Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

Ascension B

Marc 16, 15-20

 

 

 

Ascension du Seigneur B

     Père Jean-Marc Furnon, jésuite

 

L’ASCENSION : UN MYSTERE JOYEUX
L’Ascension est un mystère joyeux. C'est le deuxième volet de la Résurrection de Jésus qui s'accomplit. Jésus, enlevé au ciel, s’assit à la droite de Dieu. C’est ce dont témoignent les fresques byzantines en Orient ou à Rome, le tympan de Vézelay et tant d’autres représentations des icônes : le Christ en majesté assis dans la gloire ; ainsi s’accomplit ce que disait le psaume 46 : « Dieu est assis sur son trône sacré ».
- Dans un premier temps, Jésus a été tiré de la mort par son Père et, par là, sa divinité a été manifestée à ses disciples les consolant et les confortant après l’épreuve de la Passion.
- L’Ascension, c’est le deuxième temps : ces images qui rappellent l’invisible : le Père accueille son fils dans la gloire. C'est la joie de la rencontre du Fils et du Père dans l’Esprit. C’est une joie à laquelle nous pouvons être associés. Saint Ignace lorsqu’il contemple le mystère de la résurrection demande à Dieu de recevoir la grâce afin d’éprouver intensément l’allégresse et la joie pour tant de gloire et de joie du Christ notre Seigneur.

L’Ascension est aussi une grande joie pour nous directement parce que par son Ascension, Jésus nous a précédés près du Père dans la gloire et que là nous vivons déjà en espérance : nous avons les pieds sur terre et Lui, la tête du corps, il est près du Père ; nous vivons les pieds sur terre et unis à Dieu dans notre coeur. Entre le Père et le Fils est accueillie l'humanité traversée par le souffle de l'Esprit en Jésus-Christ. C’est toute l’espérance que nous exprimons dans l’eucharistie qui se réalise déjà lorsque nous disons à l’offertoire : « Comme cette eau se mêle au vin, pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ».

L’ASCENSION OUVRE LE TEMPS DE L’EGLISE
Les Actes des apôtres nous disent : « Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans la nuée ». L’Ascension du Seigneur c’est le moment où commence le temps de l’Eglise : l’Eglise qui attend l’Esprit Saint, l’Eglise qui témoigne du Christ, entre son départ et son retour dans la gloire à la fin des temps. C’est le temps de l’histoire qui continue alors que Jésus de Nazareth n’est plus là ; Celui qui a été mis à mort n’y revient pas de manière magique comme si la mort sur la croix n’avait pas eu lieu.
C’est le temps pour les apôtres d’entrer plus avant dans le désir de Jésus de rejoindre l’humanité pour témoigner de l’amour du Père des cieux et de la venue du Règne de Dieu : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » ; ce désir de Jésus que l’humanité trouve et retrouve le chemin de la vie, ce cœur brûlé de l’amour des autres qu’il a appelé ses disciples, ses amis, ses frères. « Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle » nous dit l’évangéliste. L’Esprit de Jésus fortifie en eux le désir qui habitait Jésus dans son incarnation.
Nous, nous sommes comme la première génération qui n'a pas connu Jésus de Nazareth. Comme Saint Paul, comme les Ephésiens, comme Luc, Agathe, Cécile, Blandine et tous les autres nous avons reçu la Parole de Jésus grâce à ce que les apôtres, Marie, les femmes et les premiers témoins ont dit à la première génération de chrétiens. Nous sommes appelés à croire en sa Parole sans l’avoir vu.
Nous faisons aussi l’expérience de l’Esprit Saint. Comme les apôtres, Saint Paul et les premiers chrétiens ; la même expérience. La montée au ciel de Jésus ne nous est plus accessible aujourd’hui ; ce qui demeure visible à nos yeux c'est le départ en mission des disciples de Jésus qui vont, aujourd’hui encore, témoigner du Christ jusqu'aux extrémités de la terre ; les uns au plus loin, les autres au plus proche. Ils vivent un déplacement par amour qui témoigne pour nous du travail caché de l’Esprit de Jésus dans les cœurs : le cœur de ceux qui annoncent, le cœur de ceux qui accueillent leur témoignage.