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Messe du Jour de
Pâques (A)
Père Jean-Marc Furnon, jésuite
La foi de l’Eglise
« Vous êtes morts
avec le Christ ». Mais qu’est-ce qui de nous est mort avec le
Christ ?
- Ce qui est mort avec le Christ
c’est notre péché ; il l’a pris sur lui et notre péché a été brûlé
avec lui dans sa mort. Ce qui est mort et ce qui doit encore mourir
c’est le vieil homme en nous, notre côté mondain mais aussi le fils
d’Adam que nous sommes né dans la finitude.
- Mais ce qui est mort avec le
Christ ce n’est pas seulement le péché et la finitude. C’est aussi
notre côté « grain de blé » semé en terre ; le meilleur de nous même
planté, abandonné et, d’une certaine manière, perdu à nos yeux. Tout
ce que nous avons vraiment donné : notre amour, nos vies, nos corps,
toute notre liberté.
« Vous êtes morts
avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu ».
Votre vie n’a pas été vécue pour rien, elle n’est pas morte au sens du
monde ; elle existe pour Dieu. C’est ce qui est arrivé à Jésus
lui-même, grain de blé tombé en terre : vie cachée auprès de Dieu tout
au long du samedi saint.
Alors « Quand
paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec
lui en pleine gloire ». Voilà le mystère que porte l’Eglise en ce
monde; voilà le mystère dans lequel sont plongés Marie-Madeleine, le
disciple que Jésus aimait et Pierre au matin de la Résurrection. Ils
découvriront peu à peu ce mystère de notre foi.
Marie Madeleine, c’est
l’Eglise qui aime
Parce qu’elle est une
femme et qu’elle a reçu, comme femme, cette grâce particulière d’être
proche du corps de l’homme à sa naissance, dans la rencontre de
l’amour et au moment de la mort, Marie Madeleine est là.
Parce qu’elle est une
pécheresse pardonnée et aimante, qu’elle est debout dans son cœur,
qu’elle a retrouvé une attitude « juste » à l’égard de l’homme Jésus,
Marie Madeleine est là comme une « sentinelle de l’Invisible ».
Marie Madeleine,
c’est l’Eglise qui, par amour de son Seigneur, se risque dans la
faiblesse désarmée alors qu’il fait encore sombre dans la vie du
monde.
Le disciple que Jésus aimait,
c’est l’Eglise qui croit
« Il vit et il
crut ». Il a vu la pierre enlevée du tombeau, le linceul, le linge
qui avait recouvert sa tête, roulé à part à sa place. Il a vu
l’absence du corps de Jésus et il a perçu l’atmosphère de paix qui
régnait dans ce tombeau vide : les linges ne sont pas en désordre,
comme si quelqu’un était venu voler le corps de Jésus en catastrophe ;
les linges sont roulés d’une manière qui témoigne de la paix.
Parce qu’il était le
disciple que Jésus aimait et qu’il a fait partie avec Marie la mère de
Jésus, de la dernière communauté rapprochée autour de Jésus au pied de
la croix, ce disciple est là. Il constate l’absence du corps de Jésus,
il croit en la présence vivante de son Seigneur.
Pierre, c’est l’Eglise qui
obéit à son Seigneur
Pierre a entendu
Marie-Madeleine leur annoncer la nouvelle. Pierre a été précédé par la
foi du disciple que Jésus aimait.
Parce que Jésus lui a
dit un jour : « Pierre, tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai
mon Eglise ». Pierre est là.
Pierre c’est l’Eglise
qui obéit à son Seigneur. Non pas parce qu’il aurait les aptitudes de
courir plus vite qu’un autre mais parce que Jésus lui a fait confiance
au delà de ses faiblesses, de sa pauvreté, de son reniement. Voilà
l’Eglise, précédée par certains de ses membres, Marie-Madeleine et le
disciple que Jésus aimait ; l’Eglise qui accueille la diversité des
charismes dans le corps ecclésial, l’Eglise qui reçoit la nouvelle de
la résurrection de son Seigneur et qui la confirme au nom de la
mission qu’elle a reçue.
Ils sont trois :
Pierre, Marie-Madeleine et le disciple que Jésus aimait. Ensemble, ils
sont l’Eglise qui ose relier ce qui arrive aujourd’hui et les paroles
de Jésus qui avait annoncé à ses disciples qu’il ressusciterait. Acte
de foi inimaginable qui affirme : c’est lui, Jésus, le Christ attendu,
il est ressuscité, il est vivant !
Ce qui est divin dans
la foi, c'est que la foi de chacun est une relation personnelle et
unique avec Dieu et elle nous met en même temps en communion avec des
frères. On ne croit pas tout seul, on croit personnellement et on
croit ensemble.
Notre foi repose sur
la foi des premiers chrétiens. Cette foi fait notre unité et cette foi
est ce que nous avons de commun avec toutes les générations de
chrétiens depuis 2000 ans. Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui.
Le Seigneur est
ressuscité. Alleluia !
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