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Ascension du Seigneur (A)
1er
mai 2008
Père
Jean-Jacques Guillemot, jésuite
Actes
1, 1-11
- Ephésiens 1 , 17-23 - Matthieu 28, 16-20
La mort de Jésus avait été pour ses disciples- et surtout pour les
Apôtres – une profonde tragédie . Ils avaient placé tous leurs
espoirs en ce jeune prophète. Pour le suivre ils avaient tout
abandonné – leurs biens, leur métier , leur famille . Alors qu’ils
avaient tout misé sur lui voici que tout s’était écroulé . La phrase
qui nous indique le mieux ce que pouvait être leur état d’esprit est
celle des deux disciples d’Emmaüs : « Nous pensions que c’était lui
qui devait libérer Israël... » (Luc 24 , 21). Nous pensions que… et
puis voilà !…
Les apparitions de Jésus dans les temps qui suivirent sa mort et sa
résurrection furent comme un moment de transition accordé pour aider
les disciples à faire le deuil de toutes leurs attentes humaines
.Jésus les habituait ainsi peu à peu à son absence.
Le début des Actes montre bien que la dernière apparition de Jésus
ou son Ascension fut la fin de cette période de deuil et le
commencement d’une période nouvelle. Non pas le deuil du Christ chez
les Apôtres mais le deuil de leurs attentes trop humaines . Et
période nouvelle qui est début de l’Eglise . Tout ce qui concerne
Jésus – ce qu’il a fait et ce qu’il a enseigné – Luc l’a consigné
dans son Evangile. Dans le nouveau livre qu’il commence – les Actes
des Apôtres - et qu’il adresse à son ami Théophile, Luc va raconter
l’histoire des commencements de l’Eglise.
Le récit de l’Ascension est l’un des récits concernant Jésus où l’on
trouve le plus de différences d’un évangéliste à l’autre, aussi bien
concernant le moment que le lieu où se produit l’événement, ou
encore les paroles prononcées par Jésus . Il ne faut donc pas lire
ces récits avec des catégories spatiales ou temporelles. Le message
que chacun des évangélistes veut nous livrer concerne le passage du
ministère de Jésus au ministère de l’Eglise. L’Eglise commence sa
mission à ce moment précis.
C’est le récit de Matthieu qui nous est proposé aujourd’hui.
Arrêtons-nous un instant sur les paroles du Christ. Il affirme
d’abord que « tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ».
A première vue, il est surprenant d’entendre Jésus parler ainsi de «
pouvoir », alors que durant sa vie terrestre il a refuser d’exercer
le pouvoir. Mais le paradoxe évangélique est précisément que c’est
celui qui s’abaisse qui est élevé. Comme le dira si bien le très bel
hymne christologique repris par Paul dans sa lettre aux Philippiens
: « Il s’est anéanti, il s’est fait obéissant jusqu’à la mort… c’est
pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le nom de Seigneur. »
(Philippiens 2 , 9) - le nom de Dieu. Le Christ a donc pleine
autorité sur ses disciples et il les envoie, tout comme le Père
l’avait envoyé. « Allez donc ».
Leur mission est « de faire des disciples de toutes les nations, les
baptisant et leur apprenant à garder tous les commandements qu’Il
leur avait donnés ». Comment feront-ils ? Essentiellement en étant
ses témoins à travers leur propre existence. C’est ce que nous avons
entendu dans le texte des Actes des Apôtres : « Vous serez mes
témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux
extrémités de la terre. »
Où trouveront-ils la force de remplir cette mission ? Dans la simple
promesse qui leur est faite par le Christ : « Je suis avec vous tous
les jours jusqu’à la fin du monde ». Non pas « je serai » mais bien
« je suis », au présent.
Cette mission transmise aux disciples est aussi la nôtre. Quelle que
soit notre vocation particulière au sein de l’Eglise, nous sommes
tous appelés à être témoins du Christ ressuscité à travers notre vie
chrétienne. Demandons alors au Seigneur, au cours de cette
Eucharistie, d’être toujours fidèles à cette mission, forts de la
certitude qu’il est toujours avec nous, présent dans notre monde,
dans notre Eglise et en chacun de nos cœurs. Amen.
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