L’Evangile de ce jour n’est pas une légende sur laquelle la tradition
aurait brodé en faisant de ces mages des rois peut-être à cause des
présents qu’ils offrent à l’enfant Jésus…
A travers ces personnages mystérieux, l’Evangile nous livre un
enseignement profond sur la recherche de Dieu et la reconnaissance du
Christ. Recherche, rencontre et reconnaissance du Dieu unique qui ne
se limite pas à un peuple, le peuple d’Israël, ou un groupe
particulier comme l’a si bien compris Paul : ce mystère, le mystère de
Dieu parmi nous, concerne aussi les païens puisqu’ils sont associés au
même héritage… Cette recherche, cette rencontre, cette reconnaissance
concerne tout homme : quelque soit sa race, sa culture, son origine.
Dans la nuit de Noël, ce sont les bergers, les plus petits parmi les
petits d’Israël qui ont découvert en ce petit d’homme le Sauveur tant
attendu et qui sont repartis en chantant les merveilles de Dieu.
C’étaient les plus petits et les plus proches de Jésus Aujourd’hui
c’est le tour des plus grands et des plus lointains, c’est le tour de
ces mystérieux mages. Mais qui sont ces mages ? Ils viennent d’Orient
nous dit l’Evangile. Autrement dit ils viennent façonnés d’une autre
culture, d’autres traditions que celles du peuple juif, d’autres
religions. Ce sont des hommes de culture, de science : ils étudient
les étoiles, ils connaissent leur disposition. Ils sont attentifs aux
signes de leurs temps et ils savent les interpréter. Ce sont des sages
qui, allant au bout de leurs recherches et de leurs questionnements,
acceptent de se laisser déplacer, d’entrer en marche, d’aller même
jusqu’à se laisser enseigner par des sages d’une autre nation, ceux
qui connaissent les Ecritures d’Israël, pour aller vers cet inattendu
roi de Gloire, qui se donne à contempler dans ce nouveau-né, dépourvu
de tout moyen de puissance. Et ces mages iront jusqu’à se prosterner
pour l’adorer en lui déposant ce qui constitue peut-être le trésor de
leur vie… Il y a d’autres personnages qui eux resteront sur leur
savoir, leur pouvoir, et ne se mettront pas en route… Ce sont Hérode,
ses grands prêtres et ses scribes. Une inquiétude les tenaille,
l’inquiétude de perdre le pouvoir si un nouveau roi venait à régner.
Inquiétude qui se transformera en peur et, au lieu de quitter cette
peur qui les saisit pour consentir à la foi en ce qui leur échappe,
ils préféreront prendre la décision de tuer. Préférant rester dans
leurs ténèbres, ils passeront à coté de la très grande joie qui
illuminera et remplira le cœur des mages… Et nous lequel de ces deux
groupes d’hommes voulons suivre ? Les mages nous montrent un chemin.
Il s’agit de prendre les moyens, accepter de se mettre en route,
accepter de chercher longuement, accepter d’être enseigné par ceux qui
connaissent l’Ecriture, accepter de suivre la voix de sa conscience et
de faire humblement l’offrande du bien le plus précieux, l’offrande de
sa vie au Christ.
Le chemin du sage est humble comme celui d’un enfant confiant. Pour le
chercher et pour trouver la joie, il faut utiliser toutes les
ressources de son intelligence et celles de son cœur. Intelligence et
adoration, intériorité et rencontre, ne se contredisent pas, nous dit
Matthieu, elles marchent main dans la main comme des sœurs.
Et nous, nous laisserons nous mettre en route par l’étoile qui
apparaît dans le ciel de notre vie et qui nous incite à nous mettre en
route ? Alors une grande, une très grande joie nous est promise… Elle
sera le signe de la présence vivante du Christ dans nos vies.