Eglise Saint-Ignace       

église des jésuites à Paris                


"CECI EST MON CORPS"

 

Dans l’exhortation apostolique post-synodale « Sacramentum Caritatis » qu’il vient de publier (le Synode des évêques s’étant déroulé du 2 au 23 octobre 2005), le Pape Benoît XVI nous invite à réfléchir sur l’eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise. En cette veille de Jeudi Saint, nous citons des extraits de la quatrième partie qui traite de l’Eucharistie et du sacrement de l’Ordre.

 

            Le lien intrinsèque entre Eucharistie et Sacrement de l'Ordre découle des paroles mêmes de Jésus au Cénacle: « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19). En effet, Jésus, à la veille de sa mort, a institué l'Eucharistie et fondé en même temps le sacerdoce de la Nouvelle Alliance. Il est prêtre, victime et autel : médiateur entre Dieu le Père et le peuple (cf. Hébreux 5, 5-10), victime d'expiation (cf. 1 Jean 2, 2; 4, 10) qui s'offre elle-même sur l'autel de la croix. Personne ne peut dire « ceci est mon corps » et « ceci est la coupe de mon sang » si ce n'est au nom et en la personne du Christ, unique souverain prêtre de la nouvelle et éternelle Alliance (cf. Hébreux 8-9).

 

Configuré au Christ

            Les Pères synodaux ont voulu souligner que le sacerdoce ministériel requiert, à travers l'ordination, l'entière configuration au Christ. Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale, il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l'épiscopat. Dans un tel choix, en effet, le dévouement qui conforme le prêtre au Christ et l'offrande exclusive de lui-même pour le Règne de Dieu trouvent une expression particulière. Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l'éternité, ait vécu sa mission jusqu'au Sacrifice de la croix dans l'état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l'Église latine sur cette question. Il n'est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal ; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse.

 

Vocations

            À propos du lien entre Sacrement de l'Ordre et Eucharistie, le Synode s'est arrêté sur la situation difficile qui apparaît dans divers diocèses lorsqu'on doit faire face à la pénurie de prêtres. Cela se produit non seulement dans certaines zones de première évangélisation, mais également dans de nombreux pays de longue tradition chrétienne.

            En réalité, la pastorale vocationnelle doit impliquer toute la communauté chrétienne dans toutes ses composantes. Évidemment, ce large travail pastoral comprend également la sensibilisation des familles, souvent indifférentes si ce n'est ouvertement opposées à l'hypothèse de la vocation sacerdotale. Qu'elles s'ouvrent avec générosité au don de la vie et qu'elles éduquent leurs enfants à être disponibles à la volonté de Dieu. En résumé, il faut surtout avoir le courage de proposer aux jeunes la radicalité de la vie à la suite du Christ, en en montrant l'attrait.

 

Gratitude et espérance

            Même si, dans certaines régions, on enregistre une pénurie de prêtres, on ne doit jamais douter du fait que le Christ continue d'appeler des hommes qui, abandonnant toute autre activité, se consacrent totalement à la célébration des saints Mystères, à la prédication de l'Évangile et au ministère pastoral. En cette circonstance, je souhaite me faire l'écho de la gratitude de toute l'Église pour les Évêques et les prêtres, qui remplissent leur mission avec un dévouement et un zèle fidèles. Naturellement, ce remerciement de l'Église s'adresse aussi aux diacres, à qui sont imposées les mains « non pour le sacerdoce mais pour le service » (Lumen Gentium, n°29). Il faut remercier Dieu pour les nombreux prêtres qui ont souffert jusqu'au sacrifice de leur vie pour servir le Christ.

 

Benoît XVI

le 22 février 2007


[1] Ignace d’Antioche, évêque de cette ville, a été conduit à Rome pour le martyre en traversant les villes d’Asie mineure (Philadelphie, Smyrne, Troas). Il a laissé les « Lettres aux Eglises » (Sources Chrétiennes n°10). Il est mort sous l’empereur Trajan vers l’an 110.