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La Messe qui prend son
temps, le concept |
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On en parle dans les
medias
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La MT ici et ailleurs
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Par
le P. Jérôme Guingand, jésuite
Article paru dans la
revue Célébrer, n°335 Avril 2005
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Prier au cours de la
messe : expérience pour jeunes adultes, la "messe qui prend
son temps"
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Comment donner le
goût à des jeunes de la participation active et d'une rencontre
personnelle avec Dieu, à partir de la parole de Dieu et de la liturgie
eucharistique ? C'est ce que proposent les jésuites de Paris à l'église
Saint-Ignace à des jeunes adultes, étudiants ou jeunes professionnels, les
dimanches soir de l'année scolaire, depuis 1999. Ils sont actuellement
entre cent et deux cents à se retrouver chaque dimanche soir de l'année
scolaire pour une messe d'une heure et demie et qui fut rapidement
surnommée par les participants eux-mêmes comme « la messe qui prend son
temps ». Célébrer en avait déjà fait une description brève : il s'agit
d'une expérience originale au milieu de nombreuses autres à destination
des jeunes.
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Se
mettre à l'écoute de la Parole |
L'idée originale
revient au cardinal Martini, quand il était archevêque de Milan. Dans les
années 1980, ce jésuite bibliste cherchait à faire redécouvrir la parole
de Dieu aux jeunes de son diocèse : pour lui, cette rencontre personnelle
de Dieu dans sa Parole était un lieu d'évangélisation et de conversion. Il
mit donc en place des liturgies de la Parole, le dimanche soir, dans la
dynamique de la lectio divina telle que les moines la vivent et qui
transparaît aussi dans les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola. Cette
idée force a été reprise dans les années 1990 sur Paris par des aumôniers
d'étudiants. La « messe qui prend son temps » cherche à développer une
expérience analogue à celle de la lectio divina au cœur même de la
messe dominicale.
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Déroulement |
La messe suit le
Missel romain jusqu'au psaume inclus. Puis l'accent est mis sur une
appropriation progressive du texte de l'Évangile de la liturgie du
dimanche. Il est lu une première fois « en voix off » par un jeune. Tous
sont invités, ensuite, à le relire silencieusement à partir d'une ou deux
questions. Puis, depuis le siège de présidence, le prêtre fait un
enseignement d'une dizaine de minutes pour permettre à chacun de
s'approprier davantage le texte qui prend alors davantage de relief. Le
texte de l'Évangile est ensuite proclamé solennellement à l'ambon. Vingt
minutes de silence sont ensuite proposées pour un moment de prière
personnelle, chacun se plaçant dans l'église où il le souhaite. Ce temps
de prière personnelle est introduit par quelques pistes données à tous.
Revenant à sa place, chacun est invité à partager en petit groupe de
quatre à cinq personnes, un point qu'il retient ou qui l'a marqué et à
noter ce à quoi il se sent invité pour aller plus loin. Le déroulement
habituel de la messe reprend ensuite à la profession de foi, jusqu'à la
fin. Enfin, un pot est proposé à tous, dans une pièce annexe à l'église :
après une heure et demie, nombre de participants restent ensuite à parler
et à partager parfois pendant une heure.
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Le
silence pour une participation active |
Il peut sembler
paradoxal d'offrir un long temps de silence pour aider des jeunes à
s'impliquer dans la messe et à en découvrir de nouveaux fruits pour leur
vie. Il est clair que cette proposition s'adresse d'abord à des étudiants
ou des 25-30 ans et ne conviendrait sûrement pas à des plus jeunes. Mais
elle répond à une recherche d'intériorité de certains et à une insistance
actuelle de l'Église sur la découverte du silence au cœur de la
célébration5. La pédagogie mise en œuvre permet d'habiter ce moment de
silence longuement introduit. Ceux à qui le silence pourrait faire peur
sont comme guidés dans leur prière. 11 s'agit de se laisser toucher par le
Christ, présent dans sa Parole, dans le jeu même de l'Esprit Saint et de
redécouvrir la force de l'intériorité. Le silence ouvre aussi à une écoute
: certains jeunes témoignent qu'ils (re)découvrent les paroles de la
prière eucharistique qui suit dans le cours de la messe.
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Une
utilisation de l'espace
liturgique |
Une des
caractéristiques de cette messe pour jeunes, c'est que l'on se déplace à
différents moments au sein de l'espace liturgique, totalement renouvelé en
2001 dans cette église. Pour venir écouter la proclamation de l'Évangile,
tous sont invités à s'approcher de l'ambon. Il s'agit physiquement d'aller
à la rencontre du Christ, de celui qui s'adresse à l'assemblée. Pendant la
prière personnelle, chacun peut aller là où il le souhaite dans l'église :
dans la chapelle du Saint-Sacrement ou devant une icône au pied de
l'autel, voire même à l'écart dans une chapelle latérale. La souplesse
aide à s'approprier une démarche à la fois communautaire et personnelle :
il s'agit d'être ensemble pour prier personnellement, ce qui constitue une
aide précieuse pour les jeunes présents. Enfin, bénéficiant d'un grand
espace en ellipse autour de l'autel, les participants s'avancent pour
entourer l'autel pendant la liturgie eucharistique, donnant ainsi plus de
force encore à la prière et à l'action commune. À plusieurs moments, en
allant d'un point à un autre, il s'agit de se tourner physiquement vers le
Christ qui se rend présent au cœur même de la célébration, sous divers
modes.
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Partager |
Deux moments sont
plus caractéristiques d'une célébration pour des jeunes. Après le temps de
prière personnelle, les participants se retrouvent sur place en petit
groupe de quatre à cinq pour un partage bref sur un point qui les a
touchés dans le texte, qu'ils retiennent ou à quoi ils se sentent invités.
Partage qui permet de passer d'une démarche de prière personnelle à la
conscience qu'une assemblée est constituée d'autres chrétiens qui prient,
eux aussi marqués par la Parole. Écoute des autres, qui permet de s'ouvrir
à une attitude d'action de grâce. Un autre type de partage est proposé
après la messe, pour ceux qui le souhaitent autour d'un verre et de
quelques gâteaux : la messe met en relation des jeunes qui peuvent vivre
aussi la solitude.
Cette proposition est faite dans le contexte parisien des messes du
dimanche soir orienté vers les jeunes, dans beaucoup de paroisses.
Certains n'hésitent pas d'ailleurs à faire le tour des propositions en
passant de la « messe qui prend son temps » à d'autres célébrations plus
habituelles. Chaque dimanche, des nouveaux viennent pour découvrir et
accrochent ou non à la proposition. Pour tous, elle est finalement
exigeante mais, pour les plus réguliers, elle semble plus nourrissante
qu'une messe « normale ». Depuis deux ans, au-delà des étudiants et des
jeunes professionnels, des adultes qui le souhaitent viennent rejoindre
l'assemblée. Le mélange des âges se passe bien et dit davantage ce qu'est
l'Église. À tous est proposé de vivre en assemblée cette rencontre
personnelle du Christ, dans la Parole et de l'eucharistie, qui deviennent
davantage nourriture.
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