Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                


 Le grand orgue

 

Construite par les jésuites en1855, l'église Saint Ignace, appelée alors le Gésu de Paris, fut dotée d'un premier orgue construit par le facteur belge LORET et inauguré par César Franck et CA. Chauvet le 7 novembre 1862. Cet instrument n'ayant pas donné entière satisfaction, Aristide CAVAILLÉ-COLL, chargé de son entretien à partir de 1875, ne vit d'autre solution que la construction d'un nouvel instrument. Seul le spacieux buffet du premier orgue fut conservé. Le mémoire général d'achèvement des travaux est daté du 7 Juillet 1891.

L'instrument comportait alors trente et un jeux sur deux claviers et un pédalier.

Après l'expulsion des Jésuites au début du siècle, l'église fut désaffectée. L'orgue resta muet jusqu'en 1923 date à laquelle l'église fut rendue au culte. La maison MUTIN fit un relevage complet de l'instrument en 1924, sans aucune modification. Widor y joua pour la dernière fois sa symphonie gothique, au cours d'une série de concerts donnés en 1931.

En 1947, lors d'un nouveau relevage moins heureux, le salicional et le cornet du grand orgue furent remplacés respectivement par un nazard et une tierce et le Plein Jeu modifié. Seuls les tuyaux de basse du salicional postés en façade furent laissés en place mais devinrent muets.

Malgré un entretien régulier, le fonctionnement de l'orgue devint de plus en plus défectueux à partir de 1972. Une restauration générale s'imposa alors à bref délai pour sauver cet instrument historique. La partie instrumentale de l'orgue CAVAILLÉ-COLL fut inscrite sur l'Inventaire des Monuments Historiques et les travaux furent confiés au facteur HAERPFER-ERMAN. Achevés en Juillet 1977, ces travaux comportaient un relevage complet de l'instrument et l'adjonction d'un troisième clavier Positif de onze jeux.

 

L'orgue restauré fut inauguré par Jean Langlais le 18 octobre de la même année.

 

Vingt ans après, un nouveau relevage devenait nécessaire. Les travaux furent confiés aux facteurs Yves KOENIG et Philippe ÉMERIAU. De février à juin 1998, l'orgue a été entièrement démonté et nettoyé, les pièces usagées remplacées. La mécanique a été revue et le toucher allégé. Le salicional, le cornet et le Plein Jeu de l'orgue primitif ont été restaurés. L'harmonie de Cavaillé-Coll a été recherchée avec soin tandis que le Positif, réharmonisé et enrichi d'un jeu de cromorne, s'inscrit parfaitement dans cet ensemble sonore unifié, aux couleurs largement diversifiées.