Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

dimanche des Rameaux et de la Passion C

 

Luc 19,28-40

Isaïe 50,4-7

Psaume 21

Luc 22,14-23,56
 

 

 

  

Dimanche des Rameaux et de la Passion C

Père Marc Rastoin,  jésuite

 

«ºTous ses amis se tenaient à distance ainsi que les femmes qui l’accompagnaient depuis la Galilée » (Luc 23,49). Paradoxe d’aujourd’hui : nous fêtons la joie de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem et nous entendons aussi comme en anticipation le récit de toute la semaine qui suivra… où Jésus se retrouvera seul. Seul avec son Père. « Père, entre tes mains, je remets mon Esprit » (Luc 23,46).

Ne croyons pas que nous aurions été meilleurs que tous ceux qui étaient présents à Jérusalem… ni pires. Nous sommes aujourd’hui la multitude qui acclame avec joie (Luc 19,37) comme nous serons celle qui se lamentera (Luc 23,27). « Je ne vaux pas mieux que mes pères » (1 Rois 19,4) disait le prophète Elie. Pas plus mais pas moins.

Disons-le tout net : il ne s’agit pas en ces jours d’abord de ressentir des émotions, comme certain film récent nous le propose, mais d’accepter, humblement, de nous « tenir à distance »… de nous tenir à la ‘juste’ distance… Et si nos cœurs nous semblent comme des pierres, souvenons-nous que Dieu seul peut des cœurs de pierre que nous sommes « faire surgir des enfants à Abraham » (Luc 3,8) et susciter en nous la foi.

Ces disciples et ces femmes, qui étaient là il y a deux mille ans, n’étaient ni meilleurs ni pires que nous. Ils étaient comme nous et Jésus leur a pardonnés. Ils étaient comme nous et Jésus les a aimés.

Que notre amour se mette dans les actes plus que dans les paroles. Que notre foi ne soit pas sentimentale mais active. Que notre espérance ne soit pas passive mais persévérante…

Souviens-Toi de nous, Seigneur, « quand tu viendras avec ton Royaume » comme nous nous souvenons aujourd’hui de Toi en priant pour que « Ton règne vienne ». Amen.