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Dimanche
des Rameaux et la Passion (A)
16
mars 2008
Père
Jean-Yves Calvez, jésuite
Matthieu 21, 1-11
Isaïe 50, 4-7 - Ps 21 – Philippiens 2, 6-11 – Matthieu 26, 14-27, 66
Frères et sœurs, une seule cérémonie ce dimanche contient un
extraordinaire contraste : réunissant les Rameaux, la Passion. «
C’est le Prophète Jésus, de Nazareth en Galilée », crie la foule,
toute au triomphe de Jésus entrant à Jérusalem en fête… Mais… le
voilà bien, ensuite, peut-on dire, votre prophète ! Isaïe nous
montre comment dans la passion il « se laisse instruire », il subit
et souffre. Il s’est « abaissé », dit saint Paul. Et le voici enfin…
mort sur la croix, descendu de la croix – émouvante Pietà –,
enseveli. « Tout est consommé », a-t-il dit. Probablement dans toute
l’histoire du christianisme y aura-t-il toujours ce contraste de
l’exaltation – les JMJ quoi – et de la croix, ne l’oublions jamais.
C’est mon premier point.
J’en ajoute un deuxième : en lisant la passion nous venons de re-parcourir
le grand drame, au centre de l’histoire humaine faut-il dire car
c’est là en vérité que tout se joue pour elle, pour chacun de nous.
Je vous propose de retenir, quelques mots fameux sur l’application à
chacun de l’œuvre de la passion, je n’en dirai pas plus en ouvrant
cette semaine : c’est « pour la multitude » qu’il meurt, disent Sts
Mathieu et Marc, pour chacun de nous donc. Pascal, lui, fait dire à
Jésus : « J’ai versé telles gouttes de sang pour toi ». D’un grand
élan, il répond : « Seigneur je te donne tout » (dans le Mystère de
Jésus). Saint Ignace, enfin, me met au pied de la croix et m’invite,
là, à « me regarder moi-même [et à méditer] : ce que j’ai fait pour
le Christ, ce que je fais pour lui, ce que je dois faire pour lui.
Le voyant dans cet état, parcourir, dit Ignace, ce qui s’offre à moi
» (spontanément donc, immédiatement, du premier mouvement). Nous
pouvons commencer, frères et sœurs, dès cet instant. Amen. |