxysme de l’injustice et de la
violence, apparemment Dieu reste muet. En réalité, c’est maintenant la
croix qui parle en son nom. Non, Dieu n’est pas muet : son langage est
désormais le langage de la croix.
Que nous dit-elle ? Elle nous dit que la souffrance du monde est la
souffrance de Dieu. Car le Christ s’est identifié à tout souffrant du
monde. Il nous l’a dit lui-même : cet assoiffé, ce prisonnier, cet
exclu, c’est moi. Cette femme méprisée, ce drogué à la dérive, cet
enfant indignement traité, c’est moi. C’est donc lui, Jésus,
l’identité, réelle bien que cachée, de tous les méprisés, de tous les
rejetés et de toutes les victimes de la violence meurtrière des
hommes.
C’est pourquoi nous ne pouvons pas écourter la Passion du Christ,
c'est-à-dire du Fils de Dieu dans la chair, comme le récit d’un fait
divers qui serait extérieur à nous parce qu’il s’est déroulé il ya
deux mùille ans. A travers les protagonistes historiques de ce drame,
c’est des hommes de tous les temps dont il s’agit. Donc, de nous.
Et c’est pourquoi Pascal dit vrai, quand il écrit : « Jésus sera en
agonie jusqu’à la fin du monde » et qu’il ajoute « il ne faut pas
dormir pendant ce temps-là ». Si le Christ souffre, ce n’est pas
seulement à cause du péché. Mais c’est parce qu’il a pris sur lui la
souffrance insondable du monde.
Que l’Esprit de Jésus, mort et ressuscité, nous rende vigilants, et
ouvre nos cœurs à la compassion devant l’étendue et la profondeur de
cette souffrance.
© Compagnie de Jésus
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