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Jour de Noël C
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Messe du Jour
de Noël C
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
LA PAROLE AGIT DANS LE SILENCE
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu.
Notre foi de chrétiens et, avant nous, la foi d’Israël c’est qu’au
commencement, la Parole de Dieu a créé le monde. Le Verbe a agit en silence
préparant pour l’homme un monde où il puisse vivre. Le Verbe engendre la vie
et la vie illumine nos routes.
La parole ne fait pas de bruit et nous croyons souvent qu’elle n’existe pas
parce qu’elle ne fait pas de bruit. Les arbres font-ils du bruit quand ils
poussent ? fait-il du bruit le rejeton qui pousse sur le tronc de Jessé.
« Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y remontent pas sans
avoir arrosé la terre, l’avoir fécondée et fait germer, pour qu’elle donne
la semence au semeur et le pain comestible, de même la parole qui sort de ma
bouche ne me revient pas sans résultat, sans avoir fait ce que je voulais et
réussi sa mission » Isaïe 55,10-11
Pendant des siècles, la vie émergeait et elle était signe du Verbe, jusque
dans le sein de Marie. Patiente, la parole a agit dans le silence et par la
voix des prophètes. Le Verbe que nous fêtons aujourd’hui sortira lui-même du
silence après trente ans à Nazareth pour rencontrer l’homme.
DEVENIR ENFANTS DE DIEU
A ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu
Le Verbe est venu à nous pour que nous devenions enfants de Dieu, pour que
nous partagions sa condition de fils et sa divinité.
Devenir enfant de Dieu est un don. Le Verbe s’est fait chair. Le
Verbe/stable/sûr/qui ne meurt pas…se fait …chair/chose qui
passe/précaire/qui mourra. Et cela « pour » nous. Et sur ce mouvement de
kénose du Fils unique de Dieu, le Père dit une parole : Tu es mon Fils,
aujourd’hui je t’ai engendré (Actes 13,33, Hébreux 5,5). Voilà bien la seule
parole qui habite le cœur de Dieu le Père : il aime son Fils et, dans le
Fils, il nous voit et il nous aime. « Je serai pour lui un père, il sera
pour moi un fils ».
Devenir enfant de Dieu est un don mais nul ne peut devenir enfant de Dieu
s’il n’accueille ce don. C’est ce qui est arrivé avec Marie, elle qui a dit
: Qu’il me soit fait selon ta parole.
Recevoir le don de Dieu, accueillir la paternité d’un autre c’est consentir
à entrer dans une confiance filiale et dans l’humilité. Cet acte de recevoir
d’un autre le don d’être fils conduit l’homme debout, indépendant, autonome
et fier à renoncer à ce qui est de l’ordre de la corne dont nous parlait le
livre de Daniel pendant le temps de l’Avent, la corne de l’orgueil. C’est un
combat.
Ce combat se passe au cœur de l’homme. Dans ce lieu intime et caché qui
reçoit la Visite de la Parole, qui s’ouvre ou se ferme à cette visite. Lieu
de la conversion et de la naissance de l’homme nouveau. La parole accueillie
engendre la vie dans la chair de l’humanité. J’en suis témoin, pour moi-même
et pour d’autres.
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La liturgie nous invite à nous situer à certains moments de la Révélation.
Aujourd’hui, c’est la Nativité : le Christ est en nous à l’état naissant et en
promesse de croissance. La foi de Noël, c’est de faire confiance à la vie qui
surgit, aux choses pendant qu’elles sont encore petites et faibles.
Il y a un sens à donner sa vie à la suite du Verbe incarné pour que d’autres
puissent devenir enfants de Dieu ; voilà ce que les chrétiens appellent une
vocation, quelque en soit la forme. C’est le seul but vraiment humain d’une
vie d’homme.
Devenir enfant de Dieu est une promesse pour tout homme. L’autre, proche ou
lointain, est appelé lui aussi. C’est pour lui et pour moi que le Seigneur est
« Prince de la Paix ». Cette promesse nous appelle au respect à l’égard de
tout homme.
O Dieu, notre Père,
fais-nous participer à la divinité de ton fils,
puisqu’il a voulu prendre notre humanité.
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