Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                

 


                                                                                             

Pentecôte C                                                                                                                             27 mai 2007

Père Jean-Marc Furnon,  jésuite

Jean 14, 15...26

La Pentecôte : un feu. Le feu brûle, éclaire et réchauffe. Une sorte de feu se partageait en langues et se posa sur chacun d’eux.
L’Esprit Saint est comme un feu.

L’Esprit nous éclaire, en nous conduisant au Christ
« L’esprit saint vous enseignera tout. Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14,26). L’Esprit saint ne nous apporte pas d’autres enseignements que Jésus comme si Jésus n’avait eu le que le temps de nous livrer les chapitres un, deux et trois de son enseignement et que l’Esprit venait compléter avec les chapitres quatre et cinq. Non ! L’Esprit Saint n’ajoute rien à l’enseignement de Jésus ; le Père nous a tout dit en son Fils unique. Par contre, l’Esprit fait souvenir aux disciples de tout ce que Jésus leur a dit. L’Esprit leur fait ré-entendre ce qui est déjà au fond de leur cœur oublié ou non compris. L’Esprit témoigne du Christ en ouvrant l’intelligence, la mémoire et le cœur des disciples à l’intelligence du mystère du Christ et de la relation qui existe entre le Père, le Fils et nous. L’Esprit saint nous éclaire comme une lumière dans la nuit, un phare breton, ou la douce lumière d’été au coucher du soleil.
Si l’Esprit conduit les disciples de Jésus au Christ, il arrive aussi que l’Esprit conduise au Christ des hommes et des femmes, des enfants qui ne sont pas baptisés, qui ne sont pas membres de l’Eglise. Par pure grâce il les mène au Christ en les conduisant à l’Eglise qui leur parle de Jésus.

L’Esprit saint nous purifie, il est notre Défenseur
Nous avons besoin d’un défenseur pour garder les paroles et les commandements de Jésus et les mettre en pratique. En effet, les attaques et les tentations sont nombreuses. Les attaques du monde qui critique notre foi en la tournant en dérision parfois au nom de la raison, qui se moque de ce qu’essaie de dire l’Eglise sur le mystère de l’homme, de l’homme et de la femme selon Dieu. Nous en sommes parfois déstabilisés et nous avons besoin d’un défenseur sur qui nous appuyer comme les disciples s’appuyaient sur Jésus. Mais aussi les tentations qui nous minent de l’intérieur de nous même, nos pulsions d’orgueil ou d’auto-dévalorisation de nous-même ou d’autres encore. Nous sommes à la jointure de la chair et de l’Esprit. La chair non habitée par l’Esprit est faible. L’Esprit saint nous purifie comme dans le creuset le feu brûle les scories du minerai pour qu’apparaisse magnifique l’or, l’argent ou le fer et qu’ils soient travaillés par le sculpteur. La chair remplie de l’Esprit est appelée à partager la gloire du Christ Jésus. Cette chair remplie de l’Esprit c’est Marie au milieu des apôtres à la Pentecôte ; Marie figure de l’Eglise en épiclèse qui reçoit l’Esprit.

Dans le Veni Sancte Spiritus, nous demandons à l’Esprit de Dieu : « lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé, assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé » et cela à la jointure de la chair et de l’Esprit au plus profond de nous. Comme le dit saint Paul aux Romains : « L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont peur ; c’est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant « Abba !» (Romains 8,15) et ainsi nous entrons dans le Royaume de Dieu dés maintenant.

En nous libérant, l’Esprit Saint nous réchauffe pour aimer Dieu
C’est Grégoire de Naziance au IV° siècle qui dit que l’Esprit divinise l’homme en faisant grandir en lui l’amitié avec le Christ, l’amitié avec le Père. Le Verbe s’est fait chair et l’homme, né de la chair, est appelé à partager la vie divine et l’amour trinitaire.
La vie chrétienne ce n’est pas seulement la pratique des sacrements en menant une vie morale selon l’Evangile comme un « devoir » même si cela est déjà très bien. La vie de disciple de Jésus c’est consentir à aimer Jésus, à accueillir l’amour du Père dans notre cœur et dans tout notre être. Il y a en nous un amour pour Jésus appelé à s’épanouir. L’Esprit y croit même si nous n’en sommes guère conscients parfois.
Nous sommes appelés à aimer nos frères et sœurs qui partagent l’eucharistie, à aimer nos frères en humanité tous créés à l’image de Dieu. Nous sommes appelés à aimer Dieu d’un amour personnel. Le feu de l’Esprit ranime en nous le feu de l’amour. Cet amour est le roc de nos vies, de notre écoute du Seigneur et de notre témoignage. C’est cet amour qui fonde l’Eglise sur la terre comme au ciel. Le Seigneur dit aux disciples : « Si quelqu’un m’aime il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (Jean 14,23b). Dès aujourd’hui nous sommes invités à entrer dans l’amour trinitaire.
Au jour de leur baptême on chante parfois à l’oreille des enfants :
« Tu es devenu enfant de Dieu et frère de Jésus, Alleluia !
Aujourd’hui l’Esprit repose en toi et chante Alleluia ! ».
Souvenons nous.