Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

Jour de Pâques A

 

Actes 10,34...43

Psaume 117

Colossiens 3,1-4

Jean 20,1-9
 

 

 

Messe du Jour de Pâques  (A)

Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

 

La foi de l’Eglise

            « Vous êtes morts avec le Christ ». Mais qu’est-ce qui de nous est mort avec le Christ ?

- Ce qui est mort avec le Christ c’est notre péché ; il l’a pris sur lui et notre péché a été brûlé avec lui dans sa mort. Ce qui est mort et ce qui doit encore mourir c’est le vieil homme en nous, notre côté mondain mais aussi le fils d’Adam que nous sommes né dans la finitude.

- Mais ce qui est mort avec le Christ ce n’est pas seulement le péché et la finitude. C’est aussi notre côté « grain de blé » semé en terre ; le meilleur de nous même planté, abandonné et, d’une certaine manière, perdu à nos yeux. Tout ce que nous avons vraiment donné : notre amour, nos vies, nos corps, toute notre liberté.

            « Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu ». Votre vie n’a pas été vécue pour rien, elle n’est pas morte au sens du monde ; elle existe pour Dieu. C’est ce qui est arrivé à Jésus lui-même, grain de blé tombé en terre : vie cachée auprès de Dieu tout au long du samedi saint.

            Alors « Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire ». Voilà le mystère que porte l’Eglise en ce monde; voilà le mystère dans lequel sont plongés Marie-Madeleine, le disciple que Jésus aimait et Pierre au matin de la Résurrection. Ils découvriront peu à peu ce mystère de notre foi.

Marie Madeleine, c’est l’Eglise qui aime

            Parce qu’elle est une femme et qu’elle a reçu, comme femme, cette grâce particulière d’être proche du corps de l’homme à sa naissance, dans la rencontre de l’amour et au moment de la mort, Marie Madeleine est là.

            Parce qu’elle est une pécheresse pardonnée et aimante, qu’elle est debout dans son cœur, qu’elle a retrouvé une attitude « juste » à l’égard de l’homme Jésus, Marie Madeleine est là comme une « sentinelle de l’Invisible ».

            Marie Madeleine, c’est l’Eglise qui, par amour de son Seigneur, se risque dans la faiblesse désarmée alors qu’il fait encore sombre dans la vie du monde.

Le disciple que Jésus aimait, c’est l’Eglise qui croit

            « Il vit et il crut ». Il a vu la pierre enlevée du tombeau, le linceul, le linge qui avait recouvert sa tête, roulé à part à sa place. Il a vu l’absence du corps de Jésus et il a perçu l’atmosphère de paix qui régnait dans ce tombeau vide : les linges ne sont pas en désordre, comme si quelqu’un était venu voler le corps de Jésus en catastrophe ; les linges sont roulés d’une manière qui témoigne de la paix.

            Parce qu’il était le disciple que Jésus aimait et qu’il a fait partie avec Marie la mère de Jésus, de la dernière communauté rapprochée autour de Jésus au pied de la croix, ce disciple est là. Il constate l’absence du corps de Jésus, il croit en la présence vivante de son Seigneur.

Pierre, c’est l’Eglise qui obéit à son Seigneur

            Pierre a entendu Marie-Madeleine leur annoncer la nouvelle. Pierre a été précédé par la foi du disciple que Jésus aimait.

            Parce que Jésus lui a dit un jour : « Pierre, tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Pierre est là.

            Pierre c’est l’Eglise qui obéit à son Seigneur. Non pas parce qu’il aurait les aptitudes de courir plus vite qu’un autre mais parce que Jésus lui a fait confiance au delà de ses faiblesses, de sa pauvreté, de son reniement. Voilà l’Eglise, précédée par certains de ses membres, Marie-Madeleine et le disciple que Jésus aimait ; l’Eglise qui accueille la diversité des charismes dans le corps ecclésial, l’Eglise qui reçoit la nouvelle de la résurrection de son Seigneur et qui la confirme au nom de la mission qu’elle a reçue.

            Ils sont trois : Pierre, Marie-Madeleine et le disciple que Jésus aimait. Ensemble, ils sont l’Eglise qui ose relier ce qui arrive aujourd’hui et les paroles de Jésus qui avait annoncé à ses disciples qu’il ressusciterait. Acte de foi inimaginable qui affirme : c’est lui, Jésus, le Christ attendu, il est ressuscité, il est vivant !

            Ce qui est divin dans la foi, c'est que la foi de chacun est une relation personnelle et unique avec Dieu et elle nous met en même temps en communion avec des frères. On ne croit pas tout seul, on croit personnellement et on croit ensemble.

            Notre foi repose sur la foi des premiers chrétiens. Cette foi fait notre unité et cette foi est ce que nous avons de commun avec toutes les générations de chrétiens depuis 2000 ans. Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui.

            Le Seigneur est ressuscité. Alleluia !