
St Pierre et St Paul
Matthieu 16, 13-19
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Saint
Pierre et saint Paul
Père Jean-Marc Furnon,
Lorsque Jésus entend Simon lui dire : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu
vivant », cette parole lui en rappelle une autre : celle qu’il a entendue
lors de son baptême. L’Ecriture nous dit en effet que Jésus, lors de son
baptême, remonta de l’eau, les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien aimé qui a toute ma faveur ».
La voix qui venait d’en haut et qui était associée à la colombe, voilà
qu’aujourd’hui cette voix se fait entendre dans la bouche d’un homme, Simon,
disciple de Jésus. Cette voix, un homme l’a entendue au plus profond de son
cœur et y a cru. Dans cette voix qui monte du cœur de l’humanité, dans cette
voix de Simon, Jésus entend la voix du Père.
C’est une première expérience pour Jésus d’entendre la voix des cieux lors
de son baptême et c’est une autre expérience d’entendre Simon lui dire : «
Tu es le Fils du Dieu vivant ». Dans l’expérience humaine c’est une première
expérience, pour un homme, de prendre conscience qu’il est le père d’un
enfant ; mais c’est une seconde expérience pour lui d’entendre de ses
propres oreilles cet enfant s’adresser à lui et lui dire : « Papa ». C’est
une première expérience pour une femme d’aimer un homme ; mais c’est une
autre expérience pour elle d’entendre cet homme lui dire un jour : « Je
n’envisage pas la vie sans toi ». Cette parole qui nous est dite par un
autre nul ne peut se la donner à soi-même. Elle est une bénédiction ; elle
se reçoit. Seul un autre peut nous révéler notre identité en s’adressant à
nous. Après l’avoir entendue on est le même et on est un autre ; on est
entré dans une alliance. En entendant Simon, Jésus est confirmé. Il avait
déjà conscience, depuis son baptême, de son identité comme personne mais
voilà qu’un autre la nomme : Fils de Dieu. De plus cette nomination
manifeste que Jésus est reconnu dans sa mission et à travers le Père qui
l’envoie. La question « Pour vous qui suis-je?», Jésus ne l’a pas posée par
formalité.
Ce moment est important dans la vie de Jésus.
Ce moment est important dans la vie de Pierre. Jésus lui dit en effet : «
Heureux es-tu Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui
t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Il est étonnant de
découvrir qu’en hébreu « Yonah » est un mot qui veut dire « doux », c’est
aussi le mot utilisé en hébreu pour dire « colombe », cet oiseau familier et
plein de douceur. On peut comprendre la parole de Jésus « Heureux es-tu
Simon, fils de Yonas » comme une manière de révéler à Simon sa propre
filiation : en disant ce que tu viens de dire Simon, tu n’es pas fils de la
chair et du sang, tu es fils de la colombe ; tu n’es pas fils du monde mais
fils de l’Esprit Saint.
Ce fils de la colombe a encore à découvrir la foi qu’il confesse. Cette
parole que Simon vient de dire il ne la comprend pas complètement. Il la
croit, il la dit, mais il aura encore à la découvrir. En effet, juste après,
il y aura la première annonce de la passion et Simon voudra empêcher Jésus
d’aller plus loin. Alors Jésus lui dira : « Passe derrière moi Satan, tu me
fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des
hommes ! ». La foi est toujours une adhésion personnelle à la personne du
Christ. La foi est toujours une histoire, un chemin, une révélation
progressive. Elle est complètement là lorsque Simon dit à Jésus : « Tu es le
Messie, le fils du Dieu vivant » et pourtant il aura encore à la découvrir
dans la nuit de la passion et la lumière de la résurrection.
Un homme de la terre des hommes reconnaît en Jésus le Fils de Dieu, c’est
une expérience bouleversante. Jésus trouve en Pierre un frère animé de
l’Esprit du Père avec lequel il peut partager sa mission, c’est une joie
profonde. Le Seigneur a trouvé Pierre, le Christ a trouvé Paul, il nous a
trouvés. Nous sommes fils et filles de l’humanité et nous sommes fils et
filles de la colombe. Demeurons avec Lui et rendons grâce.
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