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Apocalypse 7,2-14 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3,1-3; Matthieu 5,1-12a
« Jésus s’assit et ses
disciples s’approchèrent ». Tous ses disciples. L’appel à
la sainteté concerne tous les disciples. Jésus ne s’adresse pas
aux Douze seuls. C’est à tous sans distinction que Jésus s’adresse. Il
en allait de même dans le désert, avec Moïse.
« Parle à toute la
communauté des fils d'Israël; tu leur diras : ‘Soyez saints, car
je suis Saint, moi, le Seigneur, votre Dieu’ » (Lévitique 19,2).
Rien de moins que d’être à l’image et à la ressemblance du Dieu trois
fois saint. Cette parole peut légitimement nous intimider, nous
sembler au-delà de nos forces ! C’est la seule fois dans le Lévitique
qu’un chapitre est introduit avec cette insistance sur ‘toute la
communauté’. Pourquoi ici ? Pour nous rappeler que cet appel à la
sainteté ne concerne pas seulement quelques membres du peuple, les
prêtres ou les lévites par exemple, mais tout le peuple. Je
vous citerai quelques mots d’un commentateur juif, Moïse Alshikh
(1508-1600), qui conviennent également très bien à notre évangile : « Le
Seigneur demande à chaque homme d’être saint et d’imiter ainsi son
Créateur. Néanmoins beaucoup de gens supposent à tort que cet objectif
ne peut être que celui d’une poignée d’élus et renoncent à rechercher
cet idéal spirituel. C’est une erreur… Ce chapitre a été donné à
‘toute l’assemblée’ pour que chacun sache que ce message n’est pas
destiné à une minorité puisque toute la communauté des fils d’Israël
est inclue dans l’appel à ‘être saints’ ». Il n’y a pas deux
classes de fils d’Abraham. Jésus nous la redit hier, avec Zachée. De
même, il n’y a pas deux classes de disciples du Christ.
Qui est le disciple ? C’est celui qui
reçoit la grâce d’imiter le Christ. Pas d’autre chemin pour le
disciple que celui du Christ. « Le disciple n’est pas plus grand
que son maître » (Matthieu 10,24). Ni plus grand, certes… ni moins
grand ! Seul le Christ nous permet de bien entendre ses propres
paroles. La vie du Christ est l’exégèse des paroles du Christ. Vivre
les Béatitudes, c’est lui ressembler davantage. Car lui seul les a
vécues parfaitement.
Jésus s’est fait pauvre,
lui qui n’avait « nul endroit où reposer la tête » (Matthieu
8,20), lui qui attendait toute sa vie du Père.
Jésus s’est fait doux
et humble de cœur et il a reçu, à la Résurrection, la terre entière en
partage : « des hommes de toute nations, races, peuples et langues ».
Jésus a pleuré sur
Jérusalem et, dans Jérusalem il a été consolé, au matin de Pâques.
Jésus a eu faim et
soif de justice et il a été rassasié. C’est lui notre justice.
Jésus a pardonné à
tous. A Judas même, il a dit mon « ami » (Matthieu 26,50). Il
est devenu pardon pour quiconque croit en lui.
Jésus a eu le cœur pur.
Il voyait en tout visage la créature de son Père. En tout homme
l’empreinte de son Créateur.
Jésus a été artisan de
paix « en détruisant le mur de la haine » (Ephésiens 2,14)
qui séparait les juifs et les païens. C’est lui « notre paix ».
Jésus a été persécuté
et il est entré le premier dans le Royaume « qui a été préparé
pour » nous « depuis la fondation du monde » (Matthieu
25,34).
Jésus s’est réjoui. En
Galilée, il a exulté de joie sous l’action de l’Esprit Saint et cette
joie, même à Jérusalem, nul n’a pu la lui ravir.
Que le Seigneur mette en nous
le désir de rejoindre le Christ dans le sein du Père. De le rejoindre
avec tous nos frères les Saints. C’est déjà ce que demandait St Paul
en écrivant vers l’an 50aux chrétiens de Thessalonique, dans le
premier écrit du Nouveau Testament : « Que le Seigneur … affermisse
ainsi vos cœurs dans une sainteté irréprochable devant Dieu notre
Père, pour la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints »
(1 Thessaloniciens 3,12a-13).
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Saint-Ignace
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