Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


 

 

 

Le Corps et le Sang du Christ C

 

Genèse 14, 18-20

Psaume 109

1 Corinthiens 11, 23-26

Luc 9, 11-17
 

 

 

 

Le Corps et du Sang du Christ C

Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

 

Nous communions au corps du Christ. Nous laissons ce corps nous nourrir, soutenir la vie en nous. Lorsque nous communions, nous consentons à laisser Dieu faire son travail de Dieu en nous et nous recevons le Christ Jésus dans le sacrement de l'Eucharistie au sein de notre humanité et à travers nous au sein de toute l'humanité.

Notre foi est « corporelle ». Elle passe, d'une part, par notre liberté; au croisement de l'intelligence qui ouvre à la compréhension et d’autre part, par notre corps qui ouvre à l'adhésion, à travers et au-delà de la compréhension

Notre foi, ce ne sont pas des idées ; notre foi c'est quelqu'un en qui nous mettons notre confiance. Notre foi prend corps. La pratique nous ancre dans la communauté chrétienne, elle est pour nous comme la quille d'un bateau. La pratique nous inscrit dans l’histoire.

Un jour Jésus est mort, il a été mis au tombeau, il est ressuscité. Ceci est inscrit dans l'histoire. La nuit avant son arrestation, Jésus a pris le pain, il l'a rompu et l'a donné à ses apôtres en disant : « Ceci est mon corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ».

Et Saint Paul ajoute :

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne ». Manger c'est proclamer. Proclamer la mort et la résurrection du Seigneur. Ici et maintenant. Corporellement.

- Proclamer dans l'histoire par la réunion de notre communauté.

- Proclamer à notre cœur : Christ est ressuscité. Témoigner au cœur de celui qui souffre d'’un cancer que la vie est plus forte que la mort, témoigner au cœur de celle qui n'attend plus depuis longtemps l'homme avec qui elle vit chaque jour que la vie est plus forte que la mort, témoigner au cœur de celui qui ne fait pas le bien qu'il voudrait faire et qui fait le mal qu'il ne voudrait pas faire que la vie est plus forte que la mort.

Cette fête du Corps et du Sang du Christ qu'on appelait il y a 40 ans la Fête-Dieu est un autre moment que le Jeudi Saint dans l'année liturgique pour dire l'amour que nous avons pour le Christ, la reconnaissance qui monte en nous vers Dieu le Père pour nous avoir donné Jésus son fils et l'Esprit Saint qui nous donne de le reconnaître.

Dire solennellement à Dieu notre reconnaissance pour ce résumé de tous ses bienfaits qu'est le pain eucharistique. C'est tout le sens de la prière eucharistique et du sanctus.

Oui, nous aimons Dieu dans le mystère de l'eucharistie et nous le manifestons. Quand j'avais 7 ans, en 1956, à Grazac en Haute-Loire, j'ai participé avec d'autres enfants à la procession de la Fête-Dieu. C'était une procession avec l'ostensoir et le corps eucharistique du Seigneur qui parcourait tout le village après la messe. Les enfants précédaient le prêtre qui portait l'ostensoir et jetaient des fleurs sur son passage. Des fleurs des champs, toutes simples, que l'on avait ramassé la veille en ces premiers jours du mois de juin. Ces signes modestes et adaptés au temps et au lieu disaient l'amour qu'ont les disciples de Jésus pour l'eucharistie et le désir que le don que Dieu nous fait par le Corps et le Sang du Christ visite tout un village, toute une vie, la mémoire et l'intelligence, la liberté et la volonté.

En 50 ans une société change, les formes d'expression changent, mais le mystère de Dieu demeure et notre amour aussi.

Demandons à Dieu qu'il nous donne de le respecter et de l'aimer assez fortement pour nous laisser toujours conduire par lui, pour que la communion au Corps et au Sang du Christ transforme toute notre vie dans le mouvement eucharistique qui illumine la vie de Jésus.