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Vigile Pascale
Luc 24, 1-12
Père Dominique Cupillard, jésuite
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samedi 3 avril 2010 |
Frères et sœurs, plus
que jamais, aujourd’hui, cette vérité éclate, notre Dieu n'est pas
le Dieu des morts mais le Dieu des vivants. Il est le Vivant.
On peut savoir cela mais ne pas croire vraiment à la résurrection du
Christ, pas plus qu’à la nôtre. En attendre toujours la preuve,
quand la preuve, c’est d’y croire. Ces premiers témoins ont vu parce
qu’ils ont cru à ce que Jésus leur avait dit que le 3ème
jour, il ressusciterait d’entre les morts, et leur foi
aujourd’hui, n’est visible qu’à la nôtre.
Comme eux, nous avons
relu toutes les Ecritures et découvert que la Résurrection du Christ,
n’est pas une fin heureuse ajoutée à l’histoire de Jésus et qui ne
concernerait que lui, mais qu’elle révèle, à travers l’histoire
d’Israël, et au-delà à travers toute l’histoire du monde jusqu’à
l’origine, le dessein éternel de Dieu : son désir que toute chose et
que l’homme vivent. Le Dieu qui a tiré Jésus de la tombe, est le même
qui a tiré le peuple hébreux de son tombeau en Egypte, le même qui a
sauvé Isaac, le fils de la promesse, le même qui à l’aube d’un autre
premier jour, celui de la Genèse, avait tiré la lumière des ténèbres,
le jour de la nuit. Oui, toute la Bible proclame que Dieu n’a pas créé
l’homme pour la mort mais pour la vie, et qu’à travers la mort et la
résurrection du Christ, dans cette nuit réparatrice de Pâques, Il a
voulu que ce dessein triomphe, définitivement, en nous faisant
renaître avec le Christ, à une vie nouvelle, libérée du péché et de la
mort.
Jésus, en effet, n’est
pas ressuscité pour lui, mais pour nous, car c’est nous, qui étions
enfermés dans ce tombeau, où il est venu nous délivrer, c’est pour
nous que la pierre a été roulée car c’est sur nous qu’elle pesait. Et
qu’elle continue à peser, même enlevée, tellement nous savons bien
être notre propre terre de servitude, les meilleurs gardiens de la
nuit et de la mort en nous, captifs de tant de liens, qui nous ferment
et qui enferment, vigiles de notre malheur. Il est dit que les anges,
trouvèrent les femmes au tombeau, comme Jésus avait trouvé
Lazare au tombeau. Tellement attachées à ce lieu pourtant vide,
qu’il faudra les déloger pour qu’elles ne reviennent pas l’habiter.
Chez Matthieu, ces anges s’assoient même sur la pierre comme pour
empêcher qu’elles ne referment la tombe. On est très fort pour cela.
Les Egyptiens, la nuit de l’Exode, crièrent : fuyons car le
Seigneur combat pour eux contre nous ! Si souvent dans nos vies,
que le Seigneur, pour nous sauver, doit combattre pour nous, contre
nous. Il est là dit Claudel qui
t’empêche de mourir quand tu essaies.
Mais ce qui s’est passé
ce matin là de Pâques, témoigne que la vie est la plus forte, et c’est
bien finalement, à travers ces premiers témoins, à travers l’impact de
la résurrection en eux, que cette victoire est visible. La preuve de
la résurrection n’est pas du côté du tombeau vide, mais de ces hommes
et de ces femmes, transformés en messagers d’une résurrection, qui les
a redressés, relevés eux-mêmes et relevés d’eux-mêmes, avant qu’ils
portent à d’autres, cet ordre de relèvement, qui vient du Christ et
qui va se ramifier partout, jusqu’aux confins de la Terre. La preuve
du pain, c’est qu’il nourrit, la preuve de la résurrection, c’est
qu’elle fait vivre.
Avez-vous remarqué
comment en ce matin de Pâques, tout est centre et rayon, tout est
roues, chars, pierre, tout est roues et tout est routes sur terre et à
travers mer, qui annoncent une libération, tout est soleil, pivot d’un
nouveau jour. Tout est cercle, image d’un corps qui se reforme, à
partir de son centre, qui est désormais partout. Le Christ en ce matin
de Pâques s’est réveillé Eglise.
Nous sommes cette
Eglise, appelée à transmettre au monde la bonne nouvelle de la
résurrection, Christ est vivant, la mort est vaincue, qui n’est
pas un message naïf, un ordre de démobilisation ou de dispersion, mais
un cri de ralliement, un ordre de courage, celui de poursuivre avec le
Christ son combat pour la vie, jusqu'à la victoire finale.
Il vous précède
Galilée, c’est là que vous le verrez.
Bénis sois ce matin de Pâques qui nous donne la direction, car c’est
elle qui nous pousse en nous désignant le but, tous ces lieux où le
Christ nous veut et nous attend pour rendre compte de notre foi,
témoigner que la mort n’aura pas le dernier mot, parce qu’il est
ressuscité. Amen Alléluia !
© Compagnie de Jésus
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