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Le Christ,
Roi de l'univers A
Matthieu 25,31-46
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Fête du Christ,
Roi de l'univers
A
dimanche 20 novembre 2005
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
Devant nous, sur la croix de notre église. A l’époque romane, en catalogne,
les chrétiens qui nous précèdent ont représenté le Christ Jésus, revêtu d’une
tunique royale avec une belle ceinture, les cheveux et la barbe bien peignés ;
plein de majesté : c’est un roi. La croix de la souffrance et de la mort
devient la croix de gloire, la croix eschatologique. Ainsi la résurrection
illumine le mystère pascal : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts pour
être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Co 15,20).
Ce choix de l’époque romane nous dit que nous sommes appelés à vivre nos vies
et, dans nos vies, l’épreuve de la mort profondément tournés vers la lumière
de la résurrection. Le Christ Jésus nous accompagne et nous attend à la fin
des temps. Notre foi c’est que grâce à lui l’histoire des hommes est vraiment
orientée. La croix plantée est ce qui tient bon dans l’histoire des hommes ;
elle est un repère solide. Des chrétiens qui lisaient dans l’évangile : « Béni
soit le Seigneur, le Dieu d’Israël qui visite et rachète son peuple… par
l’amour du cœur de notre Dieu qui vient nous visiter ; Soleil levant, lumière
d’en haut sur ceux de la ténèbre qui gisent dans l’ombre de la mort, et guide
pour nos pas au chemin de la paix » (Lc 1, 68-79). Au Proche Orient, ils se
sont tournés avec leur corps vers le soleil levant, c’est à dire vers l’Est,
en célébrant pour dire leur foi. Pour nous, la croix du Christ toute proche de
l’autel, point focal dans la liturgie, vers laquelle nous sommes tous tournés,
rappelle que c’est vers lui que nous désirons être tournés du fond de notre
cœur et, à sa suite, vers le Père. « Alors, tout sera achevé quand le Christ
remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les
puissances du mal. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort. Alors,
quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir
du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous » (1 Co 15,
28).
A sa lumière nous marchons dans l’histoire. Par sa parole nous nous laissons
orienter. Sa lumière est simple : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de
ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt
25, 40). L’évangile nous a raconté que Jésus a laissé venir à lui les pauvres,
les malades, les lépreux, les boiteux, Marie Magdeleine la pécheresse
publique, la femme adultère, le collecteur d’impôts. Jésus ne s’est pas
détourné d’eux. Il les a accueillis. J’avais faim, soif, j’étais étranger, nu,
malade, en prison. Récemment, un ami, en sortant de chez lui à Lyon a trouvé
devant sa porte, dans le caniveau, un jeune homme de 20 ans dans le coma. Il a
fait le 112 sur son portable et les pompiers sont arrivés. Il ne l’avait pas
cherché, il l’a trouvé, il ne s’est pas détourné de cet homme. L’homme est la
route de l’Eglise nous disait Jean-Paul II ; l’homme, les hommes, les plus
petits : nus, malades, en prison, et Jésus dit d’eux : « ils sont mes frères
». Saint Alberto Hurtado a eu le cœur bouleversé quand un soir de 1944, alors
qu’il rentre chez lui à Santiago du Chili, un homme souffrant d’une grave
amygdalite et tremblant de froid sous la pluie, se presse vers lui et lui
demande de l’aide. Alberto voit aussitôt dans cet homme le visage du Christ
souffrant qui erre dans les rues de sa ville. « Le Christ n’a pas de foyer,
dit-il autour de lui, ne pourrions-nous pas lui en offrir un nous qui avons la
chance d’avoir un foyer confortable ? ». Hurtado nous invite à nous souvenir
de tous ceux que nous avons rencontrés sur notre chemin, tous ceux dont nous
avons pu deviner la souffrance et l’angoisse. Il appelle à attaquer les effets
de la misère mais aussi leurs causes. Il nous invite à les aimer pour les
faire vivre comme des hommes dans la lumière et la seule lumière,
affirme-t-il, c’est le Christ, la vraie lumière de tout homme qui vient dans
ce monde (Jean 1,9). Le Christ nous apporte une lumière qui oriente notre vie
vers l’essentiel.
Comment comprendre ce mystère de l’identification du Seigneur aux plus petits
? son identification à quelqu’un qui n’a pas la force de s’en tirer tout seul
? Celui qui est roi et qui est le roi de tous dans le peuple s’identifie au
plus petit de son peuple. Il nous révèle que c’est en cela qu’il est roi en
s’identifiant au plus petit jusque dans sa mort.
Roi de silence,
Roi qui se tait devant l’offense,
Roi de patience et de bonté
Roi de lumière,
Roi humilié dans la poussière,
Roi de prière et de clarté.
Roi de largesse,
Roi qui console nos détresses,
Roi de tendresse en nos duretés.
« C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au dessus de
tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et
aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la
gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2,6-11).
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