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Vocation
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Réponses du Père
Jean-Marc Furnon, jésuite
dans VOCATIONS, Ile
de France, n°155, juillet 2005
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De quoi est faite la
vie d’un religieux ou d’une religieuse ? Quelle mission leur confie l’Eglise
? |
Les religieux sont
des disciples de Jésus vivant sous le même toit en communauté, dans la
chasteté et selon une règle de vie. C’est le charisme de leur fondateur
qui les réunit. Ils ont d’abord perçu en eux l’appel du Christ, un élan et
une joie à le suivre : Totus tuus, tout à toi. Ils ont aussi découvert ce
« style » particulier pour vivre l’Evangile dans l’Eglise à la suite du
Christ. Les uns sont tout à la louange, d’autres sont poussés vers leurs
frères pour le service des pauvres, l’annonce de l’Evangile… L’Eglise
accueille, discerne et confirme. Elle leur confie une mission en les
encourageant à mettre en œuvre de leur charisme. Elle peut leur confier
une mission particulière à partir de ce qu’ils sont pour le bien de l’Eglise
ou de l’humanité. |
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M’engager dans
un apostolat peut-il m’aider à trouver ma vocation ? |
Oui, sans
hésitation ! En effet, le Christ s’est fait serviteur et il invite tous
ses disciples à sa suite à servir et non pas à chercher à être servi. Si
je peux me donner gratuitement – « Que ta main droite ignore ce que fait
ta main gauche » (Mt 6,3)- au service des autres et que cet engagement
me laisse dans la joie, m’émerveille, m’ouvre à la compassion pour ceux
qui souffrent, alors c’est déjà un bon signe. L’amour de Dieu, la
préférence du Seigneur Jésus, l’attrait pour son Eucharistie sont
d’autres signes qui viennent se joindre à celui-là pour contribuer peu à
peu à un discernement. Un pas après l’autre ! On peut commencer par l’un
ou par l’autre. Aucune vocation chrétienne ne vit sans ces deux
dimensions.
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La vocation
est-elle un sacrifice ? |
Répondre à l’appel
de Dieu n’est pas un « sacrifice » qui détruit en nous ce qui désire
s’accomplir et vivre. Dieu n’est pas un voleur qui cherche à dérober
quelque chose de ma vie. Dieu donne la vie, la vocation qu’il m’offre ne
me fait rien perdre. Elle est un appel à être, à être davantage, non pas
davantage que les autres, mais davantage que ce que nous étions jusque
là. Le mouvement de personnalisation, d’épanouissement de ma vie n’est
pas « cassé » par la rencontre de Dieu. Qui est Dieu ? Celui qui tire la
vie du néant, qui appelle à l’existence ce qui n’existait pas. "Dieu
n'est pas le concurrent de notre vie mais le garant de notre grandeur"
(Cardinal Ratzinger, Jubilé des catéchistes, 2000). Avec lui c’est notre
humanité qui s’épanouit bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer.
C’est vrai que toute croissance comporte des choix et des renoncements.
Choisir telle forme de vie c’est en laisser d’autres. Si le désir de lui
consacrer notre vie en y mettant le prix nous met dans la joie et que l’Eglise
confirme cela, alors c’est qu’il nous appelle.
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Dans la
prière, quelle est la part du travail de mon imagination et d’intuitions
données ? |
User de mon
imagination pour me représenter la vie de Jésus est bon pour me mettre
devant la vérité de sa vie. Pourtant il ne faut pas confondre
imagination et imaginaire. L’imaginaire me fait broder, en rajouter ;
l’imagination au contraire m’aide à rester dans le réel. S’il envahit
l’espace de ma prière, l’imaginaire doit être maîtrisé et évangélisé,
tout comme l’intelligence. Ceci posé, des intuitions peuvent m’être
données dans la prière. Je les accueille mais de quel esprit
viennent-elles ? Je suis comme le gardien de mon cœur : si elles me
laissent dans la joie, dans la paix, si elle me poussent à me convertir
à Jésus en reconnaissant mes errances et à servir les autres pour que ce
monde soit plus humain, elles viennent de l’Esprit Saint. Pour les
confirmer, je peux en parler à un prêtre, une religieuse, un ou une
laïque qui a cette expérience.
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